Pour éradiquer la pauvreté, il faut aussi s’attaquer aux problèmes de santé mentale et de dépendance

Le 31 janvier, 2008 (Toronto) - La stratégie du gouvernement de l’Ontario visant à éliminer la pauvreté risque de rater sa cible à moins d’englober toutes les personnes qui ont des problèmes de santé mentale et de dépendance. C’est le message que lance un groupe réunissant des chefs de file de la prestation de services de santé mentale et de lutte contre les dépendances et des clients dans un mémoire prébudgétaire rendu public aujourd’hui.

« Nous constatons avec plaisir que le gouvernement est déterminé à s’attaquer à la pauvreté en Ontario », a déclaré Shawn Lauzon, directeur général de l’Ontario Peer Development Initiative (OPDI). L’OPDI représente des initiatives destinées aux utilisateurs et survivants de programmes de santé mentale et de toxicomanie et aux organismes d’entraide qui œuvrent au sein du système de santé mentale de l’Ontario. « Cependant, toute mesure de lutte contre la pauvreté qui fait abstraction de l’exclusion sociale généralisée des personnes ayant des problèmes de santé mentale et de dépendance sera incomplète », a-t-il ajouté.

On ne peut envisager la pauvreté sans tenir compte d’enjeux comme l’emploi et le logement, selon Gail Czukar, vice-présidente, Politiques, éducation et promotion de la santé, du Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH).

« Près de la moitié des personnes hospitalisées à CAMH vivent de l’aide sociale ou d’une assurance-invalidité et 47 % vivent dans un logement temporaire ou sont des personnes sans abri, précise Mme Czukar. La lutte contre la pauvreté doit être conjuguée à la recherche de solutions aux problèmes de santé mentale. »

Ce mémoire prébudgétaire a été rédigé par un groupe d’organismes de clients et de fournisseurs de services déterminés à renforcer les mesures de soutien destinées aux clients, à leurs familles et aux collectivités touchés par les problèmes de santé mentale et de dépendance que vivent des milliers d’Ontariennes et d’Ontariens chaque année. 

Dans leur mémoire, ces organismes demandent au gouvernement de l’Ontario de renforcer, dans le budget de 2008, les mécanismes de soutien aux personnes qui ont des problèmes de santé mentale et de dépendance. Ainsi, ils recommandent :

  • une hausse des prestations du programme de soutien aux personnes handicapées de la province et leur protection contre l’inflation ;
  • un investissement permettant d’accroître la capacité des programmes de traitement des dépendances, afin de venir en aide aux personnes qui sont aux prises avec des problèmes de toxicomanie et de jeu de hasard et d’argent, qui sont de plus en plus coûteux pour la société ;
  • le renforcement du réseau de services administrés par les clients, dont on a démontré qu’ils réduisent la demande de services de santé plus coûteux ;
  • une aide accrue aux réseaux de familles qui fournissent un soutien essentiel aux personnes ayant des problèmes de santé mentale.

« Bon nombre des personnes qui vivent dans un état de pauvreté chronique ont des problèmes de santé mentale ou de dépendance, ou les deux », a déclaré Catherine Hardman, présidente sortante d’Addictions Ontario. « C’est pour cette raison que des services efficaces et éprouvés de santé mentale et de toxicomanie doivent constituer un élément crucial d’une stratégie de lutte contre la pauvreté. »

Le partenariat comprend les organismes suivants : Addictions Ontario, l’Association canadienne pour la santé mentale (division de l’Ontario), l’Ontario Association of Patient Councils, la Fédération des programmes communautaires de santé mentale et de traitement des toxicomanies de l’Ontario et l’Initiative ontarienne de développement favorisant l’aide entre pairs.

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