Les congés d’invalidité associés aux troubles mentaux sont ceux qui coûtent le plus cher aux employeurs canadiens
Toronto, 8 septembre 2010 - Les troubles mentaux sont associés à un plus grand taux d’absentéisme au travail que toute autre maladie chronique. Ils coûtent
51 milliards de dollars par année à l’économie canadienne en termes de perte de productivité. Dans une étude qui est la première
du genre, des chercheurs du Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH) ont calculé les dépenses réelles associées aux
congés pour cause de troubles mentaux et découvert qu’ils étaient deux fois plus coûteux, en moyenne, que les congés d’invalidité
associés aux maladies physiques.
Dans le cadre de cette étude, publiée dans le Journal of Environmental Medicine, les chercheurs on examiné les données de suivi sur les congés d’invalidité à court terme de 33 913 employés à plein temps
en Ontario. Ils ont ainsi montré que les dépenses engagées par une entreprise pour un unique employé en congé d’invalidité
de courte durée pour troubles mentaux s’élevaient à près de 18 000 $.
La Dre Carolyn Dewa, chef du Programme de recherche et d’évaluation sur le travail et le bien-être de CAMH et directrice de l’étude
souligne le coût disproportionné pour les employeurs comparativement aux coûts liés aux autres causes d’invalidité. « Au cours
d’une année ordinaire, une entreprise de 1 000 employés peut s’attendre à avoir autour de 145 cas d’invalidité. Or, si seulement
un petit nombre de ces cas sont dus à la maladie mentale, ce sont eux qui coûtent le plus cher à l’employeur. » Les congés
d’invalidité en raison de maladies physiques sont pratiquement inférieurs de moitié à ceux qui sont engendrés par les troubles
mentaux.
Il se pourrait fort bien que les interventions visant à favoriser la santé et le bien-être soient déterminantes pour maintenir
les travailleurs en santé et pour réduire les dépenses liées à l’invalidité. « Il est bien connu que les facteurs déclencheurs
de troubles mentaux en milieu de travail peuvent conduire à l’invalidité. Des facteurs tels que le stress, les emplois occasionnels
et à temps partiel et l’incertitude liée à la conjecture économique peuvent avoir des répercussions bien réelles sur la vie
des travailleurs – surtout en présence d’un trouble mental préexistant, affirme la Dre Dewa. Et s’il est important de soutenir les travailleurs en congé d’invalidité, il est essentiel que les entreprises fassent
une priorité de la santé mentale et du bien-être afin de prévenir plutôt que de guérir. »
La Dre Dewa estime que la mise en place d’une gamme de soins et de services de soutien est une méthode efficace pour réduire le
risque qu’un employé ait à prendre un congé d’invalidité. Elle est également d’avis que les programmes qui mettent l’accent
sur un bon équilibre entre le travail et la vie personnelle, sur des services de soutien permettant de faire face au stress
et sur l’accès au conditionnement physique améliorent le rendement des travailleurs et favorisent le maintien de la santé.
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Le Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH) est l’une des plus grandes organisations de toxicomanie et de santé mentale
en Amérique du Nord et le plus grand hôpital d’enseignement dans les domaines de la toxicomanie et de la santé mentale au
Canada. CAMH intègre les soins cliniques, la recherche scientifique ainsi que les activités d’éducation, d’élaboration de
politiques et de promotion de la santé afin de transformer la vie des personnes touchées par des problèmes de toxicomanie
et de santé mentale. Il est affilié à part entière à l’Université de Toronto et est un Centre collaborateur de l’Organisation
mondiale de la Santé et de l’Organisation panaméricaine de la santé.