Poser les bonnes questions 2 : Compétences du conseiller
Que puis-je faire si je me sens mal à l’aise à l’idée d’interroger une personne sur son orientation et son identité sexuelles
?
Les démarches suivantes peuvent vous aider à vous sentir plus à l’aise :
- vous instruire (voir la section Ressources) ;
- vous familiariser avec les ressources LGBTTTIQ dans votre localité ;
- vous entraîner à poser les questions de ce guide ;
- organiser un jeu de rôle avec vos collègues ;
- discuter avec des thérapeutes et conseillers ayant une expérience clinique dans ce domaine ;
- réfléchir à votre orientation et à votre identité sexuelles afin d’avoir mieux conscience de vos sentiments et préjugés qui
pourraient favoriser ou entraver le dialogue sur ces sujets avec vos clients. La décision de divulguer votre orientation ou
votre identité sexuelles à vos clients (s’ils ne la connaissent pas encore) peut être abordée de la même manière que la décision
de leur dévoiler d’autres renseignements personnels. Au-delà de votre disposition à en parler, cette démarche sera-t-elle
utile pour votre client et pour la relation de counseling ou pourrait-elle avoir d’autres conséquences ? Les besoins du client
doivent primer sur toutes les autres questions.
Que puis-je faire pour apaiser les inquiétudes des clients à l’idée de discuter de leur orientation et de leur identité sexuelles
?
Évaluez et conseillez les personnes en ce qui a trait à leur orientation et identité sexuelles. Soyez attentif au langage
utilisé par le client pour parler de son identité et de sa vie, et reprenez son vocabulaire le cas échéant.
Lorsque vous vous adressez à des clients transgenderistes ou transsexuels, utilisez le pronom adéquat en vous fondant sur
la manière dont ils définissent leur identité. En cas de doute sur le pronom à utiliser, il est judicieux de demander « Quel
pronom préférez-vous utiliser ? » et de ne pas oublier de l’employer. Si votre langue fourche, excusez-vous auprès du client
et continuez en utilisant son pronom préféré. Pour ces clients, le fait d’être considérés sous le genre qu’ils possèdent aura
une influence immense sur la confiance qu’ils auront à votre égard.
Étoffez vos connaissances de base sur les personnes LGBTTTIQ mais évitez d’utiliser les clients comme source principale. Solliciter
des renseignements supplémentaires pour mieux travailler avec un client est une démarche adéquate. Cependant, les clients
ne sont pas là pour vous apprendre mais pour être aidés.
Prenez garde aux préjugés inconscients ou à votre tendance à porter des jugements. La plupart d’entre nous avons appris malgré
nous à considérer que les personnes LGBTTTIQ ont une maladie.
La plupart d’entre nous avons également été élevés de manière à réfléchir en termes binaires. Prenez garde au modèle d’orientation
ou d’identité sexuelles « soit l’un, soit l’autre » — évitez de structurer vos questions de manière à amener le client à «
choisir ».
Essayez de trouver un juste équilibre entre les extrêmes suivants :
- supposer que le fait d’être LGBTTTIQ est la cause sous-jacente des problèmes de toxicomanie ou de santé mentale ;
- ignorer complètement l’orientation et l’identité sexuelles ;
- faire preuve d’une curiosité excessive à l’égard de l’identité sexuelle d’un client.
N’imposez pas vos valeurs pour dire à un client quand, où et comment il doit affirmer son identité. Il appartient à lui seul
d’analyser tout ce que l’affirmation de son identité sous-entend.
Les conversations et les commentaires hostiles aux personnes LGBTTTIQ ne doivent pas être tolérés dans le milieu de traitement
et du counseling ou dans les thérapies de groupe. Les thérapeutes et conseillers doivent au contraire faire face à ces commentaires
et instaurer une culture de respect de la diversité.
Assurez aux clients que tous les renseignements qu’ils dévoileront resteront confidentiels.
N’étant pas LGBTTTIQ, comment puis-je faire comprendre à un client que j’ai une attitude positive envers les personnes LGBTTTIQ
?
- Utilisez ce guide et créez une atmosphère d’acceptation. Vous pouvez notamment disposer des affiches, des panneaux et des
documents positifs envers les personnes LGBTTTIQ dans l’organisme ou le bureau. Offrez un soutien approprié aux clients qui
explorent leur orientation ou leur identité sexuelles.
- Montrez au client que vous acceptez son orientation ou son identité sexuelles et parlez-lui des politiques antidiscriminatoires
en vigueur dans votre organisme ou service.
- Adoptez une attitude neutre et surveillez votre langage corporel.
« Si une personne utilise le mauvais pronom en me parlant, je ne veux pas savoir pourquoi elle s’est trompée. Cela m’est déjà
arrivé. On me dit ‘Oh, je suis désolé… c’est à cause de tes sourcils, de tes épaules, de ta taille ou de tes hanches’. Ils
vous diront les raisons pour lesquelles vous ne pouvez pas prétendre. Cela suffit. Je ne veux pas savoir pourquoi je ne peux
pas ‘prétendre’ à leurs yeux ou pourquoi l’un de nous ne peut pas ‘prétendre’. J’ai juste besoin d’entendre ‘je m’excuse’.
»
« Ils n’ont pas dit ‘Nous allons être sensibles à l’identité et à l’orientation sexuelles ainsi qu’à la santé mentale’. S’ils
avaient dit cela, j’aurais peut-être su que je pouvais espérer recevoir un soutien si d’autres s’en prenaient à moi. Mais
comme ils ont simplement dit ‘Ah oui, nous voulons offrir un soutien et nous voulons englober tout le monde’, cela signifie-t-il
vraiment que vous n’allez pas penser que je suis un monstre ? »
« Les professionnels ne doivent pas attendre d’avoir un client transgenderiste pour s’informer sur les besoins de ce type
de clientèle. »
« Les employés chargés de l’accueil et de l’évaluation sont désormais plus à l’aise pour poser ce genre de questions. Elles
leur viennent désormais tout naturellement, ce qui n’était pas le cas auparavant. »
« N’est-il pas utile de s’interroger également sur les répercussions du VIH sur les lesbiennes et bisexuelles ? Plus particulièrement
si vous évaluez le niveau de haine de soi et de conflit. De nombreuses femmes qui s’identifient comme lesbiennes entretiennent
des relations sexuelles avec des hommes. »
« Les clients se préoccupent avant tout du jugement que posera son thérapeute en leur avouant leur identité sexuelle. Tout
comme l’absence de traitement approprié une fois qu’ils ont divulgué leur identité sexuelle. Ils craignent d’être pénalisés
d’une manière quelconque par le biais du type de traitement qu’ils recevront. Malgré les progrès réalisés dans les droits
des gays, il y a encore beaucoup de jugements, de haine, d’homophobie et de préjugés. »

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