Consommation excessive d'alcool et niveau élevé de stress parmi les étudiants universitaires - Enquête sur les campus canadiens

Pour diffusion immédiate : 13 septembre 2005 (Toronto) - Le pourcentage de fumeurs de cigarettes parmi les étudiants universitaires est en baisse. Cependant, le taux de consommation excessive occasionnelle d'alcool et de détresse psychologique reste élevé selon les conclusions de l'Enquête sur les campus canadiens 2004, publiée par le Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH).

L'enquête de 2004 révèle que les taux de tabagisme et l'usage d'hallucinogènes ont baissé depuis la dernière enquête, en 1998 (de 4 % et 3 % respectivement). Néanmoins, alors que ces comportements ont accusé une baisse, les conclusions montrent également que certaines tendances problématiques persistent. Selon l'enquête, 32 % des étudiants de premier cycle déclarent boire de façon dangereuse. Bien que ce taux n'ait pas augmenté depuis la dernière enquête, ces chiffres restent élevés et ne révèlent qu'un aspect de la situation. Des conséquences telles que les dangers liés à la consommation d'alcool étaient manifestes, 10 % des personnes interrogées ayant signalé une agression liée à la consommation d'alcool, 9,8 % un harcèlement sexuel et 14,1 % des relations sexuelles non planifiées. Selon le Dr Adlaf, chercheur à CAMH et professeur agrégé au Département des sciences de la santé publique et de psychiatrie à l'Université de Toronto, qui a entrepris l'étude en collaboration avec des collègues de tout le Canada, les cas de problèmes liés à la consommation d'alcool ne sont pas triviaux. En fait, les 10 % des étudiants qui les signalent représentent environ 64 000 étudiants.

Une autre conclusion troublante de l'enquête porte sur la santé mentale des étudiants canadiens. Le pourcentage d'étudiants qui déclarent souffrir de stress psychologique reste élevé, soit 30 %. Les indicateurs de l'enquête révèlent que les répondants ont mentionné qu'ils avaient du mal à dormir, qu'ils étaient constamment stressés et qu'ils se sentaient malheureux et déprimés.

Ces sentiments risquent d'avoir des conséquences négatives sur la santé et le succès scolaire des étudiants. Selon la co-enquêtrice, la Dre Andrée Demers, professeure au Département de sociologie de l'Université de Montréal, les étudiants qui vivent dans ces conditions ont tendance à manquer de pouvoir de concentration, à s'absenter et à décrocher avant d'obtenir leur diplôme. Par ailleurs, le taux de détresse psychologique était plus élevé chez les femmes que chez les hommes (33,5 % comparé à 23,9 %).

Voici d'autres conclusions de l'enquête : 

  • 31,6 % des étudiants de premier cycle ont signalé au moins un indicateur d'accoutumance à l'alcool, comme le fait d'être incapable de s'arrêter de boire, le fait de ne pas pouvoir accomplir les activités quotidiennes normales ou le fait d'avoir besoin de prendre un verre en se levant le matin.
  • La drogue illicite la plus fréquemment consommée était le cannabis, utilisé par 51,4 % des étudiants au cours de leur vie, par 32,1 % au cours des 12 derniers mois, et  par 16,7 % au cours des 30 jours précédant l'enquête.
  • Parmi les étudiants de premier cycle, 61,5 % avaient parié de l'argent ou dépensé de l'argent pour au moins une activité liée au jeu, depuis le début de l'année universitaire.

Les résultats de l'enquête révèlent que les universités elles-mêmes jouent peut-être un rôle dans le comportement des étudiants. Un quart des étudiants interrogés ont mentionné qu'ils avaient profité de prix promotionnels dans les bars du campus et estiment que les politiques en matière de consommation d'alcool sur le campus ne sont pas appliquées.

Selon le co-enquêteur, le Dr Louis Gliksman, directeur du Service de la recherche sociale, préventive et en politiques de la santé à CAMH et professeur de psychologie à l'Université Western Ontario, les universités doivent assumer un rôle plus important face à la présence d'alcool sur leurs campus. Bien que nous sachions que certaines universités interdisent l'alcool dans les résidences et que nombre d'entre elles ont commencé à instaurer des " semaines d'initiation sans alcool ", les chiffres montrent que les universités et les collectivités auxquelles elles appartiennent doivent adopter d'autres mesures.

Pour cette Enquête sur les campus canadiens, on a interrogé 6 282 étudiants à plein temps de 40 universités dans tout le Canada. Financée par les Instituts de recherche en santé du Canada, l'enquête vise à comprendre les déterminants sociaux et environnementaux de la consommation dangereuse d'alcool, de la consommation de drogues et du bien-être psychologique des étudiants.

Le Centre de toxicomanie et de santé mentale est un Centre collaborateur de l'Organisation panaméricaine de la santé et de l'Organisation mondiale de la Santé et un hôpital d'enseignement affilié à part entière à l'Université de Toronto.     

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Pour de plus amples renseignements ou pour organiser une entrevue avec les enquêteurs, veuillez vous adresser à Michael Torres, Relations avec les médias, CAMH, au 416 595-6015.

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