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Reconnaître la dépression

Écoutez-moi, Comprenez-moi, Soutenez-moi : Ce que veulent nous dire les jeunes femmes sur la dépression

Écoutez-moi

Je crois que beaucoup de femmes ne connaissent pas… les signes de la dépression. C’est seulement bien des années plus tard que j’ai su que j’étais dépressive.

[Être dépressive,] c’est être incapable d’être heureuse pendant une longue période de temps. On a beau essayer, on se demande tout le temps si ça va arriver un jour.

J’ai souffert du blues du post-partum après avoir sevré mon bambin. Je me demandais pourquoi je me sentais si seule, si triste, en colère et malheureuse…Je gardais tout en dedans ; je ne voulais pas que les autres se rendent compte de mes sentiments. Ceci m’épuisait, au point d’en tomber malade.

On finit par s’habituer à vivre toutes ces périodes d’abattement et à se faire rentrer dedans quand on est déjà au plus bas. Après un certain temps, tu n’as plus d’espoir. On se dit : « C’est comme ça ! » et on continue, on accepte cette situation et on vit en se disant : « Ma vie est pourrie et ça ne changera jamais. » Ce n’est pas un état d’esprit très agréable… Ça devient très difficile de demeurer optimiste… Il n’y a personne vraiment pour t’aider. Pendant des années, des gens ont essayé de m’aider, mais je ne m’en rendais pas compte. Je ne pensais pas qu’ils pouvaient vraiment m’aider, mais je me dis maintenant que j’aurais peut-être dû accepter cette aide il y a longtemps. La situation serait peut-être moins grave aujourd’hui.

Je crois que de nombreuses jeunes femmes noires vivant une dépression sont considérées comme étant colériques, agressives et violentes. Si le médecin ne comprend pas pleinement le rôle que jouent la culture et la race dans la façon dont vous vous exprimez, alors il pourra sous-estimer ou passer outre des maladies comme la dépression. Les femmes noires ont beaucoup de difficulté à trouver un médecin qui peut les comprendre.

Les professionnels de la santé occidentaux (…) ne prennent au sérieux que les signes physiques du patient. Si le patient se présente avec un bras cassé, le médecin occidental reconnaît sa douleur ; s’il présente de la fièvre, le médecin observe les autres symptômes afin de poser un diagnostic et traiter le mal. Lorsque je suis allée voir mon médecin, il n’a pas pris en considération mes symptômes, car ils n’étaient pas physiques.

Je crois que beaucoup de femmes ne connaissent pas… les signes de la dépression. C’est seulement bien des années plus tard que j’ai su que j’étais dépressive… Il s’agissait d’une dépression clinique… Je me disais : « Non ! Peut-être que ma tristesse n’est que passagère. »

Comprenez-moi

Une jeune femme peut se faire dire par les membres de sa famille et ses amis qu’elle n’a pas de raison d’être déprimée parce qu’elle « a tout pour elle », « qu’elle est belle et intelligente ». Étant donné les préjugés accolés aux adolescents (que l’on qualifie souvent de « paresseux », « démotivés » et « colériques »), certaines personnes diront que la jeune femme n’est pas dépressive, mais que ses symptômes sont typiques de l’adolescence.

Dans d’autres cas, les sentiments de la jeune femme ne sont pas pris au sérieux. Même les professionnels peuvent avoir de la difficulté à distinguer la dépression clinique des problèmes de développement et d’identité liés à l’adolescence. Les médecins, parents et autres personnes de l’entourage peuvent faire fi des symptômes de dépression, les considérant comme une simple phase ou étape normale de l’adolescence. Cette méconnaissance de la dépression chez les jeunes femmes entrave la capacité de ces dernières à chercher de l’aide.

Les jeunes participantes au projet VALIDITY avaient généralement chacune leur propre définition de la dépression. Les différentes formes et intensités de la dépression la rendent plus difficile à dépister. Les jeunes femmes peuvent exprimer leur dépression par des comportements (évasion dans la consommation d’alcool ou de drogue, rapports sexuels non protégés ou autres comportements risqués, difficulté à avoir des rapports avec les autres, automutilation, difficulté à se concentrer), par des sentiments de tristesse, d’anxiété et de découragement, ou encore par de l’agressivité ou de la colère. Elles peuvent associer leur abattement à des circonstances de leur vie, ou encore se blâmer et croire qu’elles sont laides, grosses, désagréables, impopulaires, etc., ne sachant pas qu’elles sont dépressives. La dépression est d’autant plus difficile à reconnaître quant les femmes cachent leur émotions et ne manifestent ainsi pas les signes « typiques » de la dépression.

Il faut aussi reconnaître que la dépression est une maladie, souvent transmise de façon héréditaire. Une participante a fait remarquer que la dépression n’est pas toujours causée par des facteurs externes. Il arrive que la dépression découle d’un déséquilibre chimique sur lequel le counseling n’aura aucun effet. Comme l’a dit cette jeune femme :

Vous pouvez avoir eu une enfance dorée, une famille aimante et tout le reste et avoir une vie parfaite. Vous sortez avec le plus beau gars de l’équipe de soccer, vous avez les meilleures notes de la classe et tout et tout, mais vous souffrez simplement d’un dérèglement chimique. C’est comme si le bonheur était inatteignable !

La prévalence de la dépression est certes plus élevée chez les jeunes femmes, mais cela n’est pas pour autant une phase normale de l’adolescence. La dépression peut découler d’un événement particulier—comme la mort d’une personne chère—d’un traumatisme ou de mauvais traitements antérieurs ou d’une série de facteurs de stress mineurs ; elle peut aussi résulter de facteurs génétiques. Les jeunes femmes estiment qu’on doit être mieux informé sur les moyens de reconnaître la dépression, sur ses facteurs internes et externes, et sur les façons de la traiter.

Soutenez-moi

Renseignez-vous le plus possible sur la dépression. Il est parfois difficile pour les jeunes femmes de savoir ce qu’est exactement une dépression. Le stéréotype associé à la dépression est celui d’une personne suicidaire qui pleure sans cesse et passe ses journées au lit. En l’absence de ces symptômes, une personne pourrait croire ne pas souffrir de dépression. Il est donc important de se renseigner sur la dépression.

Encouragez les jeunes femmes à parler de ce qu’elles pensent et ressentent. Créez un climat où elles se sentiront à l’aise d’exprimer leurs émotions—même la colère—et de poser des questions. S’il y a des antécédents de dépression dans la famille d’une jeune femme, il est important de discuter de la possibilité qu’elle en souffre elle aussi. N’hésitez pas à demander l’aide d’autres fournisseurs de services. Consultez la section sur les ressources pour en savoir plus sur l’aide disponible. Une intervention précoce est un important facteur de rétablissement.

Voici des sites Web offrant de l’information pour les jeunes qui vivent une dépression ou qui veulent se renseigner sur des questions de santé :

Black Women and Mental Health
http://www.blackwomenshealth.com/Mental_Health.htm

Ce site propose des discussions sur les taux de dépression parmi les Afro-américaines, les facteurs qui contribuent à la dépression chez les Noires, les attitudes en matière de santé mentale, les signes de dépression, les préjugés, les Noires et les professionnels de la santé mentale, le diagnostic des problèmes de santé mentale chez les Noires, l’étude du fonctionnement psychologique chez les Noirs, la prévention et des suggestions aux fins du soutien et du rétablissement.

Center for Young Women’s Health, Children’s Hospital Boston
http://www.youngwomenshealth.org

Ce site vise à éduquer et à habiliter les adolescentes et les jeunes femmes de 12 à 22 ans et offre une foule de renseignements et de services, dont le bulletin Teen Talk, rédigé par des jeunes pour des jeunes, et des discussions directes en ligne animées par des spécialistes de l’hôpital où les jeunes femmes peuvent poser des questions et discuter de leurs préoccupations en matière de santé en toute sécurité.

Families for Depression Awareness
http://www.familyaware.org/resources/options.asp

Cet organisme met en lumière le manque d’information et de soutien pour les proches qui veulent aider une personne dépressive : « Les cliniciens se concentrent sur le patient, pas la famille ni les amis. Par le passé, on considérait la famille comme responsable d’avoir causé la dépression, et c’est encore parfois le cas aujourd’hui. À cause des préjugés accolés à la dépression, bon nombre de familles vivent dans le secret et la peur et sont réticentes à aborder la maladie ouvertement. » Les familles qui parlent de la dépression et qui se renseignent sur la maladie parviennent à faire des changements positifs à long terme dans la dynamique familiale et à augmenter la résilience des enfants.

La dépression chez les adolescents (en anglais)
http://www.teen-depression.info/index.php3

Ce site Web propose de l’information sur la prévention, la détection et le traitement de la dépression chez les adolescents. Il renferme aussi des statistiques et des liens vers d’autres ressources sur la dépression chez les jeunes.

Les ressources suivantes examinent l’importance que revêt le soutien de la famille, des amis, des enseignants et de l’entourage pour la personne souffrant de dépression :

Éducation des élèves sur la toxicomanie et la santé mentale

Document Web d’accompagnement du programme-cadre de l’Ontario avec des plans de leçons prêts à utiliser dans la salle de classe pour les enseignants de la 1re à la 12e année. ( Clic ici pour plus de détails Psychothérapie et médicaments )

Empfield, M., et N. Bakalar. Understanding Teenage Depression: A Guide to Diagnosis, Treatment, and Management, New York, Henry Holt and Company, 2001.

Fassler, D.G., et L.S. Dumas. “Help Me, I’m Sad”: Recognizing, Treating and Preventing Childhood and Adolescent Depression, New York, Penguin Group, 1997.

Graham, P., et C. Hughes. So Young, So Sad, So Listen, London, Gaskell/West London Health Promotion Agency, 1995.

Un livre qui vise à aider les parents, les enseignants, les jeunes et les adolescents à reconnaître et à comprendre la dépression chez les jeunes.

Koplewicz, H.S. More than Moody: Recognizing and Treating Adolescent Depression, New York, G.P. Putnam’s Sons, 2002.

Mondimore, F.M. Adolescent Depression: A Guide for Parents, Baltimore, MD, Johns Hopkins University Press, 2002.

National Alliance for the Mentally Ill (NAMI)
http://www.namiontario.ca

NAMI est un organisme communautaire sans but lucratif qui fournit du soutien et défend les droits des particuliers, des familles et des amis de personnes aux prises avec de graves problèmes de santé mentale, comme la schizophrénie, la dépression majeure, le trouble bipolaire, le trouble obsessivo-compulsif et les troubles anxieux. Il offre le programme d’éducation Family-to-Family, une série de 12 cours gratuits pour les membres de la famille de personnes souffrant de maladie mentale.

Santé Canada. Tous ensemble—Les effets de la dépression et de la maniaco-dépression sur les familles, Ottawa, 1999.

Young Minds. Why Do Young Minds Matter?, Londres, R.-U.
Ce dépliant qui s’adresse aux parents traite des problèmes de santé mentale chez les jeunes et des difficultés qui peuvent survenir, et offre des conseils sur l’éventail des services d’aide.

Young Minds
102 - 108 Clerkenwell Road, Londres, R.-U. EC1M 5SA
Tél. : 020 7336 8445 (du R.-U.)

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