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1.2 L’usage d’alcool ou d’autres drogues chez les adolescents

Les jeunes, les drogues et la santé mentale : Ressource pour les professionnels

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1.2 L’usage d’alcool ou d’autres drogues chez les adolescents

Tout comme ils ont tendance à faire l’essai d’autres comportements adultes, de nombreux jeunes font l’expérience de l’alcool ou d’autres drogues. Il s’agit souvent pour eux d’une façon d’exprimer leur indépendance et leur autonomie. L’usage d’alcool ou d’autres drogues ne conduit pas nécessairement à la toxicomanie. En fait, la plupart des jeunes qui font usage d’alcool ou d’autres drogues ne développent pas de problème d’usage ou de dépendance (CAMH, 2002a).

Par ailleurs, compte tenu du fait que les jeunes n’ont pas encore atteint le stade de la maturité ou du plein développement physique, psychologique ou social, l’usage d’alcool ou d’autres drogues peut compromettre ces processus essentiels. Si l’usage d’alcool ou d’autres drogues d’un jeune compromet les principales étapes de son développement, il est susceptible d’avoir du mal à réaliser son potentiel.

Tous les jeunes ne développeront pas nécessairement une dépendance à l’égard de l’alcool ou des autres drogues dont ils font usage. Ceux qui le font peuvent développer une dépendance soit psychologique, soit physiologique. Dans le cas d’une dépendance psychologique, des forces affectives ou psychologiques poussent le jeune à continuer de faire usage d’alcool ou d’autres drogues pour préserver la sensation de bien-être qu’il en tire. Dans le cas d’une dépendance physiologique, les tissus organiques répondront à la présence ou à l’absence d’alcool ou d’autres drogues et le jeune ressentira des symptômes de sevrage.

Nous ne nous inquiétons pas tant de ce qui peut être considéré comme une « toxicomanie », mais essentiellement du « continuum de l’usage ». Chez les jeunes, il est impossible de prédire quelles seront les conséquences d’un usage minimal d’alcool ou d’autres drogues. Cet usage peut n’entraîner aucune conséquence ou mener à un mode de vie destructeur. Voilà pourquoi nous nous intéressons au phénomène même de l’usage d’alcool ou d’autres drogues chez les adolescents.

1.2.1 Données recueillies en Ontario sur l’usage d’alcool ou d’autres drogues chez les élèves

Le Sondage sur la consommation de drogues parmi les élèves de l’Ontario (SCDEO) confirme que l’usage d’alcool ou d’autres drogues chez les jeunes est très répandu. Dans l’ensemble de la province, les deux tiers des élèves de la 7e à la 13e année ont dit avoir consommé de l’alcool dans l’année ayant précédé le sondage (Adlaf et Paglia, 2001). Un tiers des élèves de la 7e à la 13e année ont dit avoir fait usage d’une drogue illicite au moins une fois au cours de l’année ayant précédé le sondage (Adlaf et Paglia, 2001). Il existe des différences importantes dans les tendances en matière d’usage d’alcool ou d’autres drogues dans la province. Vous pouvez également consulter les rapports du SCDEO pour des précisions sur les expériences des jeunes provenant de diverses régions de l’Ontario.

Certains problèmes de santé publique qui ressortent du SCDEO 

  • Le quart des élèves fument la cigarette.
  • La consommation excessive d’alcool (p. ex., excès occasionnels d’alcool, ivresse) demeure élevée parmi les élèves comparativement à il y a dix ans.
  • Au cours de la dernière décennie, on a constaté une augmentation croissante de l’usage de toutes les drogues illicites parmi les élèves, et ce même lorsque le cannabis n’est pas pris en compte.
  • Un élève sur sept conduit après avoir bu et un élève sur cinq dit conduire après avoir fait usage de cannabis.
  • Environ le tiers des élèves disent être montés à bord d’une voiture conduite par une personne ayant consommé de l’alcool.
  • Moins d’élèves disent s’opposer à l’usage de drogues aujourd’hui qu’il y a dix ans.
  • Les élèves disent que les drogues sont plus faciles à obtenir (sauf le LSD).
  • L’usage d’ecstasy a augmenté considérablement (passant de moins de 1 % en 1991 à environ 6 % en 2001).
  • Comparativement à 1979, une proportion sensiblement plus élevée d’élèves fait usage aujourd’hui d’hallucinogènes comme la mescaline et la psilocybine.
  • L’usage quotidien de cannabis chez les élèves a augmenté considérablement depuis dix ans.
  • Au cours de la dernière décennie, l’usage de cocaïne a augmenté constamment chez les élèves ainsi que parmi plusieurs sous-groupes démographiques. À titre d’exemple, l’usage de cette drogue parmi les élèves de 11e année a augmenté de façon spectaculaire depuis 1993.
  • Au cours de la dernière décennie, l’usage de stimulants (p. ex., pilules amaigrissantes) a augmenté de façon constante chez les élèves de sexe féminin. (Adlaf et Paglia, 2001)

Les habitudes de consommation et la prévalence de l’usage d’alcool ou d’autres drogues ne sont pas les mêmes dans tous les groupes de jeunes :

  • Bien que la prévalence de l’usage d’alcool ou d’autres drogues soit à peu près la même chez les jeunes femmes et les jeunes hommes, il existe certaines différences. Ainsi, en 2001, d’après les données recueillies auprès des jeunes femmes, celles-ci auraient fait usage d’un taux plus élevé de stimulants non médicaux (obtenus sans ordonnance médicale) que les jeunes hommes. Par ailleurs, d’après les données recueillies auprès des jeunes hommes, ceux-ci auraient fait usage pendant la même année de plus d’alcool, de cannabis, de colle, de méthamphétamines, de LSD et d’hallucinogènes (Adlaf et Paglia, 2001).
  • Les jeunes autochtones sont de 2 à 6 fois plus susceptibles de développer tous les types de problèmes liés à l’usage d’alcool que les autres jeunes.
  • Les jeunes autochtones utilisent des solvants plus fréquemment que les autres groupes de jeunes. Un jeune autochtone sur cinq dit avoir utilisé des solvants ; un tiers de ceux qui l’ont fait ont moins de 15 ans et plus de la moitié ont commencé à utiliser ces substances avant l’âge de 11 ans.
  • Les jeunes des Premières nations et les jeunes Métis sont plus susceptibles que les autres jeunes de faire usage de drogues illicites.
  • Les jeunes autochtones sont susceptibles de commencer à faire usage de substances comme le tabac, les solvants, l’alcool et le cannabis beaucoup plus tôt dans la vie que les autres jeunes (Centre canadien de lutte contre l’alcoolisme et les toxicomanies [CCLAT] et CAMH, 1999).
  • La majorité des jeunes qui ont des démêlés avec la justice sont aux prises avec d’importants problèmes liés à l’usage d’alcool ou d’autres drogues (Trupin et Boesky, 2001).
  • D’après les données recueillies auprès des jeunes itinérants et des jeunes de la rue, ces jeunes feraient beaucoup plus usage d’alcool ou d’autres drogues que les autres jeunes.

Entre un quart et la moitié d’entre eux déclarent être de gros buveurs et boire souvent. Entre 66 % et 88 % d’entre eux ont dit faire usage de cannabis et entre 18 % et 64 % ont dit faire usage de cocaïne. De nombreux jeunes de la rue ont dit avoir fait usage de drogues injectées (11 % dans une étude nationale ; 48 % des jeunes hommes et 32 % des jeunes femmes dans un échantillon de jeunes à Vancouver et 36 % dans un échantillon de jeunes à Montréal). Plus de la moitié (58 %) des jeunes de la rue interrogés à Montréal ont partagé des seringues (Santé Canada, 2001).

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