Poser les bonnes questions 2 : Question B1 - discrimination : homophobie, biphobie, transphobie
Pouvez-vous me parler des problèmes particuliers que vous avez éprouvés suite à une discrimination fondée sur votre orientation
ou identité sexuelles ?

Pertinence ou intention
Les expériences personnelles de discrimination fondée sur l’orientation ou l’identité sexuelles des clients peuvent êtres
liées à leurs problèmes de toxicomanie ou de santé mentale.
Il n’est pas facile pour les personnes LGBTTTIQ d’ignorer les images négatives de la société à leur égard et d’y rester insensibles.
Elles subissent notamment les types de discrimination suivants :
- intimidation, violence verbale, insultes, harcèlement ou injures ;
- rejet et exclusion sociale ;
- voies de fait ou violences physiques ;
- refus de services, d’emploi, de logement ou d’autres possibilités ;
- sentiments de gêne ou de peur manifestés en leur présence.
L’orientation et l’identité sexuelles sont reliées à de nombreuses autres identités telles que la race, l’origine ethnique,
la culture, la religion, le statut d’immigrant et la langue. La discrimination fondée sur l’orientation ou l’identité sexuelles
ne peut pas être dissociée des autres formes d’oppression sociale, comme le racisme, le sexisme, le classisme et la discrimination
fondée sur la capacité physique.
Les clients LGBTTTIQ doivent savoir que vous êtes conscient du contexte d’oppression sociale dans lequel ils évoluent. Ils
peuvent craindre que les fournisseurs de services ne respectent pas ou ne comprennent pas leurs conditions de vie, ne connaissent
pas leurs problèmes ou associent leur identité à une pathologie. Ils peuvent également redouter que les conseillers formulent
des hypothèses stéréotypées sur le lien entre leur orientation ou identité sexuelles et leurs problèmes de toxicomanie ou
de santé mentale.
Les clients transsexuels et transgenderistes qui ont des difficultés à « prétendre » être du sexe auquel ils sont identifiés
sont plus susceptibles de subir de la discrimination. En « prétendant », les clients transsexuels peuvent plus facilement
obtenir et garder un emploi et un logement, et ils sont moins la cible de violences. Les obstacles, notamment financiers,
à la procédure de changement de sexe (p. ex., thérapie hormonale, électrolyse, chirurgie) peuvent rendre difficile de prétendre.
D’autres personnes qui ne se conforment pas aux normes de la société à l’égard de l’identité sexuelle, comme les hommes féminins,
les femmes masculines et les personnes androgynes, sont souvent la cible de discrimination comparativement à ceux et à celles
qui s’y conforment.
Les cliniciens devraient s’interroger sur les façons dont leur propre organisation ou leurs propres pratiques perpétuent une
attitude discriminatoire envers les personnes LGBTTTIQ. Voici quelques exemples courants :
- une personne transgenderiste ou transsexuelle à qui on refuse un traitement hormonal ou une chirurgie en raison de problèmes
de santé mentale ;
- un homme gay, en cure de désintoxication, à qui l’on demande de ne pas se laisser « distraire » par des questions associées
à son identité sexuelle ;
- une transfemme à qui l’on interdit l’usage de salon pour femmes ;
- un membre du personnel qui refuse de traiter une personne LGBTTTIQ parce que c’est contraire à sa religion ;
- un clinicien qui manifeste de la curiosité envers un client bisexuel et lui pose des questions sur ses pratiques sexuelles
qui n’ont rien à voir avec le traitement ;
- un clinicien qui encourage une lesbienne d’apparence masculine à être plus féminine ;
- un membre du personnel qui refuse à un partenaire de même sexe ou à un autre membre de la famille le droit de rendre visite
à un être cher à l’hôpital ;
- le manque de toilettes unisexes.
Pour connaître les ressources Internet sur la discrimination, veuillez consulter la section Ressources.
Comment vivez-vous le fait d’être une personne LGBTTTIQ ?
Avez-vous eu des problèmes parce que des gens n’aimaient pas les personnes LGBTTTIQ ?
Avez-vous déjà dû faire face à des problèmes particuliers en raison de l’homophobie, de la biphobie ou de la transphobie ?
Avez-vous été victime de discrimination au travail, à l’école, dans les services de soins de santé ou dans les services sociaux
?
« J’ai parlé ouvertement de mon homosexualité à mes amis et à ma famille mais pas à mes collègues. De nombreuses plaisanteries
homophobes circulaient au travail. De plus, j’y entendais des propos insultants et je ne pouvais rien dire. Alors, après une
dure journée de travail, j’étouffais mon chagrin en me tournant vers la drogue. Je suis absolument convaincu que l’homophobie
a été largement responsable de ma toxicomanie. Ce n’est pas une excuse, c’est juste un facteur. »
« Lorsque vous êtes seule avec votre drogue, l’homophobie n’est pas un problème. »
« Je pense que l’homophobie et la biphobie expliquent vraiment pourquoi certaines personnes consultent pour des problèmes
de santé mentale. Il est vraiment très important que les gens parviennent à se sentir bien dans leur peau et à préserver cet
état de bien-être, parce que l’homophobie fait partie de ces choses qui précipitent votre déchéance. »
« Il n’y a pas de mal à être gay, lesbienne ou même drag queen. Mais si vous êtes transgenderiste, vous êtes l’être le plus
répugnant qui soit. Les gens apparemment normaux deviennent fous furieux en me voyant. Je suis la pire des provocations pour
le monde entier, pour la religion, pour la définition du rôle homme-femme, pour ce que la société voudrait que je sois. »
« La communauté LGBTTTIQ est déjà marginalisée. Les personnes ayant des problèmes de santé mentale sont elles aussi marginalisées.
Alors, lorsque vous appartenez à ces deux groupes à la fois, cette marginalisation s’accentue encore plus. »
« Mes clients gays me racontent qu’aujourd’hui le fait qu’ils soient gays ou différents est inscrit dans leur dossier. Et
tout le monde leur demande : ‘Et cela te convient d’être gay ?’ Je pense que ce n’est pas tant le fait d’être gay qui pose
problème en premier lieu, mais plutôt l’homophobie ou le fait que les clients soient traités différemment. »
« C’est un problème fondamental. Comment pourrait-il en être autrement ? Ces personnes sont traumatisées par la discrimination
qu’elles subissent, chaque mois, chaque semaine, voire chaque jour. Ce genre de traumatisme répétitif dure probablement depuis
très longtemps. »
Prétendre désigne le fait pour une personne d’apparaître et d’être acceptée dans la société sous le sexe auquel elle s’identifie. Cette
expression peut également désigner le fait de cacher son orientation sexuelle. L’hétérosexisme, c’est tenir pour acquis que toutes les personnes sont ou devraient être hétérosexuelles et que le fait de se définir comme
hétérosexuel et de n’avoir de l’attirance sexuelle ou amoureuse que pour les membres du sexe opposé est bien et acceptable.
Si ces suppositions sont faites inconsciemment, elles sont appelées suppositions par défaut. Par exemple, le fait de demander
à une femme si elle a un mari renforce le sentiment d’invisibilité éprouvé par les personnes lesbiennes, gays et bisexuelles.
Comme les autres formes de discrimination, l’hétérosexisme, l’homophobie, la biphobie et la transphobie sont souvent invisibles et passent inaperçus auprès de ceux qui n’en sont pas les cibles.
Les crimes haineux sont des agressions motivées par la haine éprouvée à l’égard des victimes, en raison de leur race, de leur couleur, de leur
religion, de leur pays d’origine, de leur origine ethnique, de leur sexe, de leur handicap (physique ou mental) ou de leur
orientation sexuelle, qu’il s’agisse d’une réalité ou d’une perception.

Poser les bonnes questions 2