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Les adolescents et la santé mentale

Les jeunes, les drogues et la santé mentale : Ressource pour les professionnels

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1.3 Les adolescents et la santé mentale

La capacité des jeunes de composer avec la vie, d’en jouir et d’en relever les défis est étroitement liée à leur état de santé mentale ainsi qu’à leur sens de bien-être global. Si les jeunes connaissent des problèmes de santé mentale au cours de leurs années formatrices, les effets de ces problèmes peuvent se faire sentir tout au long de leur vie.

Le ressort psychologique est un concept qui englobe deux éléments :

  • l’exposition à des facteurs de stress ou de risque significatifs ;
  • la capacité manifeste de s’adapter à ces facteurs avec compétence et succès. (Braverman, 2001)

La santé mentale est un continuum qui va de la santé mentale optimale aux troubles mentaux graves et persistants en passant par les problèmes émotifs (Adlaf et coll., 2002).

Les problèmes de santé mentale entraînent une altération des habiletés cognitives, sociales et affectives qui n’est cependant pas suffisante pour être associée à des troubles mentaux.

Les troubles mentaux (le terme est souvent utilisé de façon interchangeable avec celui de maladie mentale) désignent des maladies pouvant être diagnostiquées qui sont caractérisées par une altération de la pensée, de l’humeur ou du comportement (ou par une combinaison de ces éléments) associée avec une détresse qui touche les habiletés cognitives, affectives et sociales.

1.3.1 Ressort psychologique

Certains considèrent le ressort psychologique comme un « équilibre » entre le niveau de stress et d’adversité auquel est exposée une personne d’une part et sa capacité d’adaptation et ses systèmes de soutien d’autre part (Mangham, McGrath, Reid et Stewart, 1995). Le rôle des fournisseurs de services est d’aider les jeunes à établir cet équilibre en leur apprenant à réduire les risques auxquels ils sont assujettis et à accroître les facteurs qui les en protègent. Fort heureusement, le ressort psychologique n’est pas un ensemble spécial de caractéristiques ou de traits, mais un phénomène assez commun qui découle de la capacité d’adaptation innée des êtres humains (Masten, 2001).

La capacité naturelle d’adaptation des jeunes est compromise par tout ce qui peut nuire au développement du cerveau, aux relations entre l’enfant et les fournisseurs de soins, à la maîtrise des émotions et des comportements ainsi qu’au désir de s’intégrer dans son milieu. Nous savons notamment que pour favoriser le ressort psychologique des jeunes, il faut veiller à ce que ceux-ci établissent des liens positifs avec des adultes compétents et aimants, les aider à développer des habiletés cognitives et la maîtrise de soi, les amener à avoir une image positive d’eux-mêmes et les inciter à laisser leur marque dans leur milieu.

Pour favoriser le développement du ressort psychologique des jeunes, nous devons trouver des moyens d’atteindre les objectifs suivants :

  • favoriser le développement des habiletés des jeunes ;
  • produire une amélioration des symptômes et des problèmes qu’ils connaissent ;
  • développer leurs forces (tirer parti de leurs atouts) ;
  • atténuer les risques et les stress auxquels ils font face ;
  • faciliter les mécanismes et les processus de protection ;
  • traiter la maladie ;
  • réduire les processus nocifs (Masten, 2001).

Selon des études menées au Canada et aux États-Unis (citées dans Adlaf et coll., 2002), de nombreux jeunes connaissent malheureusement de graves problèmes de santé mentale :

  • Environ un enfant et adolescent sur cinq aux États-Unis manifeste des symptômes de problèmes de santé mentale chaque année et environ cinq adolescents sur cent sont atteints d’un trouble émotif grave causant une altération fonctionnelle.
  • Parmi les enfants et les adolescents dont la situation a été étudiée au Canada, la prévalence des problèmes de santé mentale oscille entre 18 % et 22 % contre 25 % chez les adultes.
  • Le suicide vient en troisième place parmi les causes de décès chez les adolescents au Canada et aux États-Unis (après les accidents de voiture et les autres types d’accidents).

Des preuves semblent indiquer que la prévalence des problèmes de santé mentale chez les jeunes est en voie d’augmentation (Adlaf et coll., 2002).

1.3.2 Données recueillies en Ontario sur la santé mentale et le bien-être des élèves

Le SCDEO révèle qu’une minorité importante d’élèves connaît un niveau de bien-être ou de fonctionnement moins qu’optimal. Le sondage évalue les déficiences fonctionnelles modérées plutôt que les troubles psychiatriques répondant à des critères cliniques (Adlaf et coll., 2002, 5).

Certaines données de santé publique tirées du SCDEO

  • Environ un élève sur quatre dit souffrir de détresse psychologique prononcée.
  • Environ un élève de sexe féminin sur trois dit souffrir de détresse psychologique prononcée.
  • Environ un élève sur quatre dit avoir fait l’objet de mesures d’intimidation à l’école.
  • Environ un élève sur trois dit s’être livré à l’intimidation à l’école.
  • Environ un élève de sexe masculin sur cinq dit échanger des coups avec d’autres élèves à l’école.
  • Entre un élève sur sept et un élève sur dix environ dit être en mauvaise santé, ne pas faire d’exercice physique, avoir consulté un professionnel de la santé mentale, manquer d’estime de soi, avoir des pensées suicidaires, s’être adonné à au moins trois activités illicites, porter une arme, avoir un problème lié au jeu ou s’inquiéter pour sa sécurité personnelle à l’école.
  • Environ un élève sur vingt risque fortement de souffrir de dépression.
  • Environ un élève de sexe masculin sur vingt dit avoir un problème pathologique lié au jeu. (Adlaf et coll., 2002)

Les tendances et la prévalence des problèmes de santé mentale ne sont pas les mêmes dans tous les groupes de jeunes :

  • Les données provenant du SCDEO de 2001 révèlent que les jeunes femmes sont plus susceptibles de souffrir de problèmes d’intériorisation comme la dépression, la détresse psychologique et les pensées suicidaires (Adlaf et coll., 2002).
  • Les élèves de sexe masculin sont plus susceptibles d’adopter des comportements risqués (ou des comportements d’extériorisation) comme des actes illicites et le jeu pathologique (Adlaf et coll., 2002).
  • Les jeunes gais, bisexuels ou transgenderistes présentent des risques élevés de troubles de l’humeur, d’automutilation et de suicide.
  • Au moins un jeune sur cinq qui a des démêlés avec la justice souffre d’un problème de santé mentale ou affectif grave (Trupin et Boesky, 2001).

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