Le fournisseur de soins qui fait preuve de réticence ou de résistance
Extrait de la publication de CAMH : Partie 4 : Questions spéciales - TAPP-C : Manuel clinique pour la prévention et le traitement du comportement incendiaire
chez les jeunes
Partie 4 : Questions spéciales

À titre de clinicien, vous rencontrerez inévitablement des fournisseurs de soins qui soit ne seront pas en mesure de donner
suite aux suggestions faites durant l’intervention comme celles de fouiller la maison pour trouver s’il s’y trouve du matériel
combustible, de restreindre l’accès aux sources de matériel combustible et/ou d’accroître la surveillance de l’enfant, soit
qui seront réticents à le faire. Dans ces cas, il importe de chercher à établir avec le fournisseur de soins les raisons pour
lesquelles il refuse de faire les exercices proposés ou de mettre en œuvre les recommandations qui lui sont faites ou pour
lesquelles il est réticent à le faire.
À titre d’exemple, si le fournisseur de soins est réticent à mettre en œuvre les recommandations qui lui sont faites au sujet
du traitement parce qu’il n’a pas la motivation voulue, trouvez des façons de l’intéresser au traitement et de l’aider à comprendre
l’importance de la sécurité-incendie.
De la même façon, il se peut que certains fournisseurs de soins ne soient pas convaincus de la nécessité d’une intervention
particulière dans le cas de leur enfant ou de leur maison. En discutant ouvertement de la question avec le fournisseur de
soins, vous pourrez peut-être dissiper ainsi tout malentendu qu’il aurait au sujet du comportement incendiaire.
D’autres fournisseurs de soins peuvent avoir l’impression qu’il ne sert à rien d’essayer une intervention parce qu’ils croient
que leur enfant refusera de collaborer ou parce qu’ils n’ont pas les ressources voulues pour répondre à certaines des exigences
du traitement.
Les fournisseurs de soins disent aussi souvent ne pas avoir le temps ou l’énergie voulu(e) pour mettre en œuvre certaines
interventions.
Les parents des enfants qui ont un comportement incendiaire disposent souvent de ressources limitées pour satisfaire aux besoins
de la vie quotidienne et se sentent dépassés par les événements. Le fait de leur demander d’accomplir d’autres tâches ménagères
et parentales (comme celles de vérifier s’il se trouve du matériel combustible dans la maison et d’accroître la surveillance
exercée sur l’enfant) peut souvent pousser à bout un parent déjà surmené. Une partie du travail du clinicien consiste à faire
appel aux ressources internes du fournisseur de soins et à l’aider à avoir accès à des ressources externes qui lui permettront
de mettre en œuvre les interventions nécessaires. Le simple fait de demander au fournisseur de soins s’il connaît quelqu’un
qui peut l’aider à mettre en œuvre les mesures qui lui sont recommandées est souvent le point de départ de l’établissement
avec lui d’un plan de sécurité-incendie.
Il est parfois difficile aux parents qui travaillent d’assurer la surveillance de leur enfant en fin d’après-midi entre le
moment où l’enfant rentre de l’école et celui où ils rentrent du travail. Le clinicien pourrait amener le fournisseur de soins
à rechercher avec lui des solutions à ce problème en lui proposant divers moyens d’assurer la surveillance de l’enfant en
fin d’après-midi. Il pourrait notamment lui suggérer de faire appel à des membres de sa famille élargie, à des amis ou à des
voisins ou d’inscrire son enfant à un groupe qui se réunit après l’école ou à des activités structurées.
Le clinicien peut aussi suggérer au fournisseur de soins de créer dans la maison une aire « sûre » où l’enfant peut jouer
même s’il n’est pas sous la surveillance directe d’un adulte. Il importe que l’aire « sûre » ne contienne pas de matériel
combustible ni aucune autre source de danger pour que le fournisseur de soins puisse s’occuper d’autres tâches à la maison
pendant que l’enfant s’amuse seul.
Le clinicien devra chercher à amener le fournisseur à collaborer avec lui pour comprendre les raisons de sa résistance ou
de sa réticence, pour décomposer le problème ou l’obstacle en éléments gérables et pour trouver une approche permettant d’élaborer
des stratégies en vue de mettre en œuvre les interventions nécessaires.
Outre les avantages directs que présentent les interventions de sécurité-incendie elles-mêmes, le simple fait de mettre en
œuvre ces interventions transmet un important message à l’enfant ou à l’adolescent, à savoir que la famille attache de l’importance
à la sécurité-incendie. Le fournisseur de soins peut aussi de cette façon montrer à l’enfant ce qu’est un comportement favorisant
la sécurité-incendie.
Pour essayer de prévenir les obstacles qui pourraient empêcher la participation du fournisseur de soins (ou de l’enfant) au
programme et pour accroître les chances de succès de la famille, il importe de continuellement demander l’avis du client,
en particulier en ce qui touche sa capacité de pouvoir mettre en œuvre les interventions suggérées. Il est en effet possible
d’adapter en conséquence le traitement recommandé.