L’alcool et le cancer : l’alcool va-t-il devenir comme la cigarette?
La réduction de la consommation d’alcool liée à la baisse des taux de cancer
Le 26 septembre 2007 (Toronto) - Des chercheurs du Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH) ont clarifié le lien qui existe entre la consommation
d’alcool et le risque de cancers du cou et de l’œsophage en montrant que les personnes qui cessent de boire peuvent réduire
de façon significative leur risque de cancer.
Selon le chercheur principal de CAMH, le Dr Jürgen Rehm, les recherches actuelles démontrent invariablement un lien entre la consommation d’alcool et la hausse du risque
de cancers de l’œsophage, du larynx et de la cavité buccale.Le Dr Rehm et son équipe ont examiné la documentation épidémiologique de 1966 à 2006 pour approfondir cette association et leurs
résultats, publiés dans le numéro de septembre de l’International Journal of Cancer, qui démontrent que :
- Le risque de cancer de l’œsophage était presque deux fois plus grand au cours des deux premières années qui suivaient l’abandon
de l’alcool, une forte hausse qui pourrait résulter du fait que certaines personnes s’arrêtaient de boire seulement parce
qu’elles avaient déjà ressenti les symptômes de la maladie. Cependant, plus tard, ce risque diminuait rapidement et de façon
significative à la suite de périodes d’abstention prolongées.
- Ce n’est qu’après 10 ans d’abandon de l’alcool que le risque de cancers de la tête et du cou diminue de façon significative.
- Ce n’est qu’après plus de vingt ans d’abandon de l’alcool que le risque des deux formes de cancer redevient le même que chez
les personnes qui n’ont jamais bu d’alcool.
Ces résultats ont d’importantes répercussions sur l’élaboration de politiques et de stratégies de prévention concernant l’alcool,
en particulier pour les personnes issues de familles ayant des antécédents de cancer.
Selon les propos du Dr Rehm « l’abandon d’alcool a les mêmes effets sur le risque de cancers de la tête et du cou que l’abandon du tabac a sur le
cancer du poumon. Il faut deux décennies avant que le taux de risque redevienne le même que celui des personnes qui n’ont
jamais bu ni fumé. »
L’alcool est la « drogue de prédilection » des Canadiens ; 60 pour cent des Ontariens d’âge adulte consomment de l’alcool
au moins tous les mois. Ce que l’abus d’alcool coûte à la société, directement ou indirectement, est considérable : 5,3 milliards
de dollars rien qu’en Ontario, un montant qui se place juste après celui du fardeau social du tabagisme. Ce fardeau tient
compte des effets cardioprotecteurs
de l’alcool, qui, contrairement au lien entre alcool et le cancer, ont retenu l’attention du public.
Le Dr Rehm fait remarquer que d’autres recherches sur les effets de l’alcool sur d’autres formes de cancer sont nécessaires – en
particulier sur les cancers du sein, du foie et du colon pour lesquels le Centre international de Recherche sur le Cancer
l’alcool a été également classifié comme étant cancérogène – et sur les effets des différents types d’alcool, les habitudes
de consommation ainsi que sur les effets conjugués de l’abandon du tabac et de l’alcool sur le risque de cancer.
Pour de plus amples renseignements ou pour organiser une entrevue, veuillez communiquer avec Michael Torres, Relations avec
les médias, CAMH, au 416 595-6015.
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Le Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH) est le plus grand hôpital d’enseignement dans les domaines de la toxicomanie
et de la santé mentale au Canada. CAMH intègre les soins cliniques, la recherche scientifique ainsi que les activités d’éducation,
d’élaboration de politiques et de promotion de la santé afin de transformer la vie des personnes touchées par des questions
liées à la toxicomanie et à la santé mentale.