Aller au-delà des préjugés : Renseignements à l’intention des familles de personnes vivant avec des problèmes cooccurrents
de toxicomanie et de santé mentale
On a diagnostiqué chez votre adolescente des troubles anxieux et un problème d’alcool. Vous vous remettez de votre choc et
vous vous demandez comment cela a pu se produire dans votre famille.
Votre mari semble déprimé et il prend des somnifères tous les soirs. Vous craignez qu’il ne s’agisse d’un problème grave,
mais vous avez trop peur de confronter la réalité.
Depuis le décès de votre mère, votre père est d’une très grande tristesse et semble de moins en moins capable de faire face
à la réalité. Il a commencé à boire énormément. Vous êtes mal à l’aise à l’idée d’aborder le sujet avec lui et vous avez peur
de la réaction de vos frères et soeurs et des autres membres de votre famille.
Vos proches ont peut-être des problèmes cooccurrents de toxicomanie et de santé mentale — également connus sous le nom de
troubles concomitants.
Parlons des préjugés
Vous risquez de vous sentir dépassé si un membre de votre famille éprouve des problèmes cooccurrents de toxicomanie et de
santé mentale.
Vous pourriez également vous sentir impuissant, triste, stressé ou même en colère, ou simplement avoir peur. Les sentiments
de culpabilité et de honte sont parmi les sentiments les plus difficiles à vivre. Peut-être vous poserez-vous les questions
suivantes : « Qu’ai-je fait de mal ? Et si les gens le découvraient ? Que vont-ils en penser ? À qui puis-je faire confiance
? ».
Avoir honte de problèmes est révélateur de la presence de préjugés liés à la situation. Par « préjugés », on entend des attitudes négatives (opinions préconçues) et un comportement négatif
(discrimination) envers les personnes ayant des problèmes de toxicomanie et de santé mentale.
Les problèmes de toxicomanie ou de santé mentale peuvent être source de préjugés. La combinaison des deux ne fait que renforcer
ces préjugés.
Les effets des préjugés
Les effets des préjugés peuvent être encore plus douloureux et nuisibles pour les familles que le fait de savoir qu’un proche
a des problèmes de toxicomanie et de santé mentale.
Par exemple, les préjugés peuvent vous conduire à cacher les problèmes de votre proche à votre famille, à vos amis et à votre
communauté. Vous risquez de vous isoler et de couper les liens avec des personnes qui pourraient vous offrir un soutien social
important.
Lorsqu’une personne se fait rapidement soigner pour ses problèmes cooccurrents de santé mentale et de toxicomanie, ses chances
de rétablissement augmentent. Cependant, les préjugés peuvent empêcher les familles de rechercher un traitement et un soutien
pour leur proche et elles-mêmes.
Vous n’êtes pas seul
Il est facile de croire que vous et votre proche êtes seuls face à votre combat. En fait, les problèmes cooccurrents de santé
mentale et de toxicomanie sont fréquents :
- Trente pour cent des personnes pour lesquelles on a posé un diagnostic de problème de santé mentale auront un problème de
toxicomanie à un moment donné.
- Parmi les personnes ayant un problème d’alcool, 37 pour cent auront un problème de santé mentale à un moment donné.
- Quant aux personnes ayant un problème de toxicomanie autre qu’un problème d’alcool, plus de la moitié (53 pour cent) auront
un problème de santé mentale à un moment donné.
De nombreuses familles sont confrontées au stress et à la souffrance psychologique causés par le soutien accordé à un être
cher ayant des problèmes cooccurrents — vous n’êtes donc pas seul.
Vos réactions sont normales
« Mon réflexe immédiat, c’est la peur que cela se sache. Vous savez, la peur des réactions d’autrui… Vous craignez que les
gens ne changent d’attitude à votre égard ou à l’égard du membre de votre famille qui est malade. »
Si un membre de votre famille a des problèmes cooccurrents de toxicomanie et de santé mentale, c’est toute votre famille qui
devient stressée. Il est normal de ressentir toute une série d’émotions difficiles, allant de la peur à la confusion, en passant
par la colère et le sentiment d’impuissance.
Il est également normal d’avoir honte et d’avoir peur d’être jugé. Vous voudrez peut-être protéger votre proche des opinions
préconçues et de la discrimination. Vous pouvez aussi avoir peur que cela ne ternisse la réputation de toute la famille et
qu’on ne rejette la responsabilité des problèmes de votre proche sur vous. En tant que membre de la famille, vous devez faire
face aux « préjugés subis à cause des liens familiaux ».
Aller au-delà des préjugés
« Combien de gens savent qu’ils peuvent avoir recours aux services d’aide à la famille pour faire face aux préjugés ? En fait,
les gens ne sont tout simplement pas informés. Il est cependant important que les membres de la famille se fassent aider.
»
Plus nous nous familiarisons avec les problèmes cooccurrents de santé mentale et de toxicomanie et avec les façons de les
résoudre, mieux nous comprenons ces défis et plus notre compassion est grande envers les personnes qui y sont confrontées
et envers leur famille. Par exemple :
- Les fournisseurs de traitements apprennent comment mieux aider les familles à comprendre leurs émotions et à y faire face,
y compris leurs sentiments face aux préjugés.
- Les groupes de traitement des familles peuvent fournir des renseignements, un soutien et un cadre sécuritaire aux members
de la famille et leur permettre d’exprimer leurs emotions et d’acquérir de nouveaux mécanismes d’adaptation.
- De nombreux particuliers et organismes collaborent pour lutter contre les préjugés en sensibilisant le public aux problèmes
cooccurrents de toxicomanie et de santé mentale et aux progrès accomplis en matière de traitement et de rétablissement.
En tant que membre de la famille
- Outre les nombreux défis que vous devez relever, vous devrez peut-être défendre les droits de votre proche.
- Vous devrez peut-être sensibiliser les personnes qui vous entourent pour les aider à comprendre les problèmes cooccurrents
de toxicomanie et de santé mentale.
- Vous devez accepter le fait que vous éprouverez parfois des sentiments négatifs.
- Faites-vous aider pour faire face à vos besoins émotionnels, physiques et sociaux.
- Souvenez-vous que les fournisseurs de traitements, vos amis et les membres de votre famille peuvent vous aider à relever vos
défis, y compris à surmonter les préjugés.
- Souvenez-vous que ni vous, ni votre famille, n’êtes responsables des problèmes de votre proche.
Lorsque les familles collaborent, la personne qui éprouve des problèmes cooccurrents a plus de chance de se remettre, et ce,
de façon durable. Ce faisant, la famille se sentira aussi mieux.
« Je pense qu’en tant que membres d’une famille, nous pouvons offrir beaucoup d’espoir aux autres familles qui traversent
la même épreuve. Les problèmes de toxicomanie et de santé mentale ne signifient pas que la vie de la personne est finie. Par
conséquent, j’estime que nous devons donner de l’espoir aux gens. »
Liens vers les services lies à la toxicomanie et à la santé mentale en Ontario
En fonction de votre lieu de résidence, DART ou MHSIO peuvent vous orienter vers un organisme offrant des programmes pour
les familles.
Un document pour les familles
Le Centre de toxicomanie et de santé mentale (camh) a conçu le Guide à l’intention des familles sur les troubles concomitants (à l’intention de la famille de personnes ayant des troubles cooccurrents de toxicomanie et de santé mentale). Ce guide,
qui s’inspire des travaux des groupes de soutien et de sensibilisation des familles mis sur pied par camh, peut être utilisé
par les familles, seul ou dans le cadre d’un programme de traitement. Il présente les points de vue d’autres familles, des
renseignements sur les traitements offerts, des plans de soins auto-administrés, des conseils sur la façon d’aller au-delà
des préjugés et une foule d’autres renseignements. Pour télécharger le guide et obtenir d’autres renseignements sur les troubles
cooccurrents, rendez-vous sur www.camh.net et rechercher le Guide à l’intention des familles sur les troubles concomitants.
Autres ressources importantes pour les familles
Remarque : Les termes de genre masculin utilisés pour designer des personnes englobent à la fois les femmes et les hommes.
L’usage exclusif du masculin ne vise qu’à alléger le texte.
Les citations figurant dans le présent dépliant proviennent de familles interviewées dans le cadre des recherches menées par
Caroline O’Grady de CAMH.