Le point sur la réduction des méfaits
CAMH Connexions
Hiver 2005-2006
Dernièrement, les médias ont lancé un débat sur les moyens les plus efficaces de faire face aux problèmes causés par l’alcool
et les autres drogues à Toronto. Ils s’intéressent à cette question depuis l’adoption récente de la stratégie en matière de
drogues par la ville de Toronto, une stratégie élaborée en collaboration avec divers organismes, dont CAMH.
Cette stratégie s’appuie sur une démarche globale et intégrée de lutte contre les problèmes causés par l’alcool et les autres
drogues à Toronto, qui met l’accent sur la prévention, la réduction des méfaits, le traitement et l’exécution de la loi. On
a adopté cette démarche car, selon des études menées au Canada et à l’étranger, c’est en mettant à contribution l’expertise
des secteurs de la santé, des services sociaux, du logement, de l’éducation, de l’emploi et de la justice pénale que l’on
peut parvenir à résoudre le plus efficacement les problèmes complexes causés par l’usage de drogues et leurs répercussions
sur la collectivité.
La stratégie en matière de drogues de Toronto comprend 66 recommandations, dont trois suscitent un intérêt particulier :
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la décriminalisation de la possessionde petites quantités de cannabis ;
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la tenue d’une étude visant à déterminer s’il est souhaitable ou possible d’aménager des lieux de consommation supervisée
de drogues ;
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la distribution de trousses et de cuiseurs sécuritaires pour le crack.
Ces recommandations sont fondées sur une démarche de traitement axée sur la réduction des méfaits, qui vise essentiellement
à réduire le mal causé par l’usage de drogues pour le consommateur, sa famille et la collectivité. Les stratégies de réduction
des méfaits, comme les programmes très réussis d’échange de seringues, visent également à diriger les gens vers le soutien
et les services qui pourront leur faciliter la vie, voire la leur sauver.
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| Dr. Peter Selby |
« Nous devons rejoindre les gens là où ils sont, et non là où ils devraient être », dit le Dr Peter Selby, chef de clinique,
Programmes de traitement de la toxicomanie de CAMH.
« Par définition, la dépendance est l’usage continu d’une drogue en dépit du mal qu’elle fait à la personne sur le plan physique,
psychologique, social, financier ou autre. Fournir des trousses de crack sécuritaires représente une première étape très judicieuse
en vue d’encourager les consommateurs de crack à se faire traiter. Les personnes qui recourent aux programmes d’échange de
seringues et qui fréquentent les piqueries sécuritaires finissent souvent par s’inscrire à des programmes de traitement de
la toxicomanie tels que ceux de CAMH. »
À CAMH, nous avons adopté une démarche de réduction des méfaits fondée sur des stratégies éprouvées dans le monde entier pour
réduire les conséquences néfastes de l’usage de drogues pour la santé et la société. La réduction des méfaits s’appuie sur
le principe selon lequel l’abstinence totale ne représente pas un objectif réaliste pour certaines personnes, surtout à court
terme. Au lieu d’obliger les gens à s’engager à renoncer totalement à toutes les drogues avant de leur offrir un traitement,
CAMH aide les clients à établir des objectifs personnels qui vont de l’abstinence totale à un usage « modéré » de drogues.
« Personne ne commence à prendre une drogue en espérant devenir dépendant, souligne le Dr Selby. Les préjugés de la société
représentent l’un des principaux obstacles que nous devons surmonter lorsque nous traitons les personnes aux prises avec des
problèmes d’alcool ou de drogue ».
« Mon objectif ou mon ambition dans la vie, ce n’était pas de devenir dépendante au crack », dit Paulette Walker, diplômée du programme du Tribunal de traitement de la toxicomanie de CAMH. « À cause de ma situation et de la puissance de cette drogue, j’ai perdu le contrôle de ma consommation. J’en suis
venue à bout grâce à beaucoup d’efforts et de détermination, et je n’en ai pas pris depuis maintenant trois ans. J’ai eu de
la chance. »