Alcool, cannabis et médicaments constituent la plus grande menace pour les adolescents

Le 18 novembre 2009 – TORONTO – Bien que le nombre d’adolescents qui boivent de l’alcool soit moins élevé en 2009 qu’il y a dix ans, les excès occasionnels d’alcool ainsi que la consommation de cannabis et de médicaments sur ordonnance demeurent préoccupants. C’est ce qui ressort du Sondage sur la consommation de drogues et la santé des élèves de l’Ontario (SCDSEO) dont le Centre de toxicomanie et de santé mentale vient de publier les résultats aujourd’hui.

En 2009, 58 % des élèves de la 7e à la 12e année (soit quelque 591 000 élèves de l’Ontario) ont déclaré avoir bu de l’alcool au cours de la dernière année, par rapport à 66 % en 1999, précise le Dr Jürgen Rehm, scientifique principal à CAMH et co-auteur de l’étude. « Comme d’habitude, l’alcool représente la drogue la plus consommée chez les adolescents de l’Ontario, mais on remarque une tendance à la baisse, à long terme, pour des drogues telles que l’alcool et le tabac, ce qui est bon signe, a-t-il déclaré. Cependant, ce n’est pas le cas pour le cannabis. »

Un adolescent ontarien sur quatre est un buveur excessif occasionnel

Environ le quart des élèves (soit quelque 250 000 d’entre eux) a déclaré avoir fait des excès occasionnels d’alcool (c’est-à-dire avoir bu cinq verres ou plus en une occasion) dans les quatre semaines ayant précédé le sondage, selon le Dr Rehm. Une proportion égale de garçons et de filles font de tels excès, mais cette proportion augmente selon l’année d’études, passant de 3 % chez les élèves de 7e année à 49 % chez les élèves de 12e année. Pour un élève sur cinq (quelque 211 000 élèves), la consommation d’alcool pourrait être dangereuse (c’est-à-dire qu’elle accroît le risque de problèmes physiques, psychologiques ou sociaux).

D’une année à l’autre, les taux d’excès occasionnels d’alcool demeurent relativement stables. L’excès occasionnel d’alcool contribue de manière significative aux blessures et aux décès d’adolescents à cause de la conduite en état d’ébriété et d’autres incidents attribuables à l’alcool, selon le Dr Robert Mann, scientifique principal à CAMH et co-auteur du rapport. Le pourcentage d’étudiants du secondaire ayant déclaré avoir pris le volant alors qu’ils étaient en état d’ébriété (12 %, soit environ 34 000 conducteurs) ou après avoir consommé du cannabis (17 %, soit environ 48 000 conducteurs) représente un nombre important de jeunes à risque, sans compter le nombre encore plus élevé d’élèves qui ont déclaré avoir été passagers dans un véhicule conduit par une personne qui avait bu (23 %, soit environ 219 000 élèves) ou consommé des drogues (18 %, environ 185 000 élèves). Un élève sur dix a déclaré avoir été blessé ou avoir blessé quelqu’un au cours de la dernière année à cause de sa propre consommation d’alcool.

« Il est dangereux de faire preuve de complaisance en disant “il faut que jeunesse se passe”, a déclaré le Dr Rehm. La recherche démontre clairement que plus une
personne commence jeune à consommer de l’alcool ou des drogues, plus elle risque de devenir dépendante une fois adulte. »

Un petit tour dans l’armoire à pharmacie

Pour le Dr Rehm, la consommation à des fins non médicales d’analgésiques opioïdes comme le TylenolMD No 3, le PercocetMD ou l’OxyContinMD demeure préoccupante, en particulier chez les jeunes filles. Une adolescente sur cinq a déclaré consommer des analgésiques opioïdes sans ordonnance. La plupart des consommatrices ont dit s’être procuré leur médicament à la maison. « Il est fort probable que les adolescents obtiennent les opioïdes vendus sur ordonnance en fouillant dans l’armoire à pharmacie et en prenant n’importe quel analgésique sur ordonnance qui leur tombe sous la main », a ajouté le Dr Rehm.

Autres drogues

Tandis que l’étude montre une baisse de la consommation de nombreuses drogues illicites au cours de la dernière décennie, l’utilisation de cannabis demeure stable. Le quart des élèves de l’Ontario (soit environ 261 000) a affirmé avoir consommé du cannabis au moins une fois pendant la dernière année, cette proportion augmentant considérablement en fonction de l’année d’études pour atteindre presque 50 % chez les élèves de 12e année. Environ 3 % des élèves (soit 29 000) pourraient avoir une dépendance au cannabis.

En dépit des baisses à long terme, le tabagisme chez les élèves demeure préoccupant, en raison des conséquences qu’il peut avoir sur la santé, plus tard dans la vie. Douze pour cent des élèves (quelque 119 000) ont déclaré fumer des cigarettes à l’occasion ou tous les jours. Un peu plus de la moitié des fumeurs ont dit avoir fumé des cigarettes de contrebande pendant la dernière année.

Les chercheurs ont également constaté que 42 % de tous les élèves (soit environ 409 000) ont déclaré avoir consommé à des fins non médicales d’autres drogues que l’alcool ou le tabac, notamment des drogues illicites et des médicaments sur ordonnance et en vente libre. Cette proportion augmente selon l’année d’études et atteint 55 % en 12e année.

Voici d’autres points saillants du sondage:

  • Pour la première fois, le sondage de 2009 demandait aux élèves s’ils avaient consommé des médicaments contre la toux et le rhume en vente libre, et 7 % (représentant quelque 70 000 élèves) ont déclaré en avoir consommé pendant la dernière année dans le but d’éprouver un état d’extase. De nouvelles données sur la prise de Salvia divinorum, une plante légale ayant des propriétés hallucinogènes, révèlent que 4 % des élèves (environ 42 000) avaient consommé cette drogue au cours de la dernière année.
  • Malgré l’attention médiatique accordée aux méthamphétamines, rien ne prouve que la consommation de ces drogues soit répandue chez les élèves. Par ailleurs, la proportion d’élèves qui prennent d’autres drogues de rue comme le crack et l’héroïne est extrêmement faible.
  • Seize pour cent des élèves (environ 152 000) ont déclaré avoir été sous l’empire de l’alcool ou de drogues à l’école au moins une fois au cours de la dernière année, et 23 % (environ 219 000) ont dit qu’on leur avait offert, vendu ou donné une drogue à l’école pendant la même période.

« Cette édition du Sondage sur la consommation de drogues et la santé des élèves de l’Ontario est un signal d’alarme lancé à tous les ordres de gouvernement pour qu’ils orientent leurs efforts de prévention vers les drogues légales comme l’alcool et les opioïdes vendus sur ordonnance », a affirmé Gail Czukar, vice-présidente à la direction, Politique, éducation et promotion de la santé.

Le Sondage sur la consommation de drogues et la santé des élèves de l’Ontario (SCDSEO) effectué par CAMH représente la plus ancienne étude canadienne menée auprès des adolescents en milieu scolaire sur la consommation de drogues et d’autres comportements liés à la santé ainsi que sur les changements survenus depuis 1977. Au cours de l’année scolaire 2008-2009, 9 112 élèves de la 7e à la 12e année provenant de 47 conseils scolaires, 181 écoles et 573 classes ont participé au sondage, qui a été administré par l’Institut de recherche sociale de l’Université York. L’échantillon représente quelque 1 023 900 élèves ontariens de la 7e à la 12e année.

Pour prendre connaissance du résumé ou du rapport complet, visitez : http://www.camh.net/research/osdus.html

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Le Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH) est le plus grand hôpital d’enseignement dans les domaines de la toxicomanie et de la santé mentale au Canada, ainsi qu’un des principaux centres de recherche dans ces domaines au monde. CAMH intègre les soins cliniques, la recherche ainsi que les activités d’éducation, d’élaboration de politiques, de prévention et de promotion de la santé afin de transformer la vie des personnes touchées par des questions liées à la toxicomanie et à la santé mentale.

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