Épargner un milliard de dollars et 800 vies

L'étude de CAMH intitulée Les coûts de l'abus de substances au Canada 2002 révèle les effets potentiels de certaines interventions ciblées et initiatives stratégiques

Pour diffusion immédiate – Toronto, le 11 juin 2008 : Le fardeau économique de l'abus d'alcool représente annuellement 463 $ par Canadien. En fait, les coûts directs des soins de santé liés à l'abus d'alcool au Canada surpassent ceux liés au cancer. Rendue publique aujourd'hui par le Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH), l'étude intitulée Les coûts de l'abus de substances au Canada 2002 estime, même en s'appuyant sur des hypothèses très conservatrices, que la mise en œuvre de six stratégies ciblées permettrait chaque année d'épargner, au Canada, environ un milliard de dollars, de sauver 800 vies, d'empêcher la perte de près de 26 000 années de vie attribuable à des décès prématurés et de retrancher plus de 88 000 journées d'hospitalisation dans les unités de soins actifs. Cette étude avant-gardiste, la première du genre dans le monde, fournit pour la première fois au Canada une estimation systématique des coûts évitables liés à l'abus d'alcool.

Afin de calculer le fardeau et les coûts évitables engendrés par l'abus d'alcool au Canada pour l'année 2002, le Dr Jürgen Rehm, chercheur principal à CAMH, et son équipe ont évalué l'incidence économique potentielle des mesures suivantes : augmenter les taxes sur l'alcool, abaisser la limite légale du taux d'alcoolémie au volant de 0,08 à 0,05 p.100, interdire toute consommation d'alcool avant de prendre le volant pour tous les conducteurs de moins de 21 ans, hausser de 19 à 21 ans l'âge minimum requis pour la consommation de boissons alcooliques, appliquer le programme Sécuribars, et mettre en place une stratégie d’intervention brève (dépistage systématique, accompagné de conseils succincts, des personnes ayant un problème de consommation d'alcool par les médecins ou d'autres professionnels de la santé de première ligne).  

Les données de l'étude révèlent que :

  • La mise en œuvre de ces six stratégies permettrait de réduire de plus de 561 millions de dollars la perte de productivité attribuable à l'alcool, ce qui représente 58 p. 100 du total des coûts évitables liés à ce problème, de diminuer les coûts des soins de santé de presque 230 millions de dollars (24 p. 100 du total des coûts évitables), et d'abaisser les coûts liés à la criminalité de près de 178 millions de dollars (18 p. 100 du total des coûts évitables). 

  • L’intervention brève s'est révélée la stratégie la plus efficace pour réduire les coûts évitables en matière de soins de santé, de criminalité et de perte de productivité (entraînant une diminution des coûts de près de 602 millions de dollars par année, soit 62 p. 100 des économies totales), suivie par l'augmentation des taxes sur l'alcool (entraînant une baisse annuelle des coûts de 211 millions de dollars, soit 22 p. 100 des économies totales).

  • La réduction de la limite légale du taux d'alcoolémie constituerait la mesure la plus efficace pour prévenir les incidents liés à l'alcool au volant au Canada et entraînerait une diminution de ces incidents de l'ordre de 19 p. 100.

  • Le programme Sécuribars représente la meilleure stratégie pour prévenir les homicides et autres crimes violents (diminution estimée de plus de trois pour cent).

  • L’intervention brève s’est révélée la mesure la plus efficace pour prévenir d’autres activités criminelles attribuables à la consommation d'alcool (p. ex., les crimes contre les biens), entraînant une réduction de ce type de crimes de près de trois pour cent.

« Il est clair que ce sont les mesures qui agissent sur le niveau de consommation en général, comme le dépistage systématique et l'augmentation de la taxe sur l'alcool, qui produiraient les effets les plus importants, indique le Dr Rehm. Toutefois, dans le cadre d'une politique globale sur l'alcool, c'est la mise en œuvre de plusieurs mesures efficaces et efficientes, au lieu d'une seule, qui permettrait de réaliser les économies les plus importantes. »

Les chercheurs ont également fait une estimation des répercussions potentielles de la privatisation de la vente d'alcool dans les provinces où elle est assurée par un monopole gouvernemental. Leur analyse a révélé qu'une telle privatisation occasionnerait une hausse considérable des coûts directs et indirects dans les provinces concernées. La perte de productivité se chiffrerait à plus de 468 millions de dollars (7 p. cent), les coûts des soins de santé augmenteraient de plus de 258 millions de dollars (8 p. cent), tandis que les coûts liés à la criminalité seraient majorés de 102 millions de dollars (3 p. cent).

Bien que les études portant sur le coût de la maladie constituent de précieux indicateurs du fardeau économique de la toxicomanie au Canada, elles n'offrent aucune solution pour réduire ce fardeau. « Cette étude révèle les avantages que pourraient entraîner, pour l'ensemble de la société, le fait d'engager directement des ressources publiques pour la mise en oeuvre de politiques, stratégies et programmes spécifiques. Elle contribue également à identifier des lacunes en matière d'information, à cibler certains problèmes et à trouver des solutions », explique le Dr Rehm.

Pour de plus amples renseignements, consulter Les coûts de l'abus de substances au Canada 2002 : points saillants, ou Les coûts de l'abus de substances au Canada 2002 : rapport détaillé (en anglais).  

Pour obtenir une entrevue au sujet de cette étude, communiquez avec Michael Torres, coordonnateur des relations avec les médias à CAMH, au 416 595-6015.

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Le Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH) est le plus grand hôpital d’enseignement au Canada et l’un des principaux centres de recherche au monde dans les domaines de la toxicomanie et de la santé mentale au Canada. CAMH intègre les soins cliniques, la recherche scientifique ainsi que les activités d’éducation, d’élaboration de politiques et de promotion de la santé afin de transformer la vie des personnes touchées par des questions liées à la toxicomanie et à la santé mentale.

CAMH est un Centre collaborateur de l’Organisation panaméricaine de la santé et de l’Organisation mondiale de la Santé. CAMH est affilié à part entière à l’Université de Toronto.

 

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