La stratégie de lutte contre la drogue du Canada reçoit un accueil mitigé

Le 4 octobre 2007 (Toronto) - La nouvelle stratégie de lutte contre la drogue du Canada reçoit un accueil mitigé de la part des chercheurs et cliniciens du Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH), qui est le plus important organisme œuvrant dans ces domaines au Canada.

« Nous nous réjouissons que le gouvernement reconnaisse la gravité de la consommation de drogues au Canada », a affirmé le DLouis Gliksman, chef de la recherche à CAMH et spécialiste de réputation internationale en matière de toxicomanie. « Le ministre s’est engagé à accroître les ressources pour les initiatives de prévention et de traitement de la toxicomanie au pays. Il s’agit là d’une mesure importante qui favorisera la santé et améliorera l’accès aux traitements actuellement trop peu nombreux pour les personnes aux prises avec un problème de dépendance à la drogue. »

Toutefois, l’importance accrue qu’accorde le gouvernement fédéral aux mesures d’application de la loi ignore un élément critique des problèmes liés à la consommation de drogues au Canada : la grande majorité des conséquences nuisibles de cette consommation pour la santé et la société découle de l’usage de drogues légales.

« L’annonce faite par le ministre aujourd’hui met l’accent sur les mesures coercitives contre des drogues hautement médiatisées qui sont illégalement produites ou introduites au Canada. Même si cette approche était efficace, en quoi aide-t-elle la société à faire face aux conséquences encore plus coûteuses et néfastes de l’alcool, une substance produite légalement, vendue légalement aux adultes et largement disponible ?, a demandé le Dr Gliksman. En quoi aide-t-elle à faire face aux conséquences des médicaments, qui sont des drogues légalement produites mais parfois utilisées à d’autres fins? »

Le coût social de la consommation d’alcool pour les Canadiennes et Canadiens a été récemment estimé à 14,6 milliards de dollars, soit presque le double de celui de 8,2 milliards de dollars lié à l’usage des drogues illégales.

Les chercheurs et cliniciens s’inquiètent également du manque de soutien apparent du gouvernement fédéral envers les stratégies de réduction des méfaits. Ces stratégies visent à réduire les conséquences néfastes qu’entraîne l’usage de drogues chez les particuliers et la collectivité sans exiger l’abstinence. Les programmes de réduction des méfaits fondés sur des données scientifiques, tels que l’échange des seringues, se sont révélés des outils importants pour joindre les populations qui font usage de drogues. Ces programmes améliorent la santé des usagers et les incitent à se faire traiter, ce qui a des retombées positives pour l’ensemble de la collectivité. En outre, les pays européens qui ont adopté des programmes explicites de réduction des méfaits n’ont pas constaté que cela menait à une plus grande acceptation de la consommation de drogues illicites.

« Vu l’ampleur du problème de consommation de drogues, le gouvernement fédéral devrait donner aux collectivités tous les outils dont elles ont besoin pour s’y attaquer », a déclaré le Dr Gliksman.

Pour de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec Michael Torres, Relations avec les médias, CAMH, au 416-595-6015.

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Le Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH) est le plus grand hôpital d’enseignement dans les domaines de la toxicomanie et de la santé mentale au Canada. CAMH intègre les soins cliniques, la recherche scientifique ainsi que les activités d’éducation, d’élaboration de politiques et de promotion de la santé afin de transformer la vie des personnes touchées par des questions liées à la toxicomanie et à la santé mentale.

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