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La recherche : Rapport annuel 2003

CAMH Annual Report

Le CTSM effectue des recherches dans trois domaines : le milieu clinique ; les neurosciences et la politique sociale, préventive et en matière de santé. Nos recherches se traduisent par des meilleures pratiques que nous partageons avec les professionnels de la santé, partout en Ontario et ailleurs.

Un sous-type génétique de schizophrénie

La Dre Anne Bassett et son équipe du Programme de recherche clinique ont entamé une étude à grande échelle sur un état génétique considéré comme un sous-type de schizophrénie. Cet état, appelé syndrome de délétion du chromosome 22q11.2 (aussi connu sous le nom de syndrome velo-cardio-facial) est associé à une anomalie génétique. Il s'agit du premier sous-type génétique de schizophrénie identifiable.

L'étude approfondie de ce sous-type génétique nous permet actuellement d'améliorer les soins que nous prodiguons chaque jour aux personnes qui en sont atteintes. Notre recherche, qui comprend un filtrage des clients du Programme de schizophrénie, promet des découvertes sur la génétique et l'expression de la schizophrénie.

Un nouvel outil pour traiter la dépression

Le Dr Zindel Segal et ses collègues américains et britanniques ont récemment découvert que la thérapie cognitive de la pleine conscience pouvait aider à prévenir la rechute dans les cas de dépression grave. Combinant exercices de respiration, mouvements de yoga et outils éducatifs, cette thérapie aide les personnes déprimées à comprendre les liens entre leurs pensées et leurs émotions et les meilleures façons de se prendre en charge lorsque la dépression menace de les écraser. Lors d'essais cliniques, le Dr Segal et son équipe ont remarqué que le taux de rechute chez les participants était inférieur de 50 p. 100 à celui des personnes ne suivant pas ce genre de thérapie.

Combiner psychothérapie et pharmacothérapie

Bien qu'on ait souvent considéré la psychothérapie comme une « thérapie par la parole », certains éléments de preuve indiquent qu'elle produit un effet sur le cerveau en modifiant ses circuits et ses connexions. Un cadre de travail scientifique nouvellement proposé combine les actions de la pharmacothérapie (thérapie par les médicaments) et de la psychothérapie -- la pharmacothérapie fournissant la base neurochimique sur laquelle s'appuie la psychothérapie. Nos recherches visent à déterminer la meilleure combinaison possible de ces deux types de thérapie durant les premiers stades de la schizophrénie. Nous espérons que cet axe de recherche permettra de préserver la normalité et de prévenir certains des effets de la maladie.

Initiative « voisin au travail » (Neighbor @ Work)

Depuis des années, nous savons que le lien qui existe entre stress et satisfaction au travail influence la santé mentale des employés. Cette année, la principale découverte réside dans une nouvelle compréhension du rôle que jouent aussi les perceptions de l'équité dans ce lien.

Quand les employés se sentent traités injustement en milieu de travail, ils ont des taux de détresse plus élevés. Cette détresse se manifeste principalement par l'angoisse et la dépression. Cette découverte a donné naissance à l'Initiative « voisin au travail » qui s'appuie sur un sondage de quatre questions, appelé ratio de compensation stress/satisfaction, permettant d'identifier les conditions de travail qui sont à l'origine de problèmes tels que l'angoisse, la dépression, les troubles du système immunitaire et les maladies cardiovasculaires.

Premier laboratoire de recherche en épigénèse

Bien que toutes les cellules du corps aient des gènes identiques, les cellules de différentes parties du corps ont une apparence et un fonctionnement différents. Cette différence s'explique par la manière dont les gènes sont régulés : certains gènes actifs dans un type de cellules sont « au repos » dans un autre. La science qui étudie la régulation des gènes s'appelle l'épigénèse.

Notre Laboratoire Krembil de recherche en épigénèse de la famille est le premier laboratoire au monde consacré à l'étude du rôle de l'épigénèse dans la maladie mentale. La recherche en épigénèse, contrairement à celle en génétique, promet d'éclaircir diverses questions floues relatives aux psychoses graves, notamment pourquoi des jumeaux génétiquement identiques présenteraient des différences sur le plan épigénétique. De tels travaux de recherche promettent de conduire à des percées de taille. En 2002, le Dr Arturas Petronis a reçu la prestigieuse Subvention pour initiatives spéciales de la Fondation ontarienne de la santé mentale pour poursuivre ses études sur les facteurs épigénétiques dans les troubles psychiatriques.

Centre de TEP

Le CTSM a fait l'acquisition du scanner de tep (tomographie par émission de positons) le plus sophistiqué au monde. Cette nouvelle caméra à haute résolution, ultrasensible, permet aux chercheurs de générer des images de régions du cerveau huit fois plus petites que le permettait l'ancien scanner. Nous utilisons cette nouvelle technologie dans nos deux programmes de recherche en tep, déjà bien établis -- schizophrénie ; humeur et anxiété (neurochimie de l'humeur) -- et dans nos nouveaux programmes en toxicomanie et en gériatrie.

Nos chercheurs s'illustrent parmi les chefs de file internationaux dans la recherche en tep sur le cerveau. Cette réputation est le résultat de percées, comme l'étude du Dr Shitij Kapur sur les avantages de la thérapie à base d'antipsychotiques à faible dose dans les premiers épisodes de schizophrénie, ou le développement de notre agent révélateur d'image de tep, qui nous permet d'étudier les transporteurs de sérotonine qui constituent la principale cible de la plupart des antidépresseurs. Nos chercheurs ont aussi collaboré avec le constructeur à la conception de ce scanner de tep moderne.

Les jeux de hasard et d'argent et la maladie mentale

Le CTSM a entrepris une étude sur les personnes qui ont des problèmes de jeu, sur celles qui se livrent au jeu dans un contexte social et sur celles qui se sont rétablies d'un problème de jeu. Nous avons observé la prévalence de la maladie mentale parmi ces groupes et ses répercussions sur leur comportement lié au jeu.

L'étude a révélé que les troubles de l'humeur et de l'angoisse étaient les troubles mentaux les plus répandus dans les trois groupes. Les joueurs pathologiques avaient un taux de troubles de l'humeur et de l'angoisse supérieur à celui de la population générale. Comparativement aux joueurs ne présentant pas de diagnostic psychiatrique, les joueurs atteints d'une maladie mentale avaient des taux de détresse émotionnelle nettement supérieurs, consommaient davantage d'alcool et d'autres drogues et avaient des problèmes de toxicomanie plus graves. Outre ces constats, nous avons décelé peu de différences entre chacun des groupes, ce qui laisse croire que les personnes qui se livrent au jeu ont des comportements semblables, qu'elles soient atteintes ou non d'un trouble mental.

Conception et mise en oeuvre des programmes de traitement de maintien à la méthadone

En novembre 2002, Santé Canada publiait deux ouvrages, un document sur les meilleures pratiques et une analyse documentaire approfondie des traitements de maintien à la méthadone, tous deux étant principalement le fruit des efforts des Drs Bruna Brands et David Marsh.

Best Practices in the Design and Delivery of Methadone Maintenance Treatment Programs a pour but de rendre les programmes actuels plus efficaces et d'encourager les fournisseurs de services à lancer de nouveaux programmes. Nous espérons que ce document sensibilisera davantage les praticiens et les fournisseurs de services, incitera les clients et patients à s'engager et à maintenir leur engagement et améliorera les résultats des traitements.

Meilleures pratiques dans les cas de troubles concomitants

Un projet de recherche du CTSM sur les troubles concomitants, subventionné par Santé Canada, offre une synthèse de comptes rendus de recherches, d'opinons d'experts et de commentaires tirés de groupes de discussion entre clients. À partir de ces informations, nous avons créé un rapport qui contient des recommandations sur les services d'évaluation et de traitement. Le rapport, axé sur la nécessité d'une approche globale, a été publié par Santé Canada en tant que guide des meilleures pratiques.

Le guide a été bien accueilli sur les plans national et international, et intégré à notre plan provincial sur les troubles concomitants. Nous avons organisé une vidéoconférence, qui a regroupé plus de 260 participants répartis sur 19 sites, pour présenter le guide des meilleures pratiques et débattre de ses répercussions sur le traitement et sur la planification des systèmes. Nous avons ensuite tenu un forum à l'échelle provinciale regroupant 40 représentants des gouvernements, des organismes et des fournisseurs de soins de santé pour recueillir un éventail de commentaires relatifs à un plan d'action sur les troubles concomitants. Parmi les recommandations faites, citons la création d'un groupe de travail au niveau provincial, une meilleure planification des systèmes, une amélioration des services, une élaboration de politiques, un réseautage, une formation et une approche ciblée de la part du gouvernement.

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