Foyers de groupe et établissements résidentiels
Extrait de la publication de CAMH : Partie 4 : Questions spéciales - TAPP-C : Manuel clinique pour la prévention et le traitement du comportement incendiaire
chez les jeunes
Partie 4 : Questions spéciales

Les foyers de groupe et les établissements de traitement résidentiels présentent tant des avantages que des inconvénients
pour ce qui est d’aider les enfants et les adolescents ayant déjà eu un comportement incendiaire à modifier leur comportement.
De nombreux établissements sont en mesure d’exercer un contrôle rigoureux sur le matériel combustible auquel ont accès les
enfants et les adolescents qui y vivent. En outre, ils sont susceptibles d’offrir aux enfants et aux jeunes des activités
positives favorisant la sécurité-incendie. Enfin, ils peuvent intégrer les mesures visant à modifier le comportement incendiaire
à des plans qui visent déjà à modifier d’autres comportements.
Comme les enfants atteints de graves problèmes développementaux sont plus susceptibles d’avoir déjà eu un comportement incendiaire,
il est fort possible que plus d’un enfant ayant ce problème vive dans le même établissement. Ces enfants et ces adolescents
peuvent unir leurs efforts pour échapper aux mesures mises en place pour les amener à cesser leur comportement incendiaire
et peuvent s’encourager les uns les autres. Ils peuvent persister dans leurs croyances et leurs attitudes antisociales liées
au feu et s’unir pour s’opposer aux efforts en vue de les amener à adopter des croyances, des aptitudes et des comportements
favorisant la sécurité-incendie.
À ces difficultés s’ajoute le fait que le personnel de ces établissements est souvent jeune et peu expérimenté et ne possède
pas une grande expérience clinique. Certains membres du personnel peuvent eux-mêmes avoir des croyances et des attitudes inadéquates
au sujet de la sécurité-incendie et des comportements incendiaires. À titre d’exemple, on nous a rapporté le cas d’un employé
de foyer de groupe qui avait montré à un adolescent comment faire exploser des aérosols dans un feu de camp. On a aussi rapporté
le cas d’employés de foyers de groupe qui ne prenaient pas les exercices d’incendie au sérieux, qui fumaient avec les résidents,
qui montraient aux résidents comment faire des tours avec un briquet et qui laissaient le matériel combustible accessible
aux résidents.
Toutes les interventions conçues pour être mises en œuvre dans les résidences familiales peuvent aussi être mises en œuvre
dans les foyers de groupe et les établissements résidentiels. Si l’enfant rend visite à sa famille la fin de semaine ou si
l’enfant doit retourner vivre dans la famille, les interventions devraient aussi être mises en œuvre dans la résidence familiale.
Les pratiques favorisant la sécurité-incendie bénéficieront à tous les enfants vivant dans un établissement et pas seulement
aux enfants ayant un comportement incendiaire.
Le personnel des foyers de groupe devrait suivre une formation mettant l’accent sur l’importance et la mise en œuvre des procédures
de sécurité-incendie. Ces procédures doivent être suivies de façon régulière et être expliquées à chaque nouveau résident
et employé dès leur arrivée dans l’établissement et pas seulement aux enfants et aux adolescents qui ont un comportement incendiaire.
Dans les foyers de groupe, le matériel combustible devrait toujours être rangé sous clé sauf lorsque ce matériel est utilisé
par le personnel ou les résidents sous la surveillance directe du personnel. Cela comprend les cigarettes étant donné que
des cigarettes allumées peuvent servir à allumer d’autres types de matériel combustible.
Les foyers de groupe devraient établir une politique s’appliquant aux employés et aux résidents qui fument et tous les employés
devraient savoir comment mettre en œuvre cette politique. Il convient de retirer les briquets des véhicules utilisés par les
résidents des foyers de groupe.
Il convient aussi d’examiner toutes les responsabilités
et les tâches confiées aux résidents pour s’assurer
qu’on ne leur donne pas accès volontairement ou involontairement à du matériel combustible comme de l’essence pour la tondeuse
ou des produits de nettoyage inflammables.
Les comportements favorisant la sécurité-incendie comme ceux qui consistent à s’assurer que le plan d’évacuation d’urgence
soit affiché et mis en pratique, que les alarmes à incendie fonctionnent et que les sorties ne soient pas obstruées doivent
être intégrés aux tâches courantes et récompensés par des louanges et d’autres mesures de renforcement adéquates.
Les comportements qui sont contraires à la sécurité-incendie comme ceux qui consistent à posséder du matériel combustible
ou à fournir ce matériel à autrui doivent figurer dans les plans de gestion du comportement et faire l’objet de conséquences
appropriées.
Les enfants et les adolescents qui ont déjà allumé des feux ne devraient pas se retrouver seuls entre eux sans surveillance.