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Ce que les parents doivent savoir sur leurs adolescents

C’est à la suite de mon expérience et de celle de mes collègues passée à écouter les adolescents dans le but d’élaborer des stratégies éducatives pour renforcer des rapports sains et réduire les comportements risqués que j’ai eu l’idée de rédiger ce livret. En résumé, les jeunes sont avides de conseils pour être acceptés par leurs camarades — de même sexe ou de sexe opposé — sans commettre d’erreurs qui pourraient les mettre dans le pétrin ou entraîner leur rejet. Ils sont aussi avides de renseignements sur les choix qu’ils peuvent faire devant les nouvelles pressions et attentes (relations sexuelles, consommation d’alcool ou de drogues, mauvais traitements par des camarades ou un partenaire intime). Par contre, ces jeunes doivent avoir confiance dans leur source d’information, se sentir compris, savoir que l’on respecte leurs opinions et avoir, dans une certaine mesure, leur mot à dire dans leurs décisions. Bref, ils ne veulent pas se faire dire seulement « tu n’as qu’à dire non » ou « parce que c’est moi qui décide ».

Les jeunes disent souvent qu’ils voudraient que leurs parents fassent plus d’efforts pour comprendre les pressions qu’ils vivent à l’école, à la maison et dans la collectivité. Durant les discussions en classe, je les entends souvent dire : « Mes parents doivent savoir ça ! » Ils se plaignent souvent du fait que leurs parents réagissent rapidement lorsque vient le temps de fixer des règles et des punitions, mais ne semblent pas prendre le temps de vraiment les écouter ni de les aider à résoudre leurs problèmes (par exemple : « Puis-je aller à une fête vendredi soir ? »). Ils pensent parfois que leurs parents entretiennent une vision dépassée de l’adolescence, tirée de leur jeunesse, ou pire encore qu’ils se fient aux manchettes des journaux parlant de tragédies pour prendre des décisions injustes et non fondées. Je ne dis pas qu’ils ont raison. Je veux simplement vous faire comprendre comment ils voient les choses.

Pour éviter ces problèmes, certains adolescents trouvent plus facile de se créer une façade afin d’éviter les soupçons et de toujours montrer le même visage à leurs parents. En cachant leurs nouveaux intérêts, amis et expériences, ils croient que leurs parents n’y verront que du feu et qu’ils seront plus heureux ainsi.

Un adolescent qui adopte cette approche peut savoir par exemple que son père ou sa mère s’inquiètera s’il assiste à une fête. Il préparera alors une phrase toute faite du style : « Les parents de Pat seront là. Il n’y aura pas d’alcool ni de drogues. Tu sais que je n’en prends pas. Tu peux me faire confiance. Pas besoin d’appeler les parents de Pat. » Cette approche est fondée sur le vieil adage qui dit : « Moins on en sait, mieux on se porte. » Pour un parent qui ne soupçonne rien, ceci le rassurera et lui confirmera que son jeune est plus digne de confiance et responsable que les autres (jusqu’à ce que l’inévitable se produise).

D’autres jeunes sont plus directs et conflictuels, et choisissent tout simplement d’enfreindre l’autorité parentale et d’invoquer haut et fort leurs nouveaux statut et privilèges. L’attitude du « et puis après ? » et du « je m’en fiche » peut améliorer leur statut auprès de leurs camarades et imposer une nouvelle relation avec les parents. Ces jeunes sont plus susceptibles d’être les « entrepreneurs » en montrant la voie à leur groupe d’amis dans leurs expérimentations de drogues, de relations intimes et d’activités sexuelles.

Lorsque cette personnalité de « meneur » se manifeste au début de l’adolescence, cela implique bien entendu de nombreux risques. Non seulement s’agit-il ici des risques directement liés à ces activités (par exemple la grossesse, les infections transmises sexuellement, les blessures et la toxicomanie), mais aussi des risques indirects (par exemple la baisse des résultats scolaires, la violence, l’intimidation et la délinquance) que certains jeunes ignoreront totalement ou minimiseront, en se concentrant plutôt sur leur nouveau statut auprès de leurs camarades.

Personne ne connaît votre enfant mieux que vous. Vous savez qu’il n’y a pas de recette miracle, de méthode universelle et que les erreurs font partie de la vie. Vous avez appris à élever votre enfant au fil des ans. Vous devez maintenant poursuivre votre apprentissage : Qu’est-ce qui est normal ? Qu’est-ce qui change ? Quel rôle devez-vous jouer durant cette étape ? Même si le parcours n’est pas facile, quelques stratégies simples peuvent vous guider lorsque vous vous heurtez à de nouvelles situations. Cet ouvrage aborde ces problèmes du point de vue du développement normal de l’adolescent ; il est fondé sur les résultats de recherches et l’expérience de l’auteur en tant que parent d’adolescents. Il vous fournit des conseils pratiques pour renforcer votre relation avec votre adolescent et réduire le plus possible les conflits.

L’information que renferme ce document a pour but de vous faire réfléchir aux stratégies que vous utilisez avec votre adolescent, et peut-être à en changer quelques-unes, tout comme nous demandons aux adolescents de penser à leurs stratégies et de les revoir pour prendre des décisions sécuritaires et saines. Il n’y a pas de solutions faciles ni de remèdes miracles, mais il existe des stratégies simples qui ont plus de succès que d’autres pour favoriser le sens des valeurs et des responsabilités chez votre enfant. L’information et l’ouverture d’esprit sont un bon point de départ.

Autres extraits de : "Ce que les parents doivent savoir sur leurs adolescents : Faits, mythes et strategies"

What parents need to know about teens

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