Publications

Message du président du conseil et du président

CAMH Annual Report

Jamie Anderson et le Dr Paul Garfinkel visitant l'Unité de réadaptation intégrée

L'après-SRAS

Il y a un peu plus d'un an, le Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH), comme d'autres établissements de santé de la région du grand Toronto, faisait face à une crise sans précédent. À la fin du mois de mars, les activités courantes des hôpitaux ont presque complètement cessé en l'espace de quelques jours, alors que le personnel tentait de comprendre et de traiter une maladie particulièrement transmissible et potentiellement mortelle.

Aujourd'hui, nous pouvons affirmer que le SRAS a marqué l'année 2003. L'ampleur de la crise et les risques qu'elle a présentés ont été une source d'angoisse, mais ils nous ont permis en même temps de prendre réellement conscience de l'étendue de l'interconnectivité du réseau. Le personnel des hôpitaux a réalisé l'immense importance de la collaboration entre les établissements, les patients se déplaçant souvent d'un établissement à un autre. Le réseau de la santé n'a pas été le seul à être touché. Des communautés étudiantes, des groupes religieux et beaucoup d'autres ont été mis en quarantaine. Qui plus est, la ville entière s'est trouvée complètement isolée, les voyageurs annulant leurs déplacements par crainte d'être exposés au danger. Nous avons tous été touchés par le SRAS.

Comme un incendie soudain, le SRAS nous a forcés à agir. Nous avons modifié nos politiques et nos méthodes de lutte anti-infectieuse, soumis tous nos visiteurs à des tests de dépistage et, une fois la crise terminée, nous avons adopté de nouvelles mesures de protection pour nos clients et notre personnel en cas d'urgence.

En situation de crise, nous devons réagir rapidement ; or les changements qui sont le plus difficile à apporter ne sont pas ceux qui résultent d'une crise, mais bien ceux qui sont le fruit d'une prise de conscience progressive que les choses peuvent et -- doivent être -- améliorées.

Un réexamen s'impose

Il y a quatre ans, CAMH entreprenait l'examen de son rôle et de son fonctionnement dans une perspective de diversité. Lorsque le rapport définitif a été rendu public, nous étions prêts pour le pire. Nous pouvions certes nous targuer d'offrir à notre personnel et à nos clients des programmes remarquables, sensibles à la race, à l'origine ethnique, à l'orientation sexuelle, à l'âge, aux capacités, à la religion, à la situation familiale et au statut socio-économique. Mais nous savions aussi que malgré nos réalisations, il existait, au sein de notre organisation, des cas de discrimination, de harcèlement et d'exclusion.

De toute évidence, nous avions besoin d'améliorer notre environnement de travail et de modifier notre façon de traiter avec nos partenaires communautaires. Mais, plus que tout, nous avions besoin de revoir sérieusement notre méthode d'adaptation des soins cliniques aux différents groupes culturels.

Avant d'aller voir ailleurs, il nous fallait régler d'importants problèmes au sein même de notre organisation. Nous devions prendre des mesures positives envers nos employés. À cet effet, nous avons mis sur pied le Bureau des programmes sur la diversité et adopté une politique sur la diversité, qui aide à orienter nos activités, à l'interne et à l'externe.

La diversité a été également reconnue comme une priorité au niveau de nos services provinciaux. Nous avons élaboré un plan en matière de diversité pour structurer notre collaboration avec d'autres fournisseurs de services en Ontario pour leur permettre d'être mieux en mesure d'offrir des services tenant compte de la diversité.

Aujourd'hui, nous pouvons dire sans crainte et avec grande fierté que nous offrons dorénavant un milieu de travail plus inclusif et que notre politique et nos pratiques axées sur la diversité n'ont absolument rien à envier à celles d'autres hôpitaux de la région du grand Toronto en ce qui concerne l'intégralité, la responsabilité et les attentes. À CAMH, que ce soit dans le cadre de nos relations avec les clients, de l'embauche, de la formation que nous offrons, de nos activités de recherche, de l'attribution de contrats, de l'évaluation du rendement du personnel, de l'établissement des budgets, de l'élaboration de programmes ou de stratégies de promotion de la santé, de la prise de décisions organisationnelles ou de toute autre activité importante, nous nous engageons fermement à inclure la diversité dans notre processus de réflexion. Nous voulons faire en sorte que les membres de tous les groupes soient inclus, reconnus et représentés dans tous les aspects de nos activités. Nous ne nous attendons à rien de moins.

En tant que la plus importante organisation dans le domaine de la toxicomanie et de la santé mentale au Canada, CAMH a choisi de jouer le rôle de chef de file en créant et en améliorant des programmes de soins cliniques, de recherche et de promotion de la santé, en collaboration avec des organismes externes, des organisations et les gouvernements. Nous nous assurons ainsi que chacun de ces programmes répond adéquatement aux besoins culturels et linguistiques de tous les clients et parties intéressées du secteur des soins de santé.

Mettre l'accent sur la diversité

On nous demande souvent, " Pourquoi mettre l'accent sur la diversité ? ". Pourquoi accorder tant d'importance à la diversité, alors qu'il y a tant d'autres priorités urgentes ?

Imaginez ce qui arriverait si vous aviez des hallucinations, une anxiété aiguë ou encore si vous preniez des drogues illicites pour pouvoir fonctionner au quotidien et que vous ne trouviez aucun endroit ni personne pour vous aider ou vous comprendre. Il est fort probable que vous ne seriez pas traité et que vous éprouveriez un sentiment grandissant de crainte, d'isolement et de marginalisation. Les problèmes de toxicomanie et de santé mentale sont beaucoup plus subtils et complexes que la majorité des troubles de santé physique ; ils ne peuvent être traités que dans un milieu thérapeutique axé sur la compréhension. En tant que chef de file dans ce domaine, nous ne pouvons ni ne voulons offrir un programme de soins qui soit le même pour tous nos clients.

Nous évoluons au sein d'une collectivité mondiale : les problèmes de toxicomanie et de santé mentale se retrouvent dans le monde entier. En adoptant une approche axée sur la diversité, nous ne nous limitons plus à " nous et eux ", mais nous englobons une collectivité beaucoup plus vaste qui comprend tout le monde : nous sommes plus nombreux à offrir de l'aide, à recevoir un traitement et à travailler pour faire en sorte que nous, nos amis, notre famille et les membres de notre collectivité ayons tous accès aux ressources nécessaires, au moment voulu.

Voici ce que nous répondons aux personnes qui nous demandent " Pourquoi mettre l'accent sur la diversité ? " :

  • Nous voulons prodiguer les meilleurs soins possibles et améliorer l'accès aux services. En tant que grand établissement de soins de santé, nous désirons fournir des services qui soient les plus accessibles possibles à toute personne qui a besoin d'aide. Refuser de voir ou de traiter pour quelque raison que ce soit une personne qui souffre et qui a peur est inacceptable. La diversité est un élément essentiel pour permettre de dispenser les meilleurs soins aux clients. Parce que nous sommes établis dans une des villes et un des pays affichant la plus grande diversité dans le monde, une telle approche paraît logique sur les plans juridique et pratique et dans le contexte de nos responsabilités en tant que professionnels de la santé.
  • Nous voulons recruter les meilleurs employés. Pour atteindre l'objectif que nous nous sommes fixé, nous devons faire appel à des employés qui incarnent l'excellence -- au chapitre des compétences, de l'expérience et de la capacité d'apprendre et d'évoluer au même rythme que l'organisation. Pour cela, nous devons élargir notre horizon et recruter les meilleurs employés qui possèdent des compétences des plus diversifiées.
  • Nous voulons être des chefs de file. Et nous voulons établir une norme de référence pour d'autres organisations des secteurs public et privé.

Dans les autres sections du rapport de cette année, nous décrivons brièvement la démarche qui a mené à l'adoption d'une approche axée sur la diversité, nous faisons état de nos réussites et nous offrons un aperçu des questions qui retiendront notre attention dans les mois à venir. Par exemple, nous chercherons à intégrer davantage les critères de diversité à nos activités de recherche. Par ailleurs, nous avons constaté que l'efficacité de la recherche tient à la pertinence des questions que nous posons. Nous devons donc veiller à poser les bonnes questions. Nous devons également être sensibles aux différences, et ce, dans tous les rapports que nous établissons.

Célébrer nos réalisations

Tout en étant conscients de nos lacunes, nous ne pouvons pas passer sous silence nos réalisations passées. Ainsi, à la fin de 2003, deux de nos projets de recherche innovateurs ont été reconnus comme meilleurs projets scientifiques de l'année par le prestigieux magazine Science.

En ce qui concerne l'avenir, notre projet de réaménagement de l'emplacement de la rue Queen suscite un grand enthousiasme. Votre appui, vos commentaires et votre participation sont essentiels à notre réussite et à la réalisation de nos objectifs communs. Nous vous invitons donc à bâtir avec nous non seulement une collectivité, mais aussi un avenir où bien-être, acceptation, guérison et interdépendance seront des éléments indissociables qui nous aideront à rapprocher  les gens..

Jamie Anderson
Président du conseil d'administration

Paul Garfinkel, M.D., FRCPC
Président-directeur général

Dr. Samuel Noh and colleagues from CCHS

Liens apparentés