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Discrimination fondée sur la taille, image corporelle et médias

Écoutez-moi, Comprenez-moi, Soutenez-moi : Ce que veulent nous dire les jeunes femmes sur la dépression

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Écoutez-moi

Les questions d’image corporelle, de poids et d’apparence physique jouent souvent un rôle important dans la dépression chez les jeunes femmes. Les médias nous bombardent d’images de la femme idéale. Mais, au lieu de projeter des images réalistes de femmes de différentes tailles, formes et origines ethniques, ils se résument à nous montrer la femme mince, grande, sexy et blanche par-dessus le marché.

Il existe un idéal de perfection à laquelle les femmes doivent se conformer. On s’attend à… ce qu’elles aient telle apparence, se tiennent de telle manière et possèdent un certain standing. Si on fait remarquer à une jeune femme qu’elle n’a pas atteint ce degré de perfection, elle peut facilement devenir dépressive.

La violence verbale et psychologique que j’avais vécue, en plus d’être touchée par la discrimination à cause de mon embonpoint, sont tous des facteurs qui ont contribué à ma dépression.

Les vedettes qu’on voit à la télévision sont si minces… Imaginez si c’était différent, si, par exemple, toutes les tailles étaient valorisées… Notre existence s’en trouverait complètement transformée !

La télévision, les magazines, tous les types de médias, en fait, bombardent les jeunes femmes de mannequins dont l’apparence est irréaliste. Les femmes sont minces, habituellement de race blanche et se ressemblent toutes : elles ne représentent pas les femmes ordinaires.

Malheureusement, cet idéal s’est implanté si profondément dans notre société qu’il est devenu un canon de beauté tout à fait inaccessible. Et les mannequins n’arrivent même plus à s’y conformer, car on en vient même à retoucher leurs photos dans les magazines. Si les jeunes femmes sont au courant de ce manège, cela ne les empêche pas de vouloir ressembler à ces modèles acceptés par toute la société. Elles se mettent à intérioriser ces normes de beauté qui leur servent alors de point de comparaison.

De nos jours, les garçons aussi reluquent le corps des filles. Ils ne s’intéressent pas à la personnalité ou à autre chose ; tout ce qu’ils regardent, c’est notre corps.

Même dans le magazine Seventeen, par exemple, on retrouve des rubriques comme : « Comment savoir s’il vous aime? » ou « Peut-on gagner l’amour d’un garçon ?». Ils devraient plutôt traiter de thèmes comme : « Vous aimez-vous vraiment? » ou « 10 façons d’être heureux ».

Quantité de magazines… exploitent les femmes… Les hommes, en général, voient encore les femmes comme des objets.

On nous voit encore comme des objets sexuels… J’aimerais seulement qu’on cesse de nous exploiter.

Peut-être que si on voyait à la télévision des personnages qui n’ont pas des corps parfaits, par exemple une émission où se côtoient des personnes de couleur, de taille et de forme différentes, on constaterait qu’on peut tous être amis. Parce qu’à la télévision, les gens de couleur se tiennent ensemble, ou bien les bandes d’amis sont toutes formées de gens minces. Le message envoyé est le suivant : « Vous êtes mince, alors vous ne devriez être ami qu’avec des gens minces. »

Comprenez-moi

Aujourd’hui plus que jamais, nous sommes bombardés d’images de l’« idéal » féminin dans les médias. Les jeunes femmes intériorisent ces idéaux de « beauté » très élevés qui leur disent à quoi ressemble le succès, ce qu’elles doivent faire pour être populaires et considérées comme étant maître de la situation, pour se sentir (et être) « adéquates » ou faire partie du « bon » groupe. Mais bien rares sont celles qui atteignent cet idéal qui, dans notre monde si divers, représente presque exclusivement un seul et même groupe démographique. Implicitement, les personnes qui ne sont pas de race blanche, n’ont pas la peau claire, ne correspondent pas au stéréotype de beauté, ne sont pas grandes, hétérosexuelles, minces, à la mode et anglophones, sont plus ou moins invisibles, comme celles qui ont un handicap, et donc sans importance. (Fait intéressant à noter, certaines jeunes femmes croyaient que la communauté noire avait une plus grande indulgence par rapport à la taille corporelle.)

Les jeunes femmes réagissent à ces idéaux en se regardant dans le miroir et en se trouvant instantanément des défauts. Leur insatisfaction par rapport à leur corps entraîne une insatisfaction par rapport à elles-mêmes. Leur estime de soi peut s’en trouver diminuée et leur risque de dépression, plus grand.

Bien que certaines jeunes femmes soient conscientes de ne pas vouloir correspondre aux normes imposées par les autres, il leur est difficile de résister à l’immense pression les incitant à adhérer à l’idéal mythique. Pour corriger les défauts qu’elles perçoivent chez elles, certaines adopteront des comportements autodestructeurs (p. ex. elles suivront un régime draconien pouvant se transformer en trouble de l’alimentation, elles s’adonneront à des séances d’entraînement extrême, elles se mettront à fumer et à consommer des drogues illégales comme la cocaïne ou les amphétamines ou encore à prendre des médicaments sur ordonnance). Un autre facteur influent peut entrer en jeu de façon plus sournoise toutefois : une réorientation subtile qui porte les jeunes femmes à vouloir répondre aux attentes des autres plutôt qu’à leurs propres attentes. À mesure qu’une jeune se détache de son identité propre, elle peut éventuellement capituler et abandonner l’important combat pour apprendre à être elle-même, avec tous les hauts et les bas qui accompagnent ce cheminement.

Les participantes du projet validity se sont dites déçues et irritées d’être jugées superficiellement en fonction de leur apparence. Ces sentiments sont parfois un couteau à double tranchant, car les femmes ne sont pas supposées exprimer de la colère (ce tabou est plus fort dans certaines cultures que dans d’autres)—on leur apprend que cela est déplacé, inapproprié et même un spectacle offensant. Réduites au silence, les jeunes femmes sont incitées à diriger leur colère vers elles-mêmes, le seul exutoire qui leur reste. Mais cette colère qui bouillonne en leur for intérieur vient gruger leur sentiment de soi naissant et peut exacerber leur désespoir et leur sentiment d’être prises au piège, miner l’estime de soi et créer un sentiment d’insécurité. Il peut s’ensuivre un repli sur soi-même et, éventuellement, une dépression.

Soutenez-moi

Les jeunes femmes doivent croire qu’il leur est possible de devenir authentique malgré les attentes de la société, de la famille et des amis. Elles doivent comprendre et sentir que cette lutte est un cheminement sur lequel elles ont un certain contrôle. Elles doivent sentir qu’elles sont importantes et qu’elles ont des qualités qui leur permettent d’apporter une contribution tout à fait unique, que les messages d’incompétence véhiculés par les images partout autour d’elles sont faux. Si elles ont un endroit neutre et accueillant où elles peuvent parler librement et ouvertement de leurs frustrations et des situations qui suscitent leur colère, les jeunes femmes peuvent souvent éviter que le sentiment de désespoir qu’engendre leur impuissance par rapport à leur vie ne se transforme en colère intériorisée pouvant éventuellement dégénérer en dépression.

Explorez avec les jeunes femmes ce que signifie l’image corporelle, comment elle est influencée, ainsi que les retombées d’une image corporelle positive par rapport à celles d’une image corporelle négative. Il existe des moyens de soutenir les jeunes femmes qui ont des problèmes avec leur image corporelle ou des troubles de l’alimentation. Une jeune rédactrice a observé ce qui suit :

Je dois beaucoup à mes amis et à ma famille. Ils m’ont encouragée, par exemple, à avoir une image corporelle positive en surveillant les magazines et autre matériel publicitaire dans la maison et en supprimant ceux qui affichaient des images négatives. Ils ne parlaient plus de régimes amaigrissants et ont cessé de formuler des commentaires négatifs par rapport à leur corps et à celui des autres. Ensemble, nous avons salué notre corps et ses bienfaits en pratiquant des activités comme la marche et la bicyclette. Ma meilleure amie m’a soutenue en me répétant inlassablement qu’elle m’aimait : elle m’envoyait des cartes, m’appelait, me rendait visite et m’a même offert une superbe photo de nous deux avant le début de mes problèmes, et qui me faisait toujours sourire.

Voici des exemples de stratégies pouvant être utiles aux fournisseurs de services :

  • feuilleter les revues et autre matériel et supprimer ceux qui présentent des images négatives des salles d’attente, des salons, etc. ;
  • analyser les messages médiatiques qui s’adressent aux jeunes femmes et essayer de comprendre leurs répercussions ;
  • écrire des lettres aux médias, aux agences chargées de surveiller la publicité ainsi qu’aux représentants gouvernementaux pour leur exprimer vos préoccupations par rapport aux messages véhiculés dans les médias ou pour mettre en valeur les messages positifs que vous observez ;
  • employer l’exercice du miroir pour aider les jeunes femmes à accepter leur corps.

Voici des exemples de stratégies pouvant être utiles aux jeunes femmes, à leurs amis et à leur famille :

  • ne pas parler de régimes amaigrissants et ne pas faire de commentaires négatifs sur son propre corps ni celui des autres (plus particulièrement si une proche souffre d’un trouble de l’alimentation) ;
  • prendre part à des activités, comme des randonnées à pied ou à vélo, qui mettent en valeur le corps et le bien-être ;
  • offrir du soutien et des encouragements, notamment en étant à l’écoute, en envoyant des cartes et en rendant visite ;
  • accueillir la personne avec un simple sourire le matin et des gestes de tendresse au coucher pour lui rappeler qu’elle est aimée, qu’on se préoccupe d’elle et qu’elle n’est pas seule.

Pour de plus amples renseignements, consultez les ressources suivantes :

Neumark-Sztainer, Dianne. I’m, Like, So Fat! Helping Your Teen Make Healthy Choices about Eating and Exercise in a Weight-Obsessed World, New York, The Guilford Press, 2005.

Sheena’s Place
Consultez www.sheenasplace.org ou composez le 1 888 743-3627 pour obtenir de l’information sur les troubles de l’alimentation.

Recovering from Sizism
http://www.geocities.com/heidihoogstra/recoveryfromsizism.html
Des outils pour habiliter les jeunes femmes qui sont touchées par la discrimination fondée sur la taille.

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