Poser les bonnes questions 2 : Question B6 - image corporelle et vieillissement
Avez-vous des problèmes d’image corporelle ? Craignez-vous de vieillir ? Ressentez-vous les pressions relatives à l’image
corporelle et au vieillissement qui existent dans les communautés lesbiennes, gaies, bisexuelles, transsexuelles, transgenderistes,
bispirituelles, intersexuelles et/ou queers (LGBTTTIQ) ?

Pertinence ou intention
L’image corporelle, l’apparence, la jeunesse et la mode peuvent être des problèmes importants pour toutes les personnes LGBTTTIQ.
La culture gaie masculine accorde une grande importance à un corps idéal, mince et musclé, à la jeunesse, à l’apparence et
à la mode. Les stéréotypes de la beauté masculine contribuent à la faible estime de soi et à l’exclusion des gays et des bisexuels
qui ne répondent pas aux critères véhiculés par ces images. Ces facteurs augmentent les risques de troubles de l’alimentation,
de dépression, de faible estime de soi et d’isolement.
Les stéréotypes de la beauté, l’estime de soi et l’apparence constituent également des problèmes importants pour les lesbiennes
et les bisexuelles. Bien que la culture lesbienne soit plus tolérante envers les diverses formes de corps et tailles, les
femmes sont exposées depuis l’enfance aux médias et aux messages de la société qui font l’éloge de la minceur et du charme.
L’image corporelle est donc un sujet important pour les lesbiennes et les bisexuelles.
Les personnes transgenderistes, intersexuelles et transsexuelles ont souvent des rapports conflictuels avec leur corps, étant
donné que leur identité sexuelle ne correspond pas nécessairement à leur sexe biologique. Certaines personnes transsexuelles
éprouvent un immense malaise en raison du décalage qui existe entre ce qu’elles sont et ce qu’elles voudraient être. Par exemple,
un transsexuel masculin peut se sentir trop masculin et souhaiter être plus féminin. Ce malaise peut contribuer à la perte
de l’estime de soi.Même si les transpersonnes n’ont pas toutes le désir de « prétendre », certaines peuvent vouloir ardemment
« prétendre » avec succès être du sexe auquel elles cherchent à appartenir. « Prétendre » peut être plus difficile en raison
des attentes sexuelles restrictives (p. ex., les hommes doivent être musclés). La personne qui a de la difficulté à « prétendre
» sera vulnérable au harcèlement ou aux mauvais traitements, ce qui pourra conduire à la dépression, à l’angoisse, au désespoir
et à un abus d’alcool ou d’autres drogues.
L’image corporelle et l’apparence physique peuvent également être plus problématiques pour les clients ayant un handicap physique
visible ou pour ceux appartenant aux communautés marginalisées qui ne répondent pas aux principaux canons de beauté.
Les personnes âgées sont aussi laissées pour compte au sein de la société en général et des communautés LGBTTTIQ. Notre société
privilégie la jeunesse et tend à supposer que les personnes âgées n’ont pas de sexualité.
Cependant, les personnes âgées LGBTTTIQ ont commencé à se créer une place, en se réunissant pour former des réseaux de soutien
et des services. À Toronto, en Ontario, le 519 Church Street Community Centre constitue un centre de ressources pour les personnes
LGBTTTIQ. Il a mené une évaluation des besoins qui a révélé la nécessité d’opérer de grands changements dans les services
aux personnes âgées, notamment en ce qui concerne les logements pour les personnes LGBTTTIQ, les soins gériatriques et les
activités sociales. Le rapport recommande également des changements au sein des organismes LGBTTTIQ, par exemple l’intégration
des personnes âgées à des postes de direction, des efforts pour la défense de leurs droits et un « changement culturel » dans
la manière dont la communauté voit, reconnaît et honore ses aînés (Harmer, 2000).
Le vieillissement ou les changements de votre corps vous ont-ils déjà inquiété ?
Avez-vous des problèmes d’intégration dans la communauté ?
« Vous devez avoir une vingtaine d’années ; une taille très mince ; être très musclé. Votre pénis doit avoir une certaine
longueur. Et vous devez être jeune… vous devez ressembler à tous ces gays présentés dans les médias qui sont tous jeunes,
minces et fabuleusement beaux. Et ces images, aussi plaisantes qu’elles puissent paraître, sont absolument hors d’atteinte.
Je pense que la communauté gaie souffre autant que les femmes de cette situation. Il existe simplement une intense pression
pour se conformer aux stéréotypes culturels. »
« Pour ma part, je trouve que la communauté gaie est très cruelle envers les personnes de plus de 23 ans. Vous devez avoir
entre 14 et 18 ans pour être aimé, admiré et désiré. Au-delà de 18 ans, vous êtes fini. »
« La scène sociale est presque inaccessible pour de nombreuses personnes souffrant de maladie mentale, parce que le bar est
surtout une scène d’esthétique. Tout tourne autour de l’apparence. Lorsque vous souffrez d’une maladie mentale, il se peut
que vous ayez moins d’argent. Vos vêtements ne sont pas assez chics. Vos médicaments peuvent vous faire grossir et avoir un
effet sédatif sur votre corps. Au sein de cette communauté, particulièrement chez les femmes et les personnes transsexuelles,
certains facteurs économiques rendent plus difficile de posséder les vêtements les plus seyants ou à la dernière mode. Les
personnes qui prennent des médicaments peuvent présenter un excès de poids ou être léthargiques et elles auront certainement
plus de mal à s’intégrer dans cet environnement et à s’y sentir à l’aise parce que tout tourne autour de l’apparence. Donc,
vous êtes écarté de cette scène, parce que vous ne vous y sentez pas à l’aise. C’est encore un endroit de plus où vous ne
pouvez pas aller. »
« L’une des choses difficiles pour les transhommes est qu’ils peuvent avoir 23 ans, commencer à prendre des hormones et paraître
13 ans. Ce phénomène peut ainsi poser tout un ensemble de problèmes où l’âge est très pertinent ; il faut donc aborder cette
question. »
« Tout d’abord, l’affirmation de son identité peut se faire à tout âge. Ensuite, les personnes âgées sont censées ne plus
avoir de sexualité. Elles ne devraient même plus être attirées par le sexe. Lorsqu’une femme âgée commence à parler de sexualité,
elle est souvent complètement et totalement rejetée. C’est un grand problème. »
« J’ai rencontré des clients transsexuels qui se sentent mal à l’aise par rapport à leur sexualité. Ils se sentent également
mal à l’aise si une autre personne ou un partenaire regarde leur corps. Et ils ne sont pas sûrs de se sentir à l’aise avec
le corps de leur partenaire pendant une relation sexuelle. »

Poser les bonnes questions 2