Les aidants aidés
CAMH Connexions
Printemps 2006
Travailler au service de soutien téléphonique du Centre McLaughlin peut présenter des défis. Si un appel s’avère particulièrement
délicat, il est important que le bénévole et son coordonnateur, lui aussi bénévole, prennent le temps d’en discuter et de
faire le point. Cela lui permet de refaire le plein d’énergie et de se montrer de nouveau enthousiaste et empathique lors
du prochain appel.
Charles* vient justement de raccrocher après un appel difficile. La personne à l’autre bout du fil souffre d’une dépression
qui affecte entièrement la perception de sa vie. Elle ne se rend pas compte de la grande force déjà affichée pour affronter
sa maladie, jour après jour. Charles le voit bien, car un des membres de sa famille souffre de dépression, et, délicatement,
il a essayé de lui en faire prendre conscience.
Lisa Pont, la coordonnatrice en poste ce jour-là, réconforte Charles en lui disant qu’il a utilisé au mieux ses compétences.
« Tu as manifesté de l’empathie et tu t’es concentré sur ses points forts », lui dit-elle. La discussion se poursuit quelque
peu, puis Charles est de nouveau prêt à composer avec le prochain appel.
Pour Marie*, une autre bénévole, il est frustrant d’être éloignée des interlocuteurs. « On voudrait pouvoir les prendre dans
nos bras à travers le téléphone ! », s’exclame-t-elle.Malgré cela, elle trouve l’expérience positive et gratifiante, surtout
lorsqu’elle répond aux quelques personnes qui rappellent régulièrement. Elle sait alors qu’elle procure une aide qui fait
la différence.
* nom d’emprunt