Quels sont les éléments de la composante de traitement du TAPP-C?
Extrait de la publication de CAMH : Partie 1 : Le programme - TAPP-C : Manuel clinique pour la prévention et le traitement du comportement incendiaire chez les
jeunes

Le TAPP-C est fondé sur la collaboration établie entre cliniciens, fournisseurs de soins et enfants pour lutter contre le
comportement incendiaire. Le rôle du clinicien est d’aider les fournisseurs de soins et les enfants à concevoir et à mettre
en œuvre leurs propres solutions au comportement incendiaire.
Les programmes visant à aider les parents à gérer les problèmes de comportement de leur enfant ont été conçus pour aider les
parents des enfants ayant des comportements inappropriés à améliorer leur capacité d’intervenir efficacement auprès de leurs
enfants pour les aider à abandonner le comportement inapproprié. Comme pour ces programmes, l’un des objectifs de la composante
de traitement du TAPP-C est d’améliorer la capacité d’intervention des fournisseurs de soins des enfants ayant un comportement
incendiaire, en partie en les aidant à amener ces enfants à adopter un comportement favorisant la sécurité-incendie. En outre,
le TAPP-C traite des pratiques de supervision et de surveillance des parents, des mesures à prendre pour renforcer le comportement
souhaité, des conséquences du comportement inapproprié ainsi que des difficultés futures qui pourraient mener à un comportement
incendiaire.
S’inspirant des programmes de thérapie cognitivo-comportementale (TCC) qui ont été conçus pour les enfants et les adolescents
ayant du mal à contrôler leur impulsivité (p. ex., Earlscourt Child and Family Centre, 2001a; 200lb), la composante d’intervention
du TAPP-C vise également à proposer aux enfants et aux adolescents des stratégies leur permettant de prendre conscience de
leur attirance pour le feu dans le but de la contrôler.
La composante de traitement du TAPP-C repose sur un cadre théorique d’apprentissage social s’appuyant sur les trois principes
suivants :
- L’adoption par les enfants et les adolescents d’un comportement incendiaire est le résultat de l’adoption par eux de comportements
contraires à la sécurité-incendie.
- Le comportement incendiaire est appris.
- Le milieu familial – ou le milieu de rechange – revêt une grande importance pour l’apprentissage de comportements favorisant
la sécurité-incendie.
La composante de traitement du TAPP-C comporte environ cinq séances de 90 minutes destinées aux fournisseurs de soins et cinq
séances de 90 minutes destinées aux enfants. Toutes ces séances comportent un certain nombre d’éléments communs et d’autres
éléments qui leur sont propres.
Dans l’idéal, les séances sont menées simultanément par deux cliniciens qui peuvent intervenir de façon indépendante auprès
de l’enfant et des fournisseurs de soins. Dans ce modèle, chaque séance commence et se termine par une réunion à laquelle
participent tant les fournisseurs de soins que l’enfant et les cliniciens. L’objet de cette réunion conjointe est de favoriser
la coopération des intervenants en examinant avec eux le contenu de base de la séance ainsi que les exercices pratiques à
faire à la maison. Si un seul clinicien est disponible, il est possible de suivre un autre modèle.
Voici le contenu de chaque séance de traitement :
- collecte de renseignements touchant toute nouvelle manifestation du comportement incendiaire depuis la dernière séance;
- examen des renseignements touchant le comportement incendiaire spécifique de l’enfant visé dans le contexte du sujet devant
être abordé au cours de la séance;
- psychoéducation portant sur l’habileté cible devant être acquise pendant la séance;
- mise en pratique au cours de la séance de la nouvelle habileté acquise; et
- explication des exercices à faire à la maison pour développer l’habileté.
L’on a constaté que les stratégies d’intervention mettant l’accent sur la participation active du client étaient plus efficaces
que les autres (Bloomquist et Schnell, 2002; Reid, Patterson et Snyder, 2002). Par conséquent, la composante de traitement
du TAPP-C repose essentiellement sur la participation du client et sur les exercices pratiques. À titre d’exemple, les cliniciens
sont encouragés à amener les participants à se poser des questions judicieuses pour qu’ils puissent établir leurs propres
plans pour lutter contre le comportement incendiaire, cerner les obstacles à la mise en œuvre de ces plans et proposer des
moyens de surmonter ces obstacles.
La composante de traitement du TAPP-C traite des sujets suivants :
- le caractère dangereux du comportement incendiaire;
- l’importance de la sécurité-incendie;
- le rôle de la sécurité-incendie au sein de la famille;
- l’élimination raisonnée de l’accès au matériel combustible et au matériel connexe;
- l’élimination des modèles ne favorisant pas la sécurité-incendie;
- l’explication des situations à risque élevé et des autres facteurs susceptibles de déclencher un comportement incendiaire;
- l’amélioration des pratiques de supervision et de surveillance;
- l’élaboration de réactions de rechange face aux facteurs susceptibles de déclencher un comportement incendiaire;
- la compréhension des conséquences du comportement incendiaire et l’établissement d’un plan de conséquences approprié;
- le moyens d’obtenir le soutien d’autres personnes; et
- la planification de la surveillance à exercer à l’avenir pour anticiper les changements pouvant entraîner une augmentation
des risques.