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Redéfinir la beauté - Shauna

Écoutez-moi, Comprenez-moi, Soutenez-moi : Dans Leurs Mots : Récits, conseils et sagesse de jeunes femmes

Dans cette section :

Les questions d’image corporelle, de poids et d’apparence physique, jouent souvent un rôle important dans la dépression chez les jeunes femmes. Les médias nous bombardent d’images de la femme idéale. Mais, au lieu de projeter des images réalistes de femmes de différentes tailles, formes et origines ethniques, ils se résument à nous montrer la femme mince, grande, sexy et blanche par-dessus le marché.

Cet idéal s’est implanté si profondément dans notre société qu’il est devenu un canon de beauté tout à fait inaccessible. Et les mannequins n’arrivent même plus à s’y conformer, car on en vient même à retoucher leurs photos dans les magazines. Si les jeunes femmes sont au courant de ce manège, cela ne les empêche pas de vouloir ressembler à ces modèles acceptés par toute la société. Elles se mettent à intérioriser ces normes de beauté qui leur servent alors de point de comparaison. Évidemment, comment pouvons-nous être satisfaites de nous et avoir une bonne opinion de nous si on se juge par rapport à ce modèle inaccessible ?

Personnellement, je sais que le fait de me comparer aux top modèles a fait chuter mon estime de moi, ma confiance en moi, mon sentiment d’identité et de valorisation et, éventuellement, ma joie de vivre, mon amour-propre et mon bonheur, sans compter ma santé. Je suis devenue cliniquement déprimée alors que j’étais déjà aux prises avec un trouble de l’alimentation. Je suis sur la voie du rétablissement. J’ai encore des hauts et des bas, mais je dois tout le chemin parcouru à une équipe de professionnels tout à fait incroyable et dévouée avec qui j’ai eu le privilège de travailler, sans oublier l’appui fantastique de mes parents et de mes amis. Ces deux équipes m’ont aidée à atteindre mes objectifs, à redécouvrir la personne remarquable que je suis. Leur soutien indéfectible, leur force et leur amour m’ont guidée tout au long de mon rétablissement.

Je dois beaucoup à mes amis et à ma famille. Ils m’ont encouragée, par exemple, à avoir une image corporelle positive en surveillant les magazines et autres formes publicitaires dans la maison et en supprimant ceux qui affichaient des images négatives. Ils ne parlaient plus de régimes amaigrissants et ont cessé de formuler des commentaires négatifs par rapport à leur corps et à celui des autres. Ensemble, nous avons salué notre corps et ses bienfaits en pratiquant des activités comme la marche et la bicyclette. Ma meilleure amie m’a soutenue en me répétant inlassablement qu’elle m’aimait : elle m’envoyait des cartes, m’appelait, me rendait visite et m’a même offert une superbe photo de nous deux avant le début de mes problèmes et qui me faisait toujours sourire. Tous ces petits gestes, du sourire matinal à la bise du soir, non seulement étaient-ils remarqués, mais ils me rappelaient sans cesse que j’étais aimée et que je n’étais pas seule.

Les médecins et le personnel qui m’accompagnaient m’ont donné des conseils inestimables et des façons de composer avec ma dépression et mon trouble de l’alimentation. Ils m’ont aussi expliqué l’influence qu’avait jouée l’image corporelle dans tout cela.

Guidées par des membres du personnel, un groupe de jeunes et moi avons commencé par disséquer les médias en prétendant être des extra-terrestres ignorant tout des humains. Nous recueillions des informations uniquement des médias à notre portée. C’est alors que nous avons réalisé l’ampleur démesurée qu’avait prise l’image irréelle véhiculée. Cet exercice nous a vraiment aidées.

Quoique difficile, l’exercice du miroir m’a aussi été utile. Je devais me regarder dans un miroir et me concentrer sur une partie du corps, en commençant par la partie que j’acceptais le plus facilement et allant graduellement vers les parties plus critiques à mon œil. Le regard rivé sur le miroir, je devais pratiquer des exercices de relaxation, comme la respiration, la visualisation et la détente musculaire progressive, en murmurant des affirmations positives d’acceptation. Il m’a fallu aussi m’attaquer à ma façon de considérer mon corps : ne plus le voir comme un organe esthétique, mais comme un organe fonctionnel, à savoir ce qu’il peut faire pour moi et non ce à quoi il ressemble.

Enfin, l’exercice le plus important du groupe a été d’aborder la définition de l’image corporelle, ce qui l’influence et les effets que peuvent avoir sur une personne une image positive et forte de son corps par rapport à une image négative. Il fallait se poser des questions telles : « Comment se fait-il que les femmes, conscientes de la fausseté de ce qu’elles voient dans les magazines, essaient quand même d’y ressembler ? » « Comment se fait-il que nous, en tant que société, acceptons et renforçons cette image inaccessible, et comment pouvons-nous la rejeter ? » Et enfin, « Comment pouvons-nous nous programmer afin que les images médiatisées irréelles n’affectent pas notre image corporelle et notre santé physique et mentale ? » Il faut absolument créer une image corporelle positive au sein de la société. Nous devons recentrer la beauté sur quelque chose d’intérieur et non d’esthétique. Nous devons changer notre façon de penser : « Un beau corps est un corps en santé. » C’est une définition qui laisse la place à toutes les formes, tailles et races. Mais pour changer la société, il faut commencer par se changer soi-même. Ce n’est pas une tâche facile, mais l’effort en vaut la chandelle et on peut y arriver.

P.S. « Je n’ai jamais vu un visage souriant qui ne soit pas beau. »

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