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Homophobie

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Même si les queers ne comptent que pour 10 p. 100 de la population adolescente, selon le ministère américain de la santé, le tiers des suicides chez les jeunes sont commis par les gays et les lesbiennes.

Je me souviens du jour où une conversation entre deux camarades de classe a attiré mon attention. J’étais alors en 4e année du secondaire : « Je ne crois pas qu’on devrait permettre les mariages entre personnes de même sexe ; ce n’est pas bon pour la société. C’est contre nature. C’est dégoûtant. Penses-y, ils vont essayer de nous convertir. » Cette conversation m’a rendue folle de rage et des milliers de questions se bousculaient dans ma tête : Que connais-tu des queers ? Qu’y a-t-il de mal aux mariages gays ? Pourquoi vous tous, hétéros, vous en prenez-vous toujours à nous ?

À l’adolescence, les queers sont souvent l’objet de ridicule, d’intimidation et de raclées. Certains parents chassent même leurs enfants de la maison pour un état qu’ils ne peuvent changer. Il s’agit de situations que bien des hétérosexuels n’auront jamais à vivre. Les hétéros ne ressentent pas le besoin de se renseigner sur l’orientation sexuelle ; les jeunes hétéros n’ont pas à s’interroger sur ce qu’est la vie dans la peau d’un queer ; et surtout, lorsqu’on fait allusion à l’oppression dans la société, on fait rarement cas des gays et des lesbiennes.

Les jeunes queers ne croient pas pouvoir exercer un contrôle sur leur orientation sexuelle. C’est juste quelque chose qui leur arrive. Et étant donné toutes les connotations négatives associées à l’attirance vers une personne de même sexe, c’est une réalité difficile à accepter. Les jeunes gays et lesbiennes doivent souvent vivre avec le déni, la confusion, la dépression et la frustration au cours de leur cheminement pour comprendre leurs propres sentiments « immoraux ».

Comprenez-moi

Accepter le fait d’être lesbienne, bisexuelle, transgenderiste, transsexuelle, bispirituelle, intersexuelle, queer ou en questionnement (LBTTBIQQ) engendre toute une série de défis supplémentaires pour une jeune femme qui est en train de développer son identité. Les normes culturelles et religieuses véhiculées par la famille peuvent créer d’énormes pressions et préoccupations. Qu’elle choisisse de cacher sa sexualité, de minimiser son importance ou d’en parler à sa famille et à ses pairs, la jeune femme aura à en payer le prix sur le plan émotif.

Les jeunes LBTTBIQQ se heurtent à des barrières lorsqu’elles essaient d’exprimer leur sexualité. Créer un environnement qui leur permette d’exprimer leurs préoccupations et de trouver l’acceptation qu’elles se refusent parfois à elles-mêmes est essentiel à leur développement, même si cela n’est certes pas chose facile. La peur des représailles pour avoir affirmé son identité sexuelle et l’effort exigé pour accepter une identité parfois mal vue par certains segments de la société, amis et membres de la famille peut mener à la dépression, à l’anxiété et même au suicide si la jeune femme sent qu’elle n’est pas soutenue, qu’elle est isolée ou qu’on la fuit.

Il ne faut jamais minimiser les répercussions de l’homophobie sur les jeunes femmes. L’intimidation et la peur d’être intimidées ou rejetées peuvent avoir d’énormes contrecoups émotifs chez ces dernières. Certaines se tourneront vers l’alcool ou la drogue comme béquille. Nous savons déjà que le taux de suicide chez les jeunes LGBTTBIQQ est disproportionnellement élevé. Il est donc particulièrement important qu’en tant que fournisseurs de services, vous preniez au sérieux un tel appel à l’aide.

Soutenez-moi

Au début des années 1970, soit il y a à peine une génération de cela, l’homosexualité était classée comme une maladie dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux et criminalisée aux termes du Code criminel du Canada. Trois décennies plus tard, dans le contexte des débats sociaux sur des questions comme le mariage entre personnes de même sexe et le dogme religieux, il n’a jamais été si urgent d’accepter et de comprendre l’homosexualité et de dissiper les préjugés qui y sont accolés.

La première étape en vue d’aborder les répercussions de l’homophobie et d’autres questions concernant la sexualité et l’identité sexuelle est d’établir une relation de confiance ouverte et neutre. En posant des questions ouvertes, vous aidez les jeunes femmes à vous raconter ce qui est important dans leur vie. À mesure que vous les écoutez et que vous développez une relation de confiance, il se peut que certains problèmes, comme l’homophobie, émergent. Laissez savoir aux jeunes femmes que l’homophobie n’est pas tolérée dans votre lieu de travail et que vous leur offrez un endroit sûr où elles peuvent se sentir en sécurité. Voici quelques suggestions pour rendre votre lieu de travail accueillant pour les personnes gaies :

  • Montrez que votre lieu de travail accueille les personnes gaies en mettant des affiches et des photos offrant des images positives de jeunes LGBTTBIQQ ou en affichant un triangle rose ou l’arc-en-ciel de la fierté gaie.
  • Célébrez la Journée ou la Semaine de la fierté gaie dans votre organisation ou faites participer votre organisation aux activités de la fierté gaie dans votre collectivité.
  • Aidez à mettre sur pied des programmes ou des groupes d’entraide spécialement à l’intention des jeunes LGBTTBIQQ.
  • Proposez des brochures sur les programmes et services locaux pour les LGBTTBIQQ dans votre salle d’attente, votre bureau ou le bureau d’orientation de l’école.
  • Renseignez-vous sur ces programmes et services et obtenez les coordonnées de personnes-ressources pour aiguiller les jeunes femmes LBTTBIQQ vers des activités, programmes ou groupes qu’elles pourraient trouver utiles ou agréables, ou vers des personnes avec qui elles pourraient se sentir plus à l’aise de parler.

Voici d’autres ressources qui peuvent vous aider dans votre travail auprès des jeunes femmes LBTTBIQQ :

Barbara, A.M., G. Chaim et F. Doctor. Poser les bonnes questions 2 : Parler avec les clients de leur orientation et de leur identité sexuelles dans les milieux de la santé mentale, du counseling et de la toxicomanie, Toronto, CAMH , 2006.

Les jeunes femmes LBTTBIQQ présentent des facteurs de vie particuliers en rapport avec la toxicomanie et les problèmes de santé mentale, notamment l’affirmation de leur identité sexuelle, la transition de sexe, l’oppression de la société, la perte du soutien de la famille et l’isolement. Pour offrir des services de toxicomanie et de santé mentale efficaces, les fournisseurs doivent êtres conscients de ces facteurs de vie possibles. Cet ouvrage les aide à créer un environnement où toutes les jeunes femmes se sentent à l’aise de parler de leur orientation et de leur identité sexuelles. Il contient des questions d’entrevues qui peuvent aider à engager la discussion durant l’évaluation ou tôt au cours du traitement. Il propose également un formulaire et un guide d’évaluation pouvant être utilisés dans le cadre d’une évaluation standard par un service de toxicomanie, de santé mentale ou autre, des renseignements pour aider les cliniciens à utiliser l’ouvrage, ainsi qu’un glossaire des concepts et des termes.

LGBT Youth Line

1 800 268-9688
http://www.youthline.ca
Il s’agit d’un service d’écoute téléphonique neutre, accueillant et confidentiel fourni aux jeunes par des jeunes et qui affirme de façon positive les expériences et aspirations des jeunes LGBTTBIQQ en Ontario. Les jeunes peuvent obtenir les coordonnées de services d’information, d’aiguillage et d’extension complémentaires. La ligne fonctionne de 16 h à 21 h 30 du dimanche au vendredi, sauf les jours fériés.

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