Compassion et créativité réunies dans le cadre d’un programme pour renforcer les liens au sein des familles à risque
Un programme familial unique de CAMH donne des résultats « phénoménaux » partout en Ontario, et ses organisateurs veulent
répandre la bonne nouvelle.
Le programme Famille d'abord, demains plus forts (anciennement Famille d’abord pour le futur)– page en anglais seulement - vise à réduire les facteurs qui présentent des risques pour les familles et à renforcer les facteurs positifs qui contribuent
à une bonne dynamique familiale.
« C’est un programme vraiment fantastique qui doit être connu au sein de la communauté », de dire Donna Boston, coordonnatrice de CAMH auprès de FOCUS – Coalition anti-drogue de Sault-Sainte-Marie et membre du groupe des Services régionaux
de CAMH, composé de conseillers dans le domaine de l’éducation, de la promotion de la santé et du renforcement des capacités
en santé mentale et en toxicomanie aux quatre coins de la province.
« Le programme est unique en ce qu’il sollicite la participation de tous les membres de la famille, pas seulement des enfants,
et qu’il cible un groupe précis », explique la conseillère en programmes Michelle Ott, qui travaille pour les Services provinciaux de CAMH, Nord de l’Ontario.
« Il a été conçu avec des enfants dont les parents ont des antécédents de toxicomanie, mais la présence de ce problème n’est
pas nécessaire pour bénéficier du programme. Il s’agit d’un programme réellement efficace de prévention primaire pour n’importe
quelle famille. »
La famille qui prend les repas ensemble …
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| Les coordonnateurs et les participants travaillent ensemble pour renforcer les liens familiaux. |
Depuis son lancement officiel à l’automne 2006, le programme a été mis en œuvre dans 24 collectivités de l’Ontario. À Sault
Ste. Marie, la communauté a ouvert le programme aux familles dont les enfants risquent d’être renvoyés temporairement ou le
sont déjà.
La communauté a donné son appui au programme : les directeurs d’école aident à identifier les enfants à risque, une école
secondaire fournit gratuitement des locaux, et les élèves du cours de cuisine fournissent les repas.
« Dans certaines familles, s’asseoir ensemble autour d’une table pour partager un repas nutritif n’est pas chose courante,
indique Michelle Ott. Pourtant, c’est un élément très important. »
Un des participants ajoute : « Je n’aurais jamais pensé qu’un repas en famille pouvait être aussi amusant. »
La première séance du programme dure trois heures : pendant la première heure, les familles se réunissent pour un repas nutritif
; au cours de la deuxième heure a lieu une rencontre séparée pour les enfants et les parents, où ils apprennent entre autres
à interagir de façon socialement acceptable entre eux et au sein de la communauté en général.
« Pendant la troisième heure, tout le monde se retrouve pour discuter de ce qu’ils ont appris. Ils retournent ensuite chez
eux, essaient de mettre en pratique leurs nouvelles compétences et reviennent la semaine suivante », poursuit Michelle Ott.
Le programme s’étend sur 14 semaines. À Sault Ste. Marie toutefois, il a été offert en deux sessions de neuf semaines, une
à l’automne 2008 et l’autre en janvier 2009.
Les familles avaient le choix entre une seule session ou deux sessions de neuf semaines. Les dix familles participantes ont
non seulement choisi de revenir pour la deuxième session, mais en plus deux nouvelles familles se sont jointes à elles.
Le programme s’efforce d’offrir des services de garde (pour les enfants plus jeunes) et de transport, surtout dans les petites
collectivités où le transport public et les taxis sont rares. Cela explique aussi le succès de Famille d’abord, selon Pam Gardiner, animatrice du programme à Kitchener-Waterloo.
« Le programme est en mesure de reconnaître les obstacles qui peuvent empêcher les familles de participer, tels que les coûts
et les difficultés liés au transport, aux services de garde et aux repas. Cela a grandement contribué à notre taux très élevé
de rétention », ajoute-t-elle.
Une famille réunie de nouveau
« Nous essayons de renforcer les facteurs protecteurs au sein de l’unité familiale », dit Michelle Ott, alors qu’elle relate
l’issue heureuse qu’a eue le programme dans une communauté éloignée des Premières nations près de Kenora.
« L’une des mères participantes n’avait pas la garde de ses enfants. Elle buvait beaucoup, s’était séparée de son partenaire,
et c’est sa belle-mère qui s’occupait des enfants », raconte Michelle.
« Elle voulait de l’aide. Elle n’avait pas beaucoup de compétences parentales et ne savait pas vraiment comment entrer en
relation avec ses enfants. Son partenaire était aussi réticent à impliquer les enfants. »
« Au bout de 14 semaines, les changements apportés étaient franchement étonnants. Elle a terminé le programme l’année dernière,
elle a maintenant cessé de boire et a retrouvé ses enfants. »
Michelle explique que ce ne sont pas seulement les nouvelles compétences acquises au cours du programme qui ont aidé cette
famille.
« Cette femme était vraiment reconnaissante de l’occasion qui lui était offerte de se retrouver dans un environnement sûr,
d’être avec d’autres parents et fournisseurs de soins qui vivaient des situations semblables et de bénéficier d’un réseau
de soutien souvent inexistant pour nombre d’entre eux. »
Soutien de l’école et de la communauté
En plus de contribuer à l’identification des familles à risque, de fournir les locaux et les repas, les écoles secondaires
repèrent des « mentors jeunesse » qui risquent d’être renvoyés temporairement de l’école pour qu’ils participent au programme.
Les mentors sont invités à jouer le rôle de modèles positifs ; en contrepartie, leur renvoi temporaire est réduit ou levé.
On s’attend à que ces mentors fassent preuve d’une attitude positive et soient disposés à offrir leur aide.
Des entrepreneurs et groupes de Sault Ste. Marie ont également offert leur appui au programme en adoptant une ou plusieurs
familles pour les fêtes de Noël. Pour un montant de 225 $ par famille, on fournissait à chacune, chaque mois pendant un an,
un panier d’aliments nutritifs provenant de la soupe populaire locale. Tout argent restant a permis de préparer un panier
de Noël pour chacune des familles.
Le panier contenait aussi des serviettes, du savon et du déodorant gracieusement fournis par la compagnie de taxi effectuant
les livraisons hebdomadaires aux familles. Le centre d’aide local pour les femmes en état de crise a également fait don de
bonnets et de mitaines, tandis que le personnel du bureau CAMH/FOCUS parrainait une famille conjointement avec ses partenaires
du bureau du RLISS de Sault Ste. Marie.
Origines au sud de la frontière
Le programme a vu le jour aux États-Unis, dans les années 1980, grâce au Dr Karol Kumpher. De 2000 à 2005, plusieurs services de CAMH ont travaillé avec des organismes communautaires afin de réviser la documentation,
de l’adapter au contexte canadien et d’effectuer une étude d’envergure.
Cet esprit de collaboration transsectoriel se poursuit dans la mise en œuvre du programme Famille d’abord, demains plus forts.
Dans la plupart des collectivités, comme c’est le cas à Sault Ste. Marie, le programme est offert par l’intermédiaire d’une
coalition de partenaires de divers secteurs, tels que les services de santé mentale pour les enfants et les adultes, les écoles,
les programmes de traitement de la toxicomanie, les services aux Autochtones, les services de santé publique et les services
de protection de l’enfance.
Cette collaboration est fructueuse non seulement pour les familles, mais selon les animateurs du programme, elle permet également
d’établir de précieuses relations avec des fournisseurs de services d’autres secteurs. Une meilleure liaison entre les services
ainsi que la mise en place de programmes fondés sur l’expérience clinique, comme le programme Famille d’abord, constituent
des éléments clés de l’objectif stratégique de CAMH, qui vise à instaurer un réseau de santé plus intégré doté d’une capacité
accrue en matière de santé mentale et de toxicomanie.
Pour de plus amples renseignements sur le programme Famille d’abord, demains plus forts, cliquez ici (en anglais seulement), ou communiquez avec le bureau des Services provinciaux de CAMH le plus près de chez vous.
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Témoignages – Le succès de Famille d’abord
« J’ai beaucoup aimé participer à Famille d’abord et constater les changements positifs que le programme apportait chez de
nombreuses familles. » Charlene Lovelace, étudiante en service social au Collège Sault et animatrice jeunesse du programme
« Famille d’abord, demains plus forts est un programme indispensable. Le moindre changement a des répercussions énormes dans
la vie de nos familles. » Patti Moreau, coordonnatrice de Famille d’abord
« Ça a été une expérience formidable pour moi de participer à l’initiative Famille d’abord. En tant que membre de l’équipe
de préservation des liens familiaux de la Société d’aide à l’enfance, il est merveilleux de faire partie d’un programme aussi
novateur qui donne des résultats palpables. » Jeff Maclary, coordonnateur jeunesse de Famille d’abord
« Famille d’abord a été un véritable tremplin pour les familles à risque participantes. » directeur d’une école locale
« J’adore le groupe de Famille d’abord. Je serai triste lorsque le programme prendra fin. » Christina Behnke, parent
« J’ai beaucoup aimé Famille d’abord et je suis très heureux de m’être joint au groupe. » parent
« J’aime tous les aspects du groupe de Famille d’abord. » jeune participant
Photo en haut de la page
- rangée du bas : Patti Moreau (coordonnatrice de FD), Donna Boston (CAMH, coordonnatrice de FOCUS et responsable du projet
FD), Charlene Lovelace (étudiante en service social du College Sault en stage à FOCUS)
- rangée du milieu : Nathan Baker, (participant FD), Sheldon Baker (participant FD), Hailey Baker (participante FD)
- rangée du haut : Geordon McLean (mentor jeunesse FD), Christina Behnke (participante FD)
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Plus qu’un simple t-shirt.
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Familles fortes, t-shirt branché
L’équipe de Famille d’abord a mis en place un processus unique et convivial pour créer le logo des t-shirts du programme.
Donna Boston explique :
« Un soir, nous avons demandé aux jeunes d’illustrer, par le dessin et l’écriture, ce que représentaient pour eux les concepts
de “Famille d'abord” et de “famille forte”. Nous nous sommes inspirés de chacune de leurs créations pour créer un logo. »
« Lors de la dernière séance, au moment de la remise des t-shirts, nous avons expliqué aux parents ce que les t-shirts signifiaient
pour les jeunes. Même si nous ne nous verrions plus chaque semaine, le t-shirt représentait tout ce qu’ils ont appris au cours
du programme. Nous voulions leur rappeler qu’ils ont au sein de leur propre famille la force de surmonter n’importe quel obstacle. »
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