Poser les bonnes questions 2 : Question B3 - parler ouvertement de son orientation ou identité sexuelles
Parlez-vous ouvertement de votre orientation ou identité sexuelles ? Au travail ? À l’école ? À la maison ? Avec de nouvelles
connaissances ?

Pertinence ou intention
Cette question permet de déterminer l’affirmation du client en public en tant que LGBTTTIQ et de définir son niveau d’oppression
intériorisée (à savoir, homophobie, biphobie, transphobie). Lorsque les personnes sont éduquées dans une culture au sein de
laquelle l’hétérosexisme et les attitudes strictes à l’égard du sexe sont très répandus, il est difficile d’éviter une certaine
intériorisation de ces attitudes. L’un des plus importants problèmes de traitement ou de counseling pour les clients LGBTTTIQ
consiste à se libérer de l’oppression intériorisée et de la honte liée à leur orientation ou identité sexuelles.
Parmi les autres dimensions de l’oppression intériorisée, citons :
- les sentiments de malaise ou de gêne liés au fait d’être une personne LGBTTTIQ ;
- l’absence de liens avec les communautés LGBTTTIQ ;
- la morale et les attitudes religieuses négatives à l’égard des personnes LGBTTTIQ ;
- les attitudes négatives à l’égard des autres personnes LGBTTTIQ.
Les thérapeutes et conseillers doivent s’efforcer de bien faire la différence entre l’oppression intériorisée et la crainte
légitime de l’oppression sociale (p. ex., crainte d’être licencié ou de voir son statut d’immigrant compromis en raison de
l’homophobie de la société).
Les thérapeutes et conseillers doivent éviter de valider l’oppression intériorisée. Si possible, ils doivent aider leurs clients
à prendre conscience du problème en résolvant en douceur toute expression de l’oppression intériorisée. Par exemple, si une
cliente leur dit : « Les relations entre lesbiennes ne durent jamais. Les lesbiennes sont si instables. », le thérapeute ou
conseiller peut demander : « Est-ce vrai pour toutes les lesbiennes ? » et souligner les exceptions : « Je connais de nombreuses
lesbiennes qui vivent une relation stable ».
Les thérapeutes et conseillers peuvent avoir un rôle à jouer en encourageant les clients à affronter l’oppression sociale
en s’impliquant dans l’activisme individuel ou collectif. La participation à des groupes communautaires et la lutte active
contre l’homo/bi/transphobie peuvent être utiles pour certains clients.
Voulez-vous que les autres connaissent votre orientation ou identité sexuelles ?
Craignez-vous que les autres découvrent votre orientation ou identité sexuelles ?
Que ressentez-vous en tant que personne ayant affirmé son identité de ________ ?
Les autres savent-ils que vous avez un partenaire de même sexe ou transsexuel ?
Les autres sont-ils au courant de votre transition sexuelle ?
« J’ai eu du mal à accepter ma sexualité. C’est pour cela que j’ai commencé à boire. Cela s’est passé pendant mes études secondaires.
Mon premier verre a été mon premier pas vers l’alcoolisme. En fait, je crois que j’étais un adolescent malheureux à cause
de mon secret. »
« J’essaie toujours de lutter contre mon homophobie intériorisée. À ce moment de ma vie, si je vivais une relation, je serais
gêné à l’idée de marcher dans la rue en tenant un autre homme par la main. Je repousserais vraiment quelqu’un s’il faisait
cela. C’est ce que je ressens au fond de moi. »
« Je travaille dans une entreprise où tout le monde vit une petite vie bien rangée — mariés, avec des enfants, un chien et
tout ce qui va avec. Souvent, mes collègues me demandent pourquoi je ne suis pas mariée et c’est une situation pénible. Je
réponds toujours : Parce que je n’ai pas trouvé ‘l’homme de ma vie’ alors qu’en réalité, je vis une relation avec une femme.
»
« Dans certains milieux, il peut être dangereux, non seulement d’un point de vue émotionnel et intellectuel, mais également
physique, pour une personne de s’afficher queer. »
« Certains clients transsexuels décident de ne pas affirmer leur identité. Le terme qu’ils emploient actuellement est ‘discret’.
Ils choisissent de camoufler leur identité ou de la dévoiler dans certains endroits. Cette situation peut engendrer énormément
d’angoisse et d’anxiété parce qu’ils sont toujours aux aguets. ‘Qui le sait ? Qui va le découvrir ? Qui va aller le raconter
? Vais-je perdre mon travail ?’ Toutes ces questions entraînent un état extrême d’hyper-vigilance. »

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