Les répercussions de la discrimination sur les nouveaux arrivants : Rapport annuel 2004
CAMH Annual Report
 |
| En couverture : le Dr Samuel Noh, entouré de collègues de la section d'Études sur la culture, la communauté et la santé (ECCS).
ECCS est un programme conjoint de CAMH et de l'Université de Toronto.
|
La discrimination blesse et inflige des souffrances plus considérables qu'on l'imagine. Les marques laissées par cette douleur,
invisibles à l'œil nu, peuvent durer toute la vie. Vingt-cinq pour cent des personnes qui immigrent au Canada et qui font
partie d'une minorité visible déclarent avoir été victimes de discrimination raciale ou ethnique. Dans certains groupes, cette
proportion atteint 85 pour 100.
Les chercheurs de la section d'Études sur la culture, la communauté et la santé (ECCS) de CAMH veulent comprendre pourquoi certains immigrants ont une meilleure santé mentale que d'autres. Nous sommes
convaincus que les données issues de nos recherches permettront de trouver des approches innovatrices pour prévenir certains
des effets néfastes du stress entraîné par l'établissement dans un nouveau pays, et améliorer ainsi la santé mentale des nouveaux
arrivants au Canada.
Nous avons déjà fait un pas dans la bonne direction avec la communauté éthiopienne. Une étude faite conjointement avec l'association
de la communauté éthiopienne de Toronto et rendue publique, intitulée Pathways and Barriers to Mental Health Care for Ethiopians in Toronto, a révélé que le taux de dépression était trois fois plus élevé parmi les immigrants de cette communauté à Toronto que dans
la population du Sud de l'Éthiopie. Nous espérons que cette recherche, subventionnée conjointement par le Centre d'excellence
pour la recherche en immigration, nous permettra de renforcer notre partenariat avec la communauté éthiopienne pour que nous
puissions continuer de planifier ensemble les services sociaux et de santé dont elle a besoin.
Ler Dr Samuel Noh, responsable des ECCS, et la Dre Violet Kaspar, chercheuse des ECCS, ont récemment écrit un article au sujet
des immigrants coréens et des réfugiés du Sud-Est de l'Asie. L'article, publié dans l'American Journal of Public Health, laisse
entendre que les personnes qui perçoivent de la discrimination à leur endroit affichent un taux de dépression plus élevé.
Cette perception peut changer selon qu'elles s'adaptent plus ou moins bien à leur nouveau pays et selon l'influence de facteurs
sociaux et culturels.
Les nouveaux immigrants qui se sentaient plus à l'aise dans leur nouveau pays avaient développé des mécanismes d'adaptation
plus proactifs. Inversement, plus les nouveaux arrivants entretenaient des liens étroits avec leur réseau ethnique, plus ils
se montraient passifs devant la discrimination. Bien que le Dr Noh et ses collègues aient trouvé que ce dernier groupe disposait
d'un soutien social moins grand et affichait une plus grande prévalence de dépression, le Dr Noh souligne que la recherche
n'en est qu'à ses débuts et que les conclusions tirées ont besoin d'être corroborées.
Il n'y a aucun doute que de nombreux facteurs contribuent à la santé des personnes qui immigrent au Canada. " Il y a un grand
nombre de tendances qui, à notre avis, sont confirmées. Nous commençons à peine à comprendre pourquoi certains immigrants
au Canada s'adaptent mieux que d'autres ", soutient le Dr Noh. Par sa recherche et sa détermination, l'équipe du Dr Noh a
permis de jeter un peu de lumière sur le monde des immigrants. Les chercheurs espèrent pouvoir étudier de façon plus approfondie
les facteurs qui influencent la santé mentale des minorités raciales et ethniques, y compris les nouveaux immigrants, les
réfugiés et leurs enfants.