La consommation de drogues et d’alcool se stabilise, mais celle des analgésiques sur ordonnance est préoccupante
Le plus ancien sondage canadien mené auprès des élèves révèle des surprises concernant les jeunes de l’Ontario
Pour diffusion immédiate – Le 20 novembre 2007 (TORONTO) – Bien que la consommation d’alcool, de cannabis et d’autres drogues chez les adolescents ontariens soit demeurée stable
ou ait diminué, le mauvais usage d’opioïdes sur ordonnance pourrait être une source d’inquiétude. Ces constatations surprenantes
ont été faites dans le cadre du Sondage sur la consommation de drogues et la santé des élèves de l’Ontario 2007 (SCDSEO).
Pour la première fois au Canada, on a recueilli des données détaillées sur l’utilisation d’analgésiques opioïdes sur ordonnance
à des fins non médicales.
Le SCDSEO, dont les résultats ont été rendus publics aujourd’hui par le Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH),
révèle que 21 % des élèves ontariens de la 7e à la 12e année ont pris des analgésiques opioïdes sur ordonnance tels que TYLENOLMD 3 et PercocetMD à des fins non médicales. En outre, près de 72 % des élèves ont déclaré s’être procuré ces médicaments à la maison. Parmi
toutes les drogues étudiées, l’OxyContinMD est la seule dont la consommation à des fins non médicales a affiché une hausse légère mais importante depuis le dernier
sondage (2 % des élèves ont déclaré en avoir pris en 2007, ce qui représente environ 18 100 élèves, comparativement à 1 %
en 2005).
En général, il est encourageant de constater que l’utilisation d’autres drogues n’a pas augmenté. Cela peut s’expliquer en
partie par les initiatives de promotion de la santé qui ont été prises au fil des ans. « Pour l’instant, on ne sait pas pourquoi
l’utilisation d’OxyContinMD a augmenté. Nous devons surveiller la consommation de cette drogue pour déterminer s’il s’agit d’une tendance ou d’un fait
isolé. Toutefois, étant donné que 72 % des élèves qui prennent des médicaments à des fins non médicales ont déclaré se les
être procurés à la maison, il semble qu’il serait approprié d’intervenir auprès des familles », a déclaré Louis Gliksman,
chef de la recherche par intérim à CAMH et porte-parole pour les besoins du sondage.
L’alcool demeure la drogue que privilégient les élèves. Près des deux tiers (61 %) de tous les élèves en prennent. Les excès
occasionnels d’alcool (prendre au moins cinq verres par occasion) demeurent élevés. En effet, environ 26 % des élèves sont
susceptibles de faire de tels excès. Dix-neuf pour cent des élèves ont une consommation d’alcool qui pourrait être dangereuse
(c’est-à-dire que leurs habitudes de consommation d’alcool accroissent le risque de problèmes physiques, psychologiques ou
sociaux). Ce pourcentage n’a pas changé depuis 2005.
Bien que le sondage indique une baisse générale de la consommation de drogues illicites au cours des dix dernières années,
26 % des élèves ont déclaré avoir pris du cannabis au moins une fois pendant la dernière année. Quatorze pour cent de tous
les élèves ont déclaré avoir pris du cannabis au moins six fois au cours de la dernière année. De plus, le pourcentage d’élèves
ayant un permis de conduire qui ont déclaré avoir pris le volant après avoir consommé du cannabis est plus élevé que celui
qui ont déclaré avoir pris le volant après avoir consommé de l’alcool (16 % par rapport à 12 %). Dix-huit pour cent des élèves
ont déclaré avoir été passagers à bord d’un véhicule conduit par une personne ayant pris de la drogue. Ce pourcentage a diminué
depuis le dernier sondage, mais il demeure élevé.
Les données sur l’usage du tabac sont aussi encourageantes. Un faible pourcentage de tous les élèves (5 %) ont déclaré qu’ils
fumaient tous les jours et 72 % ont dit qu’ils n’avaient jamais fumé une cigarette. Le nombre d’élèves qui fument tous les
jours diminue depuis la fin des années 1990. Le pourcentage enregistré en 2007 est le plus faible parmi ceux que l’on a relevés
depuis 1977, année où on a commencé à les suivre. Toutefois, un pourcentage encore important d’élèves (12 %, soit environ
119 900 élèves) fument à l’occasion ou tous les jours.
« Ce sondage indique que, si l’on veut améliorer la santé des jeunes, les mesures prises par les gouvernements pour lutter
contre l’utilisation de substances doivent tenir compte des drogues légales comme l’alcool et les opioïdes sur ordonnance
que prennent les jeunes », a déclaré Gail Czukar, vice-présidente, Politiques, éducation et promotion de la santé à CAMH.
Voici d’autres points saillants du sondage :
- Pour la première fois en 2007, on a posé des questions aux élèves sur leur utilisation d’analgésiques opioïdes sur ordonnance,
de somnifères en vente libre (4 %) et de stramoine (3 %), ainsi que sur leur utilisation, à des fins non médicales, de médicaments
administrés pour le trouble d’hyperactivité avec déficit de l’attention (THADA) (1 %).
- Malgré l’attention accordée récemment à la méthamphétamine (« speed ») et à la méthamphétamine en cristaux, rien n’indique
que l’utilisation de ces drogues est répandue parmi les élèves ontariens. En fait, la consommation de méthamphétamine au cours
de la dernière année a diminué considérablement, passant de 2 % en 2005 à 1 % en 2007.
- Environ 3 % des élèves ont pris du cannabis tous les jours au cours des quatre semaines qui ont précédé le sondage, ce qui
représente environ 27 300 élèves ontariens de la 7e à la 12e année. Environ 3 % des élèves pourraient avoir une dépendance au cannabis, ce qui représente environ 28 700 élèves.
- Environ 15 % des élèves ont déclaré qu’ils avaient pris de l’alcool ou de la drogue à l’école au moins une fois au cours de
la dernière année et un élève sur cinq (21 %) a déclaré qu’on lui avait vendu, donné ou offert de la drogue à l’école.
Réalisé pour la première fois en 1997, le Sondage sur la consommation de drogues et la santé des élèves de l’Ontario (SCDSEO)
effectué par CAMH marque son 30e anniversaire. Il s’agit de la plus ancienne étude canadienne sur la consommation de drogues et l’évolution de cette consommation
menée auprès des adolescents en milieu scolaire. Au cours de l’année scolaire 2006-2007, 6 323 élèves de la 7e à la 12e année ont participé au sondage, qui a été administré par l’Institut de recherche sociale de l’Université York. L’échantillon
représente quelque 1 011 200 élèves ontariens de la 7e à la 12e année.
Pour obtenir de plus amples renseignements ou pour organiser une entrevue, veuillez communiquer avec Michael Torres, Relations
avec les médias, CAMH, au 416 595-6015.
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Le Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH) est le plus grand hôpital d’enseignement dans les domaines de la toxicomanie
et de la santé mentale au Canada, ainsi qu’un des principaux centres de recherche dans ces domaines au monde. CAMH est affilié
à part entière à l’Université de Toronto et est un centre collaborateur de l’Organisation panaméricaine de la santé et de
l’Organisation mondiale de la Santé.
CAMH intègre les soins cliniques, la recherche ainsi que les activités d’éducation, d’élaboration de politiques, de prévention
et de promotion de la santé afin de transformer la vie des personnes touchées par des questions liées à la toxicomanie et
à la santé mentale.