Écoutez-moi, Comprenez-moi, Soutenez-moi : Ce que veulent nous dire les jeunes femmes sur la dépression
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Écoutez-moi
Parfois, à l’école, dans les niveaux inférieurs, par exemple, on se moque de certains élèves parce qu’ils sont originaires
d’autres pays, qu’ils parlent une autre langue, qu’ils ont de la difficulté à parler français, qu’ils pratiquent une autre
religion, qu’ils s’habillent différemment. S’ils n’ont pas beaucoup d’argent, ils ne peuvent pas suivre les tendances de la
mode… Déjà, les gens commencent à se moquer.
À l’école, les élèves essaient d’avoir l’air « cool ». Comme ils essaient d’impressionner leurs camarades, ils ne se rendent
pas compte du mal qu’ils font aux élèves dont ils se moquent.
J’aimerais que les gens me voient comme je suis, mais parfois je n’ai pas assez confiance en moi, alors c’est difficile. Je
crains que les autres n’aiment pas la personne que je suis réellement. J’ai peur qu’on se moque de moi, alors j’essaie de
dissimuler certaines choses, mais j’aimerais qu’on connaisse ma vraie personnalité au lieu de celle que je me fabrique pour
me protéger.
Pour certaines, le fait d’avoir la bonne paire de jeans ou la dernière coiffure est bien plus important que de connaître qui
remportera les prochaines élections ou le sort de la guerre en Afghanistan. L’école peut s’avérer une période très pénible
si vous ne ressemblez pas au modèle de l’élève populaire. Combien de jeunes filles se lèvent angoissées tous les matins en
pensant à l’école. Certaines s’imaginent que leur vie deviendra soudainement merveilleuse le jour où elles seront acceptées
dans le clan des « cool ». On les invitera aux fêtes branchées, elles auront un « petit ami » sensationnel et leurs problèmes
disparaîtront du jour au lendemain. Devant ce rêve, certaines filles feront n’importe quoi pour être acceptées : elles se
mettront à fumer, à prendre des drogues, à boire de l’alcool et à avoir des relations sexuelles.
Certaines filles se sentent obligées d’avoir des relations sexuelles. Même si elles ne sont pas prêtes, elles s’imaginent
ne pouvoir récolter l’amour d’un garçon que de cette façon. Certaines iront même jusqu’à coucher avec plusieurs garçons, jusqu’à
ce qu’elles en trouvent un qui ne la rejette pas. Et si cette course à l’amour se révèle infructueuse, certaines, se sentant
totalement dévalorisées, en perdront leur estime de soi.
D’autres filles semblent trouver dans la drogue une échappatoire facile à leur manque d’acceptation. Les drogues ne les rejetteront
jamais et ne les laisseront jamais seules. Certaines se servent de la drogue comme moyen de socialisation. Elles pensent que
c’est la seule façon de se faire remarquer. La drogue leur donne confiance en elles en société. Elle les met à l’aise et leur
permet alors d’approcher les gens tout en leur donnant l’illusion de s’amuser.
Et une fois qu’elles deviennent dépendantes de la drogue, elles s’imaginent qu’elles ne sont rien sans elle, que les gens
ne les trouvent amusantes que lorsqu’elles ont pris de la drogue. Une faible estime de soi et la peur d’un autre rejet peuvent
entraîner la dépression chez les filles.
Lorsqu’on se dispute avec un bon ami ou une bande d’amis, ou qu’ un événement nous fait perdre plusieurs copains ou nous fait
découvrir que ceux qu’on croyait être nos meilleurs amis ne le sont pas vraiment, on commence à douter de soi. On peut se
demander pourquoi ils désiraient nous faire souffrir, ou pourquoi ils ne veulent plus être nos amis. Le doute nous ronge,
en particulier si personne d’autre n’est là pour nous soutenir, pour nous dire : « Tu n’as pas besoin de ce type d’amis. »
On se laisse alors de plus en plus envahir par nos problèmes, parfois jusqu’à se sentir passablement déprimé.
De nombreuses filles ont bien du mal à envisager l’avenir au-delà du secondaire. Ces années représentent leur monde et ce
qu’elles vivent est de la plus grande importance. Le besoin immédiat d’acceptation joue un grand rôle dans la façon dont elles
entrevoient leur vie adulte.
Comprenez-moi
À l’adolescence, la plupart des jeunes femmes délaissent les modèles adultes qui pouvaient avoir une influence sur elles et
se tournent davantage vers un groupe de camarades sur lequel elles peuvent modeler leurs tenues vestimentaires, leurs activités
sociales, leurs loisirs et leurs comportements. Les médias exercent également une importante influence en projetant des images
sur l’apparence, les aspirations et les biens de consommation que « devraient » avoir les jeunes femmes. Le sentiment d’appartenance
à un groupe est souvent très important. La pression exercée sur les jeunes femmes pour se conformer au groupe et le rejet
par les camarades peuvent être des situations particulièrement stressantes pour les jeunes femmes qui se sentent différentes
de la majorité de leurs camarades, que ce soit au niveau de la langue, de la race, du statut économique ou autre.
L’adolescence est souvent une période très complexe sur le plan émotif pour les jeunes femmes. Leurs idéaux peuvent entrer
en conflit avec leur réalité. Les attentes religieuses ou culturelles peuvent aussi freiner leurs aspirations. Les jeunes
femmes peuvent se heurter à des attitudes raciales ou homophobiques. Certaines n’ont pas les moyens d’acheter les vêtements
griffés branchés ou les produits jugés essentiels. Cette réalité peut aussi limiter leur accès aux divertissements et à d’autres
occasions d’échanges sociaux qui sont importants à leurs yeux.
Les jeunes femmes peuvent subir le rejet dévastateur du groupe de camarades auquel elles appartenaient ou aspiraient appartenir.
Les jeunes femmes peuvent avoir plusieurs identités, par exemple sur le plan de la culture, de la race, de la langue, de la
sexualité ou de la religion, qui ne concordent pas tout à fait avec l’identité de l’ensemble du groupe. Elles se sentent alors
déchirées entre leur moi véritable et leur besoin d’être acceptées par le groupe. Le fait d’être différentes des autres entraîne
souvent un rejet par les groupes sociaux, et l’on sait que le manque de soutien social est un important facteur de dépression.
Les personnes qui sont déprimées sont souvent enclines à repousser les autres, et elles ont davantage tendance à se sentir
rejetées par leur pairs même lorsque cela n’est pas le cas, ce qui peut aggraver la dépression.
L’adolescence est aussi une période où les jeunes ressentent souvent le besoin d’avoir des relations intimes. Les jeunes femmes
qui se développent physiquement plus tôt que leurs camarades peuvent être considérées comme des êtres sexuels et commencer
à avoir des fréquentations à un plus jeune âge. Une jeune femme qui a une relation intime peut vivre un conflit avec son groupe
de camarades qui se sent délaissé parce qu’elle passe plus de temps avec son ou sa partenaire. Les jeunes femmes ne sont pas
toujours prêtes sur le plan affectif à faire face aux questions complexes que suscite une relation intime, y compris les rapports
sexuels consensuels et protégés, et la contraception. Pour une jeune femme lesbienne, bisexuelle, transgenderiste ou transsexuelle,
ce désir intense d’intimité peut être particulièrement difficile si ses camarades s’attendent à la voir dans une relation
hétérosexuelle. Elle peut se questionner sur son identité sexuelle ou se sentir menacée si elle divulgue son orientation sexuelle
à ses camarades.
La société apprend aux jeunes femmes à adopter des comportements associés à la féminité, comme l’abnégation de soi et la passivité,
et à accorder la plus haute importance au maintien des relations intimes et sociales. La présence de conflits au sein de ces
relations est très difficile à vivre sur le plan affectif. Ne pas se sentir en rapport avec les autres, ne pas exprimer son
mécontentement et tenter constamment de plaire aux autres peuvent tous contribuer à la dépression.
Soutenez-moi
Essayez de comprendre la dynamique et les attentes des groupes avec lesquels les jeunes femmes s’associent, et explorez leur
situation de vie réelle quant à leur identité et à leurs relations intimes par rapport à celle désirée. Il est essentiel d’établir
une relation de confiance pour que les jeunes femmes puissent parler des répercussions de leurs relations avec leurs pairs
sur leur vie. Explorez plus en profondeur les subtilités des amitiés et relations intimes chez les jeunes femmes, surtout
en ce qui a trait aux pressions de se conformer. Créez un climat propice aux discussions sur la dynamique au sein des groupes
et aidez les jeunes femmes à trouver des stratégies pour résoudre les conflits lorsqu’ils surviennent.
Encouragez un dialogue ouvert sur l’école, les amis, la sexualité, la consommation d’alcool et de drogue. Sous un calme apparent
se cachent parfois des eaux troubles. Les jeunes femmes peuvent avoir besoin qu’on leur permette de discuter franchement de
ces questions. Discutez des stratégies positives de communication et de résolution de conflits.
Encouragez les jeunes femmes à parler de leurs aspirations, à verbaliser leurs émotions et leurs pensées, à se fixer des buts
et à avoir des rêves. Relevez les aspects positifs de la vie d’une jeune et demandez-lui de réfléchir à ses forces. Dans les
moments difficiles, cet exercice de réflexion peut lui permettre de se concentrer sur les choses qu’elle maîtrise et d’aller
puiser dans sa force intérieure et les côtés positifs de sa vie plutôt que d’attendre une validation et une acceptation de
l’extérieur.
Lisez les ouvrages et articles récents sur les questions touchant les jeunes femmes. Par exemple, en consultant la page Web
In Honor of Girls: Adolescent Girls and Self-Esteem (http://www.ohsu.edu/library/ref/forgirls.htm), vous trouverez une bibliographie annotée ainsi que de l’information sur des questions liées à l’amitié, à la colère, à
l’image corporelle, à l’identité, à l’estime de soi, à la sexualité, aux relations amoureuses, à la grossesse et aux rituels
féminins.
Consultez également les ouvrages de Lyn Brown :
Brown, L.M. Girlfighting: Betrayal and Rejection Among Girls, New York, New York University Press, 2003.
Consultez www.hardygirlshealthywomen.org/lynresearch.php pour lire certains des travaux de recherche de Lyn Brown :
- From adversaries to allies: A curriculum for change
- Girlfighting: Toward prevention
- Girlfighting: Betrayal, teasing and rejection among girls
- Hardiness zones
- Mean girls: Distinguishing media hype from reality
- Bad girls, bad girls, watcha gonna do?
- The coalition vs. mean girls
Le party virtuel
www.virtual-party.org
Un outil Web éducatif qui donne aux jeunes l’occasion de se renseigner sur l’alcool et la drogue et de faire les bons choix
concernant leur consommation. Une Relation D'aide Saine - Psychothérapie et médicaments pour plus de détails à ce sujet.
