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Extrait de la publication de CAMH : Partie 4 : Questions spéciales - TAPP-C : Manuel clinique pour la prévention et le traitement du comportement incendiaire chez les jeunes

Bien que nous ayons fait remarquer que ce manuel convient davantage aux enfants d’âge scolaire, nous avons constaté au fil des ans que les méthodes d’intervention proposées peuvent aussi être utiles et donner d’assez bons résultats avec les adolescents. Divers facteurs doivent cependant être pris en compte lorsqu’on travaille avec des adolescents.

Considérations

Parmi les facteurs cliniques dont il convient de tenir compte lorsqu’on traite avec des adolescents plutôt qu’avec des enfants, mentionnons le fait que les adolescents font preuve d’une plus grande résistance aux interventions, ont un niveau de maturité et un besoin d’indépendance plus grand, font l’objet de moins de surveillance, ont davantage accès au matériel combustible à l’extérieur de la maison, subissent davantage les influences et les pressions de leurs pairs et doivent parfois avoir des allumettes et des briquets parce qu’ils fument.

En outre, il importe de constater que de nombreux adolescents ayant un comportement incendiaire manifestent aussi d’autres comportements antisociaux et ont déjà eu des démêlés avec la justice.

Modifications des interventions

Contrairement aux enfants plus jeunes, les adolescents semblent au départ plus réticents face aux interventions. En prenant les mesures générales suivantes, on peut cependant souvent réduire la réticence initiale d’un adolescent face à la participation au programme et l’inciter à cesser son comportement incendiaire.

  1. S’assurer que l’adolescent comprend que l’intervention n’est pas un châtiment et vise à l’aider à ne plus se mettre dans le pétrin.
  2. Préciser les facteurs qui devraient motiver l’adolescent à cesser son comportement incendiaire.
  3. Veiller à ce que les stratégies d’intervention et les exemples de cas signifient quelque chose pour lui.
  4. Établir une relation de collaboration avec l’adolescent et encourager sa participation et sa contribution au traitement.

Étant donné que la plupart des adolescents jouissent d’une plus grande liberté, font l’objet d’une surveillance moins étroite et ont davantage accès au matériel combustible que les enfants, il est particulièrement important d’essayer de les motiver à modifier leur comportement incendiaire.

Amener un adolescent à participer à son traitement présente certains défis. Lorsqu’il apprend à connaître l’adolescent au début du programme, le clinicien devrait essayer d’établir les facteurs qui motivent le plus l’adolescent. À titre d’exemple, de nombreux adolescents en ont assez de se mettre dans le pétrin en raison de leur comportement et veulent éviter d’avoir à nouveau des démêlés avec la justice. D’autres veulent assurer leur sécurité et celle de leur famille. La première étape, et parfois la plus difficile à franchir avec les adolescents qui ont un comportement incendiaire, est de les amener à comprendre qu’ils pourront peut-être atteindre certains objectifs (comme celui de ne plus se mettre dans le pétrin) s’ils modifient leur comportement incendiaire.

Le clinicien voudra adapter le programme SNAP™ pour pouvoir l’utiliser avec des personnes plus âgées et ayant atteint un niveau de maturité plus élevé. À titre d’exemple, il conviendrait sans doute dans le cas des adolescents d’insister davantage sur la recherche de solutions aux problèmes. Les vignettes hypothétiques présentées aux adolescents pour les amener à s’exercer à régler des problèmes au cours des séances devraient être adaptées à leurs besoins individuels ou à leur expérience de vie.

Les scénarios utilisés peuvent comporter des situations où des pairs exercent des pressions sur l’adolescent pour l’amener à participer à un groupe ayant un comportement incendiaire, et traiter du maniement du matériel combustible à l’extérieur de la maison (p. ex., dans les magasins) et de questions pertinentes dans le cas des adolescents qui fument (p. ex., l’adolescent peut demander à quelqu’un d’allumer sa cigarette ou emprunter un briquet au lieu d’en avoir un lui-même).

Il importe d’encourager les adolescents à suggérer des interventions au cours du traitement et de collaborer avec eux. À titre d’exemple, si un adolescent fait remarquer qu’une intervention n’est pas réaliste ou qu’il n’est pas d’accord avec une recommandation, il importe d’en discuter avec lui.

Les adolescents qui fument se plaignent souvent qu’on leur recommande de ne pas avoir des allumettes ou des briquets sur eux pour allumer leur cigarette. Ils font souvent valoir qu’il s’agit d’une demande excessive et inutile. Une stratégie qui a donné d’assez bons résultats consiste à amener les adolescents à voir comment cette contrainte peut leur être utile. À titre d’exemple, bon nombre de ces adolescents ont dit avoir été blâmés à tort par le passé pour des délits qu’ils n’ont pas commis. Ils comprennent aussi qu’ils sont plus susceptibles d’être soupçonnés d’avoir allumé un feu en raison de leur comportement incendiaire antérieur. Dites-leur que s’ils n’ont jamais sur eux des allumettes ou des briquets (et n’ont pas recours à d’autres matériels combustibles), ils sont moins susceptibles d’être soupçonnés d’avoir allumé d’autres feux dans le quartier.

À titre de clinicien, vous pouvez cependant tenir beaucoup à une recommandation à laquelle l’adolescent continue de s’opposer. Il demeure cependant important que l’adolescent ait un mot à dire sur son traitement et ait l’impression qu’on l’écoute et qu’on le respecte.

Il convient souvent de permettre aux adolescents de participer à certaines pratiques approuvées comportant l’utilisation du feu. Le clinicien devra juger quelle est la surveillance nécessaire dans ce cas. À titre d’exemple, des adolescents peuvent aider à allumer un feu de camp sous la surveillance du fournisseur de soins ou à faire de la cuisine au moyen d’un poêle ou d’un barbecue. Ce genre d’activités comportant l’utilisation du feu devraient être planifiées et approuvées par le fournisseur de soins.

Si une famille compte un adolescent qui a un comportement incendiaire, il importe que le clinicien travaille directement avec l’adolescent pour l’amener à changer son comportement. Il convient cependant aussi de faire participer le fournisseur de soins de l’adolescent à son traitement. Bien que certains fournisseurs de soins disent ne pas pouvoir exercer beaucoup de contrôle sur le comportement de leur adolescent et sur son accès à du matériel combustible à l’extérieur de la maison, ils peuvent tout de même lui transmettre le message expliquant que le comportement incendiaire est un comportement grave et que la famille attache de l’importance à la sécurité-incendie.

En outre, lorsqu’un clinicien travaille avec des fournisseurs de soins qui disent ne pas pouvoir surveiller leur adolescent parce qu’il refuse de se conformer aux attentes parentales (p. ex., rester à la maison ou près de la maison ou communiquer régulièrement avec le fournisseur de soins lorsqu’il est sans surveillance dans la collectivité), il importe de discuter de ce problème avec le fournisseur de soins. Lorsque les fournisseurs de soins disent que l’enfant ou l’adolescent quitte la maison sans permission (ou sans que le fournisseur de soins le sache), cela indique souvent que le fournisseur de soins a besoin d’aide à cet égard. À titre d’exemple, le clinicien peut sans doute obtenir de l’aide des services de probation (s’ils interviennent auprès de l’adolescent), des organismes de protection de l’enfance ou, le cas échéant, de la police locale. De cette façon, on aidera le fournisseur de soins à assurer la sécurité de l’adolescent ainsi que sa surveillance ou à faire en sorte que ses allées et venues soient surveillées par le fournisseur de soins ou par un autre adulte.

Il est particulièrement important de revoir les limites de la confidentialité avec les adolescents au début de chaque séance pour qu’ils comprennent bien que les renseignements qu’ils communiquent au clinicien peuvent être transmis à leur fournisseur de soins.

TAPP-C Manuel clinique

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