Inauguration de l’exposition de photographies Voices from the Wall

D’anciens patients de CAMH font entendre leur voix

Les vestiges du mur historique qui entoure l’emplacement de CAMH situé sur la rue Queen racontent de nombreuses histoires par l’entremise des mots inscrits sur les briques.

Tom Lackey a photographié les mots et les images gravés sur le mur par d’anciens clients et patients qui autrefois ont habité à l’intérieur de ces murs qui existent depuis plus de 150 ans.

Pendant trois ans, M. Lackey a méticuleusement photographié chaque brique. Certaines de ces photos ont été présentées lors de l’exposition intitulée Voices from the Wall qui a eu lieu à la galerie Lennox du 25 au 28 octobre.

Les mots « Mind Fatigue » (fatigue de l’esprit) gravés sur une brique du mur historique de CAMH.

 « Tout a commencé quand on m’a demandé de prendre une photographie du mur. En y regardant de plus près, j’ai constaté qu’il s’agissait en fait d’une vaste toile d’inscriptions, dont certaines sont tout à fait énigmatiques », a déclaré M. Lackey au National Post.

Des patients de ce qu’on appelait à l’époque l’asile provincial ont commencé à construire le mur en 1860. À l’origine, le mur mesurait 1 500 mètres de long et entourait l’emplacement de 20 hectares. À cette époque, le travail effectué par les patients était appelé « thérapie par le travail » ou « thérapie morale ». Toutefois, au fil des ans, ce travail qui se disait thérapeutique est devenu un travail non rémunéré qui permettait au gouvernement provincial de l’époque de réaliser des économies.

Aujourd’hui, les vestiges du mur sont un monument historique à la mémoire de tous les patients de l’établissement psychiatrique qui ont vécu, qui ont travaillé et qui sont morts à cet endroit depuis 1850. Pour leur rendre hommage, on restaure le mur dans le cadre du projet de réaménagement de l’emplacement de la rue Queen, qui transformera CAMH en un hôpital digne du XXIe siècle.

Le Dr Paul Garfinkel prend la parole lors de l’inauguration de l’exposition Voices from the Wall.

Lors de l’inauguration de l’exposition, le Dr Paul Garfinkel, président-directeur général de CAMH, a déclaré : « pour le simple observateur, le mur entourant l’emplacement rappelle de mauvais souvenirs. Pour la plupart des gens, un mur représente une barrière, un besoin de se protéger. Bien des gens seraient surpris d’apprendre que ce mur symbolise maintenant l’espoir ainsi que le vaste potentiel et l’ingéniosité de personnes que la société avaient jugées irrécupérables ».

Il y a plus de 260 inscriptions sur le mur. Elles témoignent de la vie des patients à l’aide de dates, de symboles, de chiffres, de noms et de phrases gravés sur des briques au fil des décennies. Ensemble, les images et les phrases telles que « Mind Fatigue », « Old Summers » et « it’s a casual madness » forment ce qu’on appelle un calligramme. La phrase « They killed me » (ils m’ont tué) est gravée sur une brique tandis que d’autres briques sont marquées d’un X ou de signes du zodiaque.

« En examinant de près les vestiges du mur, on constate qu’il s’agit non seulement d’une belle structure, mais aussi d’un manuscrit riche d’émotions », de dire le Dr Garfinkel.

Father and toddler outside house