Colére
Écoutez-moi, Comprenez-moi, Soutenez-moi : Ce que veulent nous dire les jeunes femmes sur la dépression
Sur cette page :

Comprenez-moi
Lorsque l’on parle d’émotions qui peuvent éventuellement devenir un risque de dépression ou qui caractérisent une dépression,
on mentionne souvent la tristesse, la peur et l’anxiété. La colère est une autre émotion dont on parle peu en rapport avec
la dépression, mais qu’il est important de souligner. Ce lien n’a été qu’effleuré durant le projet VALIDITY. Toutefois, la
chercheuse canadienne Cheryl van Daalen a récemment mis au jour de nouvelles données sur le rapport de la colère chez les
jeunes femmes qui montrent qu’elle joue un rôle dans la dépression. Durant son étude auprès de 65 jeunes femmes provenant
de divers milieux, Cheryl van Daalen a recueilli des données solides sur la façon dont la colère non exprimée par les jeunes
femmes peut aboutir à une érosion de l’estime de soi et, éventuellement, à une dépression. Qui plus est, même si la colère
est exprimée, elle est souvent passée sous silence, jugée ou ignorée, et la jeune femme peut se retrouver isolée et être la
cible de critiques. Devant une situation où elles ne peuvent pas avoir le dessus, bien des jeunes femmes décident de se taire
pour maintenir la relation. Les émotions sont des messages qui nous indiquent ce qui se passe autour de nous et en notre for
intérieur. La colère est un puissant agent de mobilisation et d’autodéfinition. Toutefois, les jeunes femmes ayant participé
à l’étude de Cheryl van Daalen ont toutes indiqué qu’on ne leur avait jamais posé de questions sur leurs expériences de colère,
et de surcroît, qu’elles n’avaient jamais pu affirmer et normaliser cette colère, ni l’expérience qui l’avait suscitée. Cela
n’est pas surprenant puisque la société enseigne aux filles et aux jeunes femmes à ne pas exprimer leur colère.
Nous devons laisser savoir aux jeunes femmes qu’elles peuvent exprimer leur colère et en parler avec nous, et que le fait
d’exprimer sa colère est bénéfique pour la santé mentale et une bonne qualité de vie. Avant de passer à cette étape toutefois,
il faut leur poser des questions sur leur colère.
Soutenez-moi
Les jeunes femmes ont besoin de voir leur colère affirmée et acceptée plutôt que prise en charge ou catégorisée comme pathologique.
Le moment propice pour aborder la colère, ses origines, les formes qu’elle peut prendre et les raisons pour lesquelles elle
doit être exprimée devrait être fonction de vos interactions avec l’adolescente ou la jeune femme. L’exploration de la colère
d’une façon affirmative est une intervention efficace en soi, mais qui devrait d’abord commencer par soi. Dans son article
intitulé Living as a chameleon: A feminist analysis of young women’s lived experience of anger, Cheryl van Daalen offre une
analyse perspicace de la colère ressentie par les jeunes femmes.
Pour de plus amples renseignements, communiquez avec :
Cheryl van Daalen, inf. aut., Ph.D.
Conseillère spéciale, Coalition canadienne pour le droit des enfants
Professeure, Faculté des sciences infirmières de l’Université York
4700, rue Keele, North York (Ontario) M3J 1P3
Tél. : 416 736-2100, poste 66691
Courriel : cvandaal@yorku.ca
Autres ressources utiles :
Brown, L.M. Raising Their Voices: The Politics of Girls’ Anger, Cambridge, MA, Harvard University Press, 1998.
Visitez le site www.hardygirlshealthywomen.org/lynresearch.php pour consulter les travaux de recherche de Lyn Brown, y compris From adversaries to allies: A curriculum for change, Girlfighting: Toward prevention et Mean girls: Distinguishing media hype
from reality.
