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Démence

Quelle approche adopter envers les personnes âgées confrontées à des problèmes de toxicomanie, de santé mentale et de jeu

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En vieillissant, il arrive qu’il soit plus difficile de se rappeler certaines choses, mais ce n’est pas de la démence. La démence est un état du cerveau qui entrave la mémoire et la pensée. Ses effets dépendent de sa cause, des parties du cerveau qui sont touchées et de la gravité ou du stade de la maladie.

La démence rend plus difficile l’exécution de certaines tâches, la socialisation et l’adaptation aux changements et à l’incertitude pour les personnes qui en sont atteintes. Elle peut également causer des changements de l’humeur ou du comportement d’une personne.

Genres de démence

Les différentes formes de démence comprennent entre autres :

  • la maladie d’Alzheimer (66 pour 100 des personnes atteintes de démence)
  • la démence vasculaire causée par un AVC (la deuxième forme de démence la plus courante)
  • la démence du corps de Lewy (de 15 à 20 pour 100 des personnes atteintes de démence)
  • la démence du lobe frontal (de 2 à 5 pour 100 des personnes atteintes de démence)
  • la démence éthylique (provoquée par une consommation excessive d’alcool)

Soin des personnes atteintes de démence

Généralement, les traitements contre la démence n’arrêtent pas les dommages au cerveau et ne les renversent pas, mais ils peuvent parfois en ralentir la progression ou agir sur certains symptômes. Cependant, dans le cas de la démence éthylique, les dommages peuvent être ralentis ou renversés si la consommation d’alcool est réduite.

Les personnes atteintes de démence sont tout aussi susceptibles de vivre chez elles, seules ou avec leur famille, que dans un établissement (Étude sur la santé et le vieillissement au Canada, 1994). Elles se tirent mieux d’affaire lorsqu’elles peuvent :

  • prendre soin d’elles-mêmes autant que possible et aussi longtemps que possible ;
  • continuer de vivre dans le même milieu et de la même façon ;
  • être en contact avec les mêmes personnes ;
  • conserver autant que possible les mêmes habitudes.

Lorsqu’il devient trop difficile pour les personnes atteintes de démence de remplir certaines tâches quotidiennes, comme faire ses courses, faire la cuisine, prendre un bain ou faire les travaux d’entretien ménager, les intervenants et les bénévoles peuvent les aider à rester chez elles plus longtemps. Aux derniers stades de la maladie, bon nombre d’entre elles doivent être admises dans des maisons de soins de longue durée.

Offrir des choix

Qu’elles vivent à la maison ou dans des maisons de soins de longue durée, les personnes âgées ont besoin d’avoir un sentiment d’autonomie et de libre arbitre. Même si elles sont de moins en moins capables de prendre soin d’elles-mêmes, elles souhaitent peut-être continuer à choisir ce qu’elles veulent manger, quels vêtements elles veulent porter ou quelles activités elles veulent faire. Leur donner des choix peut les aider à maintenir leur dignité malgré une maladie pénible.

Lorsque vous leur offrez des choix, n’oubliez pas que certaines personnes atteintes de démence ont de la difficulté à prendre des décisions et que le fait de les presser à faire un choix peut leur causer de l’angoisse et du stress. Si la personne semble incapable de choisir, limitez les choix que vous lui offrez ou aidez-la à faire son choix. Par exemple, vous pourriez dire : « Le poulet est très bon aujourd’hui ; je pense que vous allez l’aimer. » Ou ceci : « Cette chemise vous va bien ; essayons-la. »

Delirium ou démence

Le delirium ressemble parfois à de la démence, mais il en est très différent. La démence se développe habituellement sur une longue période de temps, souvent de nombreuses années. Le delirium est une confusion grave qui se produit rapidement et qui est temporaire. Il peut représenter un danger de mort et requiert une intervention médicale immédiate.

Les signes avant-coureurs du delirium comprennent des changements soudains dans le raisonnement et le comportement d’une personne ou des changements qui vont et viennent pendant une journée. Les causes possibles du delirium comprennent la maladie, une blessure à la tête, la déshydratation ou une réaction à l’alcool ou à certains médicaments comme les anesthésiques utilisés pour une chirurgie.

La démence est-elle courante chez les personnes âgées ?

Les personnes sont plus susceptibles de développer une démence en vieillissant. Selon l’Étude sur la santé et le vieillissement au Canada (1994), la démence touche :

  • 2 pour 100 des Canadiens âgés de 65 à 74 ans,
  • 11 pour 100 des Canadiens âgés de 75 à 84 ans,
  • 35 pour 100 des Canadiens âgés de 85 ans et plus

Signes de démence

Il n’est pas rare d’oublier un nom ou un rendez-vous qui nous revient plus tard à l’esprit. Cependant, lorsqu’une personne est atteinte de démence, elle n’arrive pas à s’en souvenir. Elle peut vous poser une question, écouter attentivement votre réponse puis vous poser de nouveau la même question.

La démence évolue à des rythmes différents selon la personne. Les personnes atteintes de démence présenteront probablement quelques-uns des signes suivants :

  • oublier des rendez-vous, égarer des objets personnels
  • ne pas trouver les mots justes, ne pas reconnaître les objets, ne pas pouvoir remplir des tâches familières
  • répéter des mots ou des expressions
  • s’égarer dans des endroits familiers, ne pas savoir quelle heure il est ou quel jour on est
  • se comporter de manière inappropriée, faire preuve d’un mauvais jugement
  • changer d’humeur, par ex., passer rapidement du rire aux larmes, puis aux cris
  • changer de personnalité, par ex., devenir irritable, méfiant ou craintif
  • avoir un besoin constant d’attention et d’être rassuré
  • avoir de la difficulté à planifier et à résoudre les problèmes
  • montrer une perte d’intérêt à l’égard d’activités jusqu’alors appréciées
  • ne plus avoir envie d’être avec les autres
  • être déprimé

Comment parler à une personne âgée atteinte de démence

Il peut être difficile pour les personnes atteintes de démence de trouver les mots justes pour exprimer ce qu’elles veulent dire et de comprendre ce que vous leur dites. Cependant, elles doivent s’exprimer et interagir avec les autres comme tout le monde. Il leur arrive d’être contrariées. Votre patience et votre compréhension contribuent parfois à atténuer cet état de contrariété.

Lorsque vous parlez à une personne atteinte de démence :

  • parlez d’un ton normal, calme ; manifestez de la chaleur, de la compréhension et du respect ; évitez le langage enfantin et les expressions comme « ma petite madame » ;
  • posez des questions auxquelles on répond simplement par oui ou par non (p. ex., « Avez-vous faim ? » ou « Aimeriez-vous manger quelque chose ? »). Si vous avez besoin de renseignements plus précis, demandez à d’autres personnes, comme des membres de la famille, de vous les donner. Évitez d’accabler les personnes atteintes de démence de questions auxquelles elles ne peuvent pas répondre ;
  • faites preuve de patience et donnez à la personne le temps de répondre ;
  • concentrez-vous sur les points forts et les habiletés (p. ex., « Je vois que vous avez fait de l’exercice ; c’est fantastique de prendre soin de vous comme ça. ») ;
  • expliquez toujours ce que vous êtes sur le point de faire pour la personne (p. ex., « Je suis ici pour vous aider à vous habiller. D’abord, je vais vous aider à défaire les boutons de votre pyjama. ») ;
  • aidez la personne à prendre conscience de l’heure et de la date ainsi que de l’endroit où elle se trouve (p. ex., « Aujourd’hui, c’est mardi. »). Ne leur demandez jamais de vous dire l’heure ou la date ni l’endroit où elles sont ; il est probable qu’elles ne le pourront pas et auront donc un sentiment d’échec ;
  • aidez-les à se souvenir ; demandez-leur de regarder un album photos ou de vous parler de leur enfance ou de leur carrière ; même si vous avez déjà entendu leurs récits, ça leur fait plaisir de vous les raconter de nouveau et ça les aide à bâtir une relation solide ;
  • si elles vous disent quelque chose qui n’est pas vrai, n’argumentez pas (p. ex., si une personne vous dit que sa mère viendra lui rendre visite, alors qu’en fait sa mère est morte, dites : « Parlez-moi de votre mère. ») ;
  • si elles sont obsédées par quelque chose qu’elles ne peuvent pas avoir maintenant, passez à un autre sujet qui porte sur un aspect d’elle que vous connaissez (p. ex., « J’ai vu que votre petite-fille vous a rendu visite aujourd’hui. ») ;
  • si vous devez parler à quelqu’un au sujet d’une personne atteinte de démence en la présence de cette personne, n’oubliez pas qu’elle peut vous entendre et qu’elle comprendra peut-être ce que vous dites.

Comment faire face aux changements de comportement

Agressivité

Les personnes atteintes de démence peuvent devenir agressives lorsqu’elles ont peur ou qu’elles se sentent impuissantes ou menacées. Vérifiez auprès de votre organisme quelles sont les lignes directrices à suivre pour faire face aux comportements agressifs.

Lorsque vous travaillez auprès de personnes connues pour leur agressivité :

  • demandez aux membres de la famille ou à d’autres intervenants si l’agressivité de la personne peut être déclenchée par certaines situations (p. ex., se faire dire de faire certaines choses ou prendre un bain) ;
  • lorsque c’est possible, créez un environnement apaisant et sécurisant dans lequel la personne a un sentiment de contrôle, suffisamment d’espace personnel et n’est pas dérangée par le bruit. Demandez si certains types de musique peuvent contribuer à calmer la personne ;
  • si la personne devient agressive, restez calme et quittez la pièce. N’essayez pas de raisonner ou d’argumenter. Attendez quelques minutes puis revenez, en lui faisant un sourire pour rediriger son attention ;
  • surtout, protégez-vous. Signalez à votre superviseur tout épisoded’agressivité.

Perte des inhibitions

La démence peut altérer le jugement des personnes et leur faire perdre leurs inhibitions. Dans des cas rares, cette perte des inhibitions peut se traduire par des comportements sexuels étranges, comme se déshabiller en public, faire des gestes sexuels ou des attouchements déplacés ou avoir un langage inapproprié. Encore une fois, vérifiez auprès de votre organisme quelles sont les lignes directrices permettant de gérer ces comportements.

N’oubliez pas que ce comportement est causé par la maladie. Évitez autant que possible les réactions excessives. Dissuadez gentiment la personne de se livrer à telle ou telle activité en redirigeant son attention. Par exemple, si un homme âgé se frotte les organes génitaux, essayez de l’amener à faire quelque chose d’autre avec ses mains, comme jouer au ballon ou regarder un album photos. Vous pouvez également essayer d’amener la personne dans un endroit discret. Si vous savez d’avance qu’une personne est susceptible de se comporter de cette façon, essayez de trouver au préalable des façons de rediriger son attention.

Problèmes de communication

À mesure que la démence évolue, les personnes qui en sont atteintes ont de plus en plus de difficulté à communiquer. Vous pouvez les aider à faire du mieux qu’elles peuvent en reconnaissant et en acceptant leurs limites.

  • Dans les premiers stades : les personnes atteintes de démence sont susceptibles d’être conscientes de leur difficulté à trouver les mots justes. Aidez-les à communiquer en leur proposant des mots ou en leur faisant des rappels discrets.
  • Plus tard : les personnes atteintes de démence seront moins conscientes de leurs difficultés, mais elles seront de plus en plus déconcertées et agitées. Aidez-les à trouver les mots seulement lorsque c’est nécessaire. Ne les corrigez pas et n’insistez pas. Utilisez des images ou des objets qui les aideront à se souvenir.
  • Dans les derniers stades : les personnes atteintes de démence seront peutêtre incapables de communiquer avec des mots, mais elles comprendront peut-être encore ce que vous dites. Elles apprécieront peut-être aussi la communication non verbale. Lorsque vous parlez, utilisez des gestes, des expressions faciales et un ton de voix qui contribuent à créer un lien.

Quand demander de l’aide

Si vous croyez que la personne a besoin de plus de soins pour sa démence, parlez-en à votre superviseur. Donnez des exemples qui illustrent les changements que vous avez constatés chez la personne. Quelqu’un devra peut-être rencontrer la personne pour réévaluer la situation.

Quelle approche adopter envers les personnes âgées :

1 La nature du vieillissement

2 Problèmes de toxicomanie, de santé mentale et de jeu chez les personnes âgées

3 Instruments et techniques de communication

Quelle approche adopter envers les personnes âgées

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