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Préjugés

Écoutez-moi, Comprenez-moi, Soutenez-moi : Ce que veulent nous dire les jeunes femmes sur la dépression

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Écoutez-moi

Si on est vue au bureau de son conseiller, on se fait étiqueter. Ce type de réaction doit cesser.

[Lorsque je parle de ma dépression,] j’utilise le mot « maladie », tout simplement parce que j’en ai plus qu’assez d’expliquer que la dépression est une maladie. Il y a beaucoup de préjugés rattachés à ce problème dans la société. Je [la nomme « maladie »] parce que je veux qu’on la reconnaisse comme telle.

J’ai déjà raconté ma vie à de purs étrangers dans la rue… Mais je suis toujours incapable de m’ouvrir à mes meilleurs amis. Je pense que c’est parce que nous avons peur d’être jugées et critiquées par eux.

Dans certaines cultures, [les préjugés] sont plus marqués, en particulier dans le cas de la dépression, qui n’est pas toujours reconnue comme une maladie. Si vous en souffrez, il est mieux de ne pas en parler. La dépression est considérée comme un signe de faiblesse. [Les services offerts] doivent être adaptés à la culture.

Lorsqu’on dit qu’on prend des antidépresseurs, on passe pour une cinglée. Ça ce sont des préjugés. C’est un manque d’information et d’éducation.

Il serait peut-être utile d’éduquer le public plutôt que de s’attarder uniquement aux personnes dépressives; il faudrait expliquer ce qu’est la dépression aux personnes qui n’en souffrent pas pour qu’elles jugent moins et soient plus compréhensives.

Comprenez-moi

Par préjugés, on entend les « attributs » négatifs accolés à une personne qui présente des caractéristiques ou une maladie qui les différencient des personnes dites « normales ». Cette « différence » est considérée comme indésirable et honteuse et peut susciter des opinions défavorables (préjugés) et des réactions négatives (discrimination) de la part des autres. 1

Les préjugés nuisent grandement au bien-être des jeunes femmes. Leur influence se fait sentir lorsqu’elles sont dépressives et durant leur rétablissement, et peut persister longtemps après qu’elles se soient remises. Bien des jeunes femmes sont réticentes à obtenir de l’aide à cause des préjugés et elles ont tendance à cacher leurs sentiments. Cela peut donner lieu à des sentiments négatifs envers soi (autostigmatisation), à l’isolement social, au rétrécissement du réseau de soutien social, à l’abandon de l’espoir de se rétablir et parfois même au suicide. 2

Les jeunes femmes considèrent les préjugés comme étant un obstacle à l’obtention d’aide pour faire face à leur dépression. Elles craignent d’être jugées et sont donc hésitantes à parler de ce qu’elles ressentent. Pour certaines, les préjugés sont associés à la dépression comme telle, alors que pour d’autres, ils sont associés au fait de recourir à des services de santé mentale. Certaines ont aussi parlé des réactions négatives des gens autour d’elles quand ils ont appris qu’elles prenaient de antidépresseurs.

Toutes craignaient d’être qualifiées de « folles » et de se faire traiter différemment à cause de cela. Le langage empreint de préjugés est blessant ; il peut mener à la discrimination et à l’exclusion et il réduit la capacité des gens à vivre, à travailler, à chercher de l’aide et à se rétablir dans la collectivité.

Soutenez-moi

Des gens de tous les milieux sont touchés par des problèmes de santé mentale tels que la dépression, y compris des gens célèbres comme les écrivaines Emily Dickinson et Virginia Woolf, la médaillée olympique Elizabeth Manley, les actrices Margot Kidder et Brooke Shields, le lieutenant-gouverneur de l’Ontario James Bartleman, le général retraité Roméo Dallaire, le joueur de la LNH Ron Ellis et l’astronaute Buzz Aldrin.

Plusieurs facteurs contribuent au rétablissement des personnes aux prises avec un problème de santé mentale, notamment le type de thérapie (le cas échéant), la qualité de la relation entre le thérapeute et la jeune femme, l’espoir qu’entretient cette dernière envers son rétablissement, ainsi que les circonstances quotidiennes extérieures à la relation thérapeutique. Ce dernier facteur, appelé le « facteur extra-thérapeutique », contribue dans une proportion de 40 p. 100, soit plus que tous les autres facteurs pris individuellement, aux chances de rétablissement d’une personne.

Ce facteur inclut le soutien de la famille et des amis, le sentiment d’appartenance et les interactions quotidiennes avec les gens, y compris des étrangers. Il fournit des occasions d’avoir une influence dans la vie d’une personne. Les préjugés compromettent toutefois grandement cet important facteur du rétablissement.

Il est important de parler de la dépression afin de se sentir à l’aise d’aborder le sujet. L’information et l’éducation jouent un grand rôle pour dissiper les peurs et les idées fausses concernant la dépression. Plus nous en savons sur la dépression, moins nous serons portés à porter des jugements et à stigmatiser les personnes touchées. Voici certaines des choses que vous pouvez faire pour mettre un terme aux préjugés : 3

  • Reconnaître la prévalence des problèmes de santé mentale tels que la dépression.
  • S’informer davantage sur la dépression et les difficultés auxquelles se heurtent les jeunes femmes.
  • Essayer de s’imaginer être la cible de préjugés.
  • Surveiller les suppositions qui sous-tendent le langage que vous et les autres utilisez.
  • Analyser les médias et critiquer ouvertement le matériel empreint de préjugés.
  • Réagir aux articles empreints de préjugés dans les journaux et revues en écrivant une lettre à la rédaction.
  • Parler des préjugés avec sa famille, ses amis et ses collègues.
  • Être conscient de ses propres attitudes et préjugés.
  • Appuyer les organismes qui combattent les préjugés.

Il existe plusieurs occasions de montrer notre respect envers les jeunes femmes et de les traiter avec dignité. Une telle approche contribue grandement à éliminer les obstacles créés par les préjugés.

Les ressources suivantes abordent cette question plus en profondeur :

Au-delà des étiquettes

Centre de toxicomanie et de santé mentale. Au-delà des étiquettes : Une trousse éducative qui favorise la compréhension des effets des préjugés sur les personnes vivant avec des problèmes concomitants de toxicomanie et de santé mentale, Toronto, 2005.

Cette trousse comprend des activités de groupe ; des fiches types sur format papier et électronique (sur CD) qui peuvent être photocopiées dans les documents à distribuer aux élèves et qui peuvent servir à faire des transparents ; des renseignements sur les préjugés accolés aux troubles concomitants ; des sujets de discussion et de réflexion ; des faits et des idées sur les préjugés ; des exemples de moments opportuns où l’on peut utiliser la trousse auprès de différents auditoires. Une relation d'aide saine - Psychothérapie et médicaments

Parlons de la maladie mentale : Guide d’élaboration d’un programme de sensibilisation à l’intention des jeunes

Parlons de la maladie mentale est un programme qui vise à combattre les préjugés et qui est destiné aux élèves du secondaire. Il est offert dans les écoles grâce à un partenariat entre des fournisseurs de services, des bénévoles et des personnes qui s’intéressent aux questions de santé mentale.

Le programme comporte deux guides : le Guide pour la communauté et la Ressource pour l’enseignant, que l’on peut télécharger à http://www.camh.net/FR/Education/Resources_ teachers_schools/TAMI/tami_introduction_fr.html.

Clic ici pour plus de détails ( Psychothérapie et médicaments )

Apostilles :

  1. C. O'Grady. (2004). Stigma as Experienced by Family Members of People with Severe Mental Illness: The Impact of Participation in Self-Help / Mutual Aid Support Groups.  Unpublished doctoral dissertation, University of Toronto.
  2. M. Pompili, I. Mancinelli & R. Tatarelli. (2003). Stigma as a cause of suicide.  British Journal of Psychiatry, 183 (2) 173 - 174.
  3. Adapte de Gibson, M., E. Munn, D. Beatty, et  A. Pugh. Au-delà des étiquettes : Une trousse éducative qui favorise la compréhension des effets des préjuges sur les personnes vivant avec des problèmes concomitants de toxicomanie et de santé mentale, diapositive 15, Toronto, CAMH, 2005.

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