Revenir à la vie
CAMH Connexions
Hiver 2005-2006
La douleur se lit sur le visage de Paulette Walker, qui décrit les maintes fois où elle a prié Dieu de la soulager de son
besoin de crack - une envie si intense qu’elle lui a fait vivre des situations qui, même aujourd’hui, lui font venir les larmes
aux yeux. On a peine à imaginer que cette femme sûre d’elle et heureuse, avec son sourire de mannequin et son talent de cuisinière
(elle prépare de délicieuses soupes à la cafétéria de l’emplacement de la rue Russell de CAMH), éprouvait une dépendance telle
qu’elle s’est retrouvée dans une fumerie de crack pendant deux semaines, abandonnant son enfant et sa famille pour se droguer.
Pour Paulette, c’était il y a longtemps ; elle n’oubliera jamais ce qu’elle a vécu, et elle s’en inspire pour adopter un mode
de vie plus sain. Aujourd’hui, grâce à l’aide que lui a fournie CAMH par l’entremise du programme du Tribunal de traitement de la toxicomanie - un programme volontaire pour les personnes qui ont une dépendance à la cocaïne et à l’héroïne et qui ont été accusées d’infractions
en matière de drogues - elle ne se considère plus comme une toxicomane mais comme une vraie gagnante. Pendant le programme,
elle a cessé de prendre de la drogue, et elle n’en a pas repris depuis.
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| Paulette Walker |
« Sans le programme du Tribunal de traitement de la toxicomanie, jeserais morte aujourd’hui, affirme Paulette. Si on m’avait
renvoyée enprison, j’aurais purgé ma peine, puis on m’aurait libérée et je seraisretournée tout de suite dans la rue chercher
du crack. Ce programmem’a sauvé la vie. »
Paulette sait qu’il s’agit d’une grande victoire, qui a été reconnue et célébrée à la remise des prix Courage de revenir à
la vie de CAMH, l’an dernier. Ces prix sont décernés à des personnes qui ont surmonté un problème de toxicomanie ou de santé
mentale, et qui mettent à profit ce qu’elles ont vécu pour aider les autres.
Pour Paulette, ce prix ne veut rien dire si elle ne donne rien en retour. C’est pourquoi elle a décidé de raconter son histoire
dans l’espoir d’éviter que d’autres personnes n’aient à subir le même sort. « J’ai raconté mon histoire pour la première fois
aux Nations Unies, puis lors de la campagne de sensibilisation Transformer des vies. Je voudrais que personne ne traverse
ce que j’ai vécu. Si une seule personne cesse de prendre des drogues après avoir entendu mon histoire, alors ça aura valu
la peine. »
Si Paulette s’était vu refuser un traitementjusqu’à ce qu’elle fût prête à s’engager àpratiquer l’abstinence, peut-être que
sonhistoire aurait été bien différente. La démarchefondée sur la réduction des méfaits commenceà l’étape où se trouvent les
clients et les aideà entreprendre un traitement. La rechercheet l’expérience de nombreuses personnes tellesque Paulette témoignent
de l’efficacité decette approche.