Se faire comprendre n'est pas une petite affaire : Rapport annuel 2004
CAMH Annual Report
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| Stella Rahman avec Kaye Myers, interprète en ASL (American Sign Language), en cours de discussion à la suite d'une entrevue. |
Stella Rahman avec Kaye Myers, interprète en ASL (American Sign Language), en cours de discussion à la suite d'une entrevue
Imaginez que vous tombez gravement malade dans un pays dont vous ne parlez pas la langue. Comment vous y prendriez-vous pour
expliquer ce que vous ressentez et vous assurer d'avoir été compris ? L'obtention de bons soins ne dépend pas seulement de
l'interprétation littérale des mots utilisés, surtout quand il s'agit d'un problème de toxicomanie ou de santé mentale, elle
dépend aussi de la bonne compréhension de la culture, des valeurs, des nuances et du sens qui se cachent derrière ces mots.
Les interprètes des Services d'interprétation culturelle de CAMH ont tous reçu une formation professionnelle. Ils sont conscients qu'il est important d'interpréter le plus exactement
possible. Ils aident les cliniciens à mieux comprendre le problème, à poser le bon diagnostic et à recommander un traitement
approprié qui conduira le client au rétablissement.
" Je comprends tout à fait combien il important de surmonter les barrières linguistiques ", dit Stella Rahman, conseillère
en services cliniques. Originaire du Bangladesh, Mme Rahman a été médecin de famille au Moyen-Orient. Comme elle ne parlait
pas du tout l'arabe, elle faisait appel aux services d'un interprète à temps plein pour ses consultations auprès des patients,
ce que lui permettait de prendre des décisions cruciales sur le plan médical.
Mme Rahman travaille avec les interprètes de CAMH pour s'assurer qu'ils parlent clairement dans la langue maternelle du client
et qu'ils comprennent la terminologie et les problèmes du domaine de la toxicomanie et de la santé mentale. Elle forme également
les professionnels de CAMH à travailler avec des interprètes. Il arrive que le clinicien doive se réunir avec l'interprète
après la consultation, sans le client, pour mieux saisir certaines nuances.
Prenons l'exemple d'un interprète qui traduit ainsi les paroles d'un client philippin pour expliquer comment il s'est retrouvé
avec une ecchymose sur le bras : " Quelqu'un m'a frotté avec une pièce de monnaie ". Perplexe, le clinicien discute avec l'interprète
après la consultation et apprend qu'il est courant aux Philippines de frotter la peau avec une pièce de monnaie pour éviter
la fièvre.
À l'instar de la collectivité qui grandit, notre service prend de l'ampleur. À ses débuts il y a trois ans, le service recevait
dix demandes par mois. Aujourd'hui, nous recevons jusqu'à 120 demandes par mois. Le nombre d'interprètes a quadruplé, pour
atteindre 92, et nous offrons des services dans 50 langues, y compris l'American Sign Language. On peut obtenir des services
d'interprétation pour les urgences, jour et nuit, par l'entremise d'un service d'interprétation téléphonique.
Vu la grande diversité de la population à Toronto et dans le reste de la province, les Services d'interprétation culturelle
sont voués à l'expansion, comme en fait foi l'embauche récente d'un interprète en amarigna, une langue éthiopienne.