À qui convient la composante de traitement du TAPP-C?
Extrait de la publication de CAMH : Partie 1 : Le programme - TAPP-C : Manuel clinique pour la prévention et le traitement du comportement incendiaire chez les
jeunes

Le TAPP-C est une thérapie qui s’adresse tant aux fournisseurs de soins des enfants et des adolescents âgés de 2 à 17 ans
qui ont manifesté diverses formes de comportement incendiaire qu’à ces enfants et adolescents eux-mêmes.
Aux fins de ce manuel, le comportement incendiaire est tout comportement non sanctionné ou dangereux qui est lié à la pyromanie
et qui peut prendre la forme de menaces, d’actes planifiés ou d’actes exécutés. Le comportement incendiaire comprend notamment
:
- le fait d’allumer sans permission des allumettes, des briquets ou d’autre matériel combustible et/ou accélérateurs (« jeu
avec des allumettes et/ou des briquets »);
- l’allumage sans permission de papier, de déchets, de feuilles ou de petits objets (« jeu avec le feu »);
- l’allumage intentionnel de feu mettant en cause des objets, des immeubles, des véhicules ou des personnes (« allumage de feu
» ou « incendie criminel » pour lesquels des accusations criminelles ont été portées); et
- la confection de bombes.
Le comportement incendiaire peut se manifester à une seule occasion ou de façon répétée. Il peut être le fait de personnes
ou de groupes de personnes. Il peut être le résultat d’un comportement impulsif, de l’ennui, de la curiosité, de la recherche
d’attention, de la malice ou d’un intérêt pathologique pour le feu.
Les enfants ou les adolescents qui peuvent bénéficier du TAPP-C peuvent vivre avec leur famille, dans des foyers nourriciers,
dans des foyers ou des résidences de groupe ou dans des établissements de détention. Dans chaque contexte, les personnes qui
devraient participer au programme comprennent l’enfant ou l’adolescent, le principal fournisseur de soins de l’enfant ou de
l’adolescent et tout fournisseur de soins que l’enfant ou l’adolescent visite régulièrement comme le parent qui n’en a pas
la garde. Il peut être indiqué dans certains cas de faire participer d’autres membres de la famille au traitement, mais il
s’agit là d’une décision clinique qui doit être prise au cas par cas.
On s’attend à ce que ce manuel soit particulièrement utile aux familles comptant des enfants âgés de 6 à 12 ans et aux cliniciens
qui travaillent avec ces familles. Bien qu’on ait eu recours au TAPP-C dans le cas d’enfants âgés de 2 à 17 ans, ce manuel
met l’accent sur les interventions qui s’adressent à l’incendiaire type, à savoir un enfant âgé de 6 à 12 ans. Il peut être
nécessaire de modifier légèrement ces interventions dans le cas d’enfants plus jeunes ou plus vieux. La section sur les questions spéciales propose certaines modifications.
Le modèle de traitement du TAPP-C qui a été administré dans le cas de l’étude de suivi comportait la participation de deux
cliniciens qui travaillaient de façon conjointe pour aider la famille. Un clinicien intervient principalement auprès de l’enfant
et l’autre, auprès du fournisseur de soins (ou parent).
Comme nous l’indiquions, chaque séance commence par une réunion à laquelle participent les deux cliniciens, l’enfant et le
fournisseur de soins. Au cours de cette réunion conjointe, on examine les exercices pratiques faits à la maison ainsi que
tout obstacle rencontré dans l’élimination du comportement incendiaire. Le parent et l’enfant voient ensuite séparément un
clinicien qui les aide à couvrir le matériel proposé et à faire les exercices d’acquisition d’habiletés. Chaque séance se
termine par une réunion à laquelle participe le fournisseur de soins et l’enfant et qui vise à faire le point sur le contenu
de la séance et à discuter des exercices pratiques à faire à la maison au cours de la semaine.
À l’heure actuelle, ce modèle est le modèle idéal. Il est cependant possible que certains organismes ne puissent pas le suivre
parce qu’ils ne peuvent affecter qu’un seul clinicien aux séances, faute de personnel. Ce manuel a donc été conçu pour pouvoir
être utilisé dans le cas où un seul clinicien anime les séances destinées aux fournisseurs de soins et à l’enfant. Un clinicien
peut aussi voir le fournisseur de soins une semaine et l’enfant la semaine suivante, ou peut donner toutes les séances destinées
aux fournisseurs l’une après l’autre et faire ensuite la même chose pour l’enfant. Nous ne recommandons cependant pas ce dernier
modèle dont l’efficacité n’a pas encore été évaluée.
Il est aussi possible de prévoir des séances collectives dans le cas des fournisseurs de soins. Nous ne recommandons cependant
pas de façon générale des séances collectives dans le cas des enfants ou des adolescents parce que certaines recherches portant
sur les comportements antisociaux donnent à penser que l’administration de traitements de santé mentale à des groupes d’adolescents
manifestant un comportement antisocial peut ne donner aucun résultat ou même aggraver le comportement cible (Dishion, McCord
et Poulin, 1999). D’autres recherches indiquent cependant que les modèles de traitement reposant ur une approche à plusieurs
volets dont l’un est l’administration du traitement à des groupes de préadolescents peuvent donner de bons résultats (Augimeri-Hrynkiw,
Pepler et Goldberg, 1993; Bloomquist et Schnell, 2002; Earlscourt Child and Family Centre, 2001a, 2001b).
Tant que les recherches n’auront pas permis d’établir dans quelles circonstances les interventions collectives auprès d’enfants
et d’adolescents antisociaux peuvent donner de bons résultats, il serait prudent de traiter individuellement les enfants,
et en particulier les adolescents.