Comprenez-moi
Quand les jeunes femmes abordent les facteurs de risque de la dépression, il est très rare qu’elles parlent de traumatismes
résultant de mauvais traitements, de négligence, de désintérêt, de rejet de la part des personnes importantes dans leur vie
ou encore de pertes importantes (p. ex. le décès d’un être cher, le divorce des parents, les nombreux déménagements vécus
durant l’enfance). Celles qui en ont fait mention étaient clairement et profondément ébranlées, soit parce qu’elles avaient
survécu à des mauvais traitements ou qu’elles craignaient faire partie un jour des sombres statistiques à cet égard :
J’ai été agressée sexuellement quand j’étais enfant... Cela fait six ans que je n’arrive pas à passer par-dessus . . . Ma
mère n’arrête pas de dire « Oh ! Elle traverse simplement une phase de son adolescence. . . »
Une autre femme raconte :
Un grand nombre de filles font l’objet de violence sexuelle. Elles sont plus facilement une cible parce que les filles sont
considérées comme le « sexe faible ». . . Il y a toutes sortes de violence : verbale, émotive, sexuelle et autre. Cela se
produit souvent.
Les statistiques sur la violence sexuelle chez les adolescentes et les jeunes femmes canadiennes sont en effet horrifiantes
: à l’âge de 18 ans, une femme sur trois aura été victime d’une forme ou d’une autre de violence sexuelle. Nous devons trouver
des moyens de faire savoir aux filles et aux jeunes femmes que nous sommes conscients de l’existence de ce problème et que,
si elles ont vécu ce genre de traumatisme, nous les croirons et leur offrirons le soutien dont elles ont besoin.
Bien que hâtivement mentionnés par les jeunes femmes, les traumatismes laissent des marques caractéristiques qu’il faut prendre
en considération au même titre que les facteurs liés au contexte social, tels que le statut socioéconomique (c.-à-d. la jeune
femme a-t-elle les ressources financières pour subvenir à ses besoins et désirs), et les facteurs biologiques (c.-à-d. le
bagage génétique lié à l’humeur).
Soutenez-moi
Les jeunes femmes qui ont vécu un traumatisme peuvent préférer faire affaire avec une femme médecin ou conseillère. Soyez
à l’affût des points soulevés dans la présente section. Si une jeune femme affirme avoir subi un traumatisme, il est important
que vous souteniez et validiez son expérience. Il est parfois troublant d’écouter une jeune femme raconter ce qu’elle a vécu
et on ne sait pas très bien comment réagir. La jeune femme a besoin de sentir que vous la croyez, que vous êtes intéressés
à elle et que vous ne la jugerez pas.
Renseignez-vous sur les traumatismes que peuvent vivre les jeunes femmes ainsi que sur les professionnels dans la collectivité
qui ont une expertise dans ce domaine et qui travaillent auprès de cette clientèle. Soutenez la jeune femme en lui donnant
de l’information sur le stress post-traumatique et les effets de la violence.
Si vous travaillez auprès de nouveaux arrivants, il est très important que vous vous renseigniez sur le genre d’expériences
que les jeunes immigrantes et réfugiées peuvent avoir vécu avant leur arrivée au Canada. Ce peut être par exemple la séparation
de membres de la famille et d’amis proches, le temps passé en transit ou dans un camp de réfugiés, la guerre, la violence
politique et les traumatismes connexes, ou encore l’adaptation à un niveau de vie inférieur à celui du pays d’origine. Renseignez-vous
sur les jeunes femmes réfugiées et trouvez des professionnels dans la collectivité qui ont des compétences dans le domaine
des traumatismes résultant de la guerre et de la violence politique.
La prévention des traumatismes et de la violence et l’intervention précoce commencent dès l’enfance par des discussions sur
le genre d’actions et de paroles qui ont des effets positifs et négatifs sur les gens. Il est aussi important de proposer
des stratégies et des ressources pour aider les adolescentes et les jeunes femmes. Idéalement, ces discussions devraient être
abordées dès les années préscolaires, et les fournisseurs des services jeunesse devraient donner aux jeunes et aux adolescents
des occasions de poursuivre ces discussions dans différents cadres de vie, comme l’école.
Ressources à l’intention des professionnels de la toxicomanie et de la santé mentale :
Haskell, L. First Stage Trauma Treatment: A Guide for Therapists Working with Women , Toronto, CAMH , 2003.
Cette publication s’adresse tant aux professionnels du domaine de la toxicomanie et de la santé mentale qu’aux soignants travaillant
auprès de femmes victimes de violence et qui désirent mieux comprendre leurs clientes, apprendre à réduire et stabiliser leurs
symptômes et à accroître leur sécurité.
Autres publications et liens utiles :
Agence de santé publique du Canada—Centre national d’information sur la violence dans la famille : La violence et la négligence
à l’égard des enfants
http://www.phac-aspc.gc.ca/ncfv-cnivf/violencefamiliale/html/nfntsnegl_f.html
Sujets abordés : Qu’est-ce que la violence à l’égard des enfants ? Comment la société réagit-elle à la violence envers les
enfants ? Le problème est-il répandu ? Faits à considérer. La dénonciation des cas de violence envers des enfants. Où s’adresser
? Comment prévenir la violence à l’égard des enfants ?
Bograd, M. « Strengthening domestic violence theories: Intersections of race, class, sexual orientation, and gender », Journal of Marital
and Family Therapy, vol. 25, no 3 (1999), p. 275-289.
Haskell, L. Bridging Responses: A Front-Line Worker’s Guide to Supporting Women Who Have Post-Traumatic Stress , Toronto, CAMH, 2001.
Cet ouvrage comprend des outils permettant de reconnaître les réactions de stress post-traumatique chez les femmes ainsi que
de l’information sur le trouble complexe de stress post-traumatique. Il propose aussi des interventions utiles pour les travailleurs
de première ligne, des approches thérapeutiques, des stratégies pour établir une relation de confiance auprès des femmes ayant
survécu à des situations d’abus et de violence de façon à pouvoir les aiguiller vers les services et ressources appropriées.
Lien Critique : Orientation et Ressources Supplémentaires pour plus de détails.
Haskell, L. Les femmes, la violence et le traitement des traumatismes : Guide d’information, Toronto, CAMH , 2004.
Cet ouvrage s’adresse aux femmes qui suivent une thérapie ou qui sont à la recherche d’un thérapeute dans le but de les aider
à faire face aux effets à long terme d’expériences d’abus ou de violence répétées ou prolongées. Il est aussi conçu pour les
membres de la famille et les amis qui veulent comprendre et soutenir leur proche qui a entrepris une démarche thérapeutique
pour faire face aux traumatismes qu’elle a vécus. Lien Critique : Ressources Imprimées et Autres pour plus de détails.
Haskell, L. Femmes : Qu’est-ce que ces indications ont en commun ? Comment reconnaître les effets des traumatismes liés à la violence, Toronto, CAMH , 2004.
Ce livret aide les femmes à comprendre leurs traumatismes et à savoir où elles peuvent obtenir de l’aide. Lien Critique : Ressources Imprimées et Autres pour plus de détails.
Preventing Child Abuse and Neglect - Safe Children and Safe Families Are a Shared Responsibility
http://nccanch.acf.hhs.gov/topics/prevention/index.cfm
Sujets abordés : Communiquer votre message. Appuyer les familles. Les moyens efficaces de promouvoir la sécurité des enfants
et la santé des familles. Élaborer et maintenir des programmes de prévention dans les moments difficiles. Quand les enfants
sont en danger : mauvais traitements et négligence.