Un modèle de traitement des traumatismes
Les femmes, la violence et le traitement des traumatismes
Sur cette page :

Un traumatisme lié à la violence peut survenir après qu’une personne a été victime de violence sexuelle, physique ou émotionnelle,
ou encore de négligence, habituellement au cours de son enfance. L’agresseur est souvent un membre plus âgé de la famille
ou encore un parent ou un ami proche de la famille. La plupart du temps, les femmes qui éprouvent des traumatismes à l’âge
adulte se sentaient impuissantes et paralysées face à la violence pendant leur enfance.
Un traumatisme peut avoir une incidence sur le développement émotif et psychologique d’une personne. Des événements traumatisants
peuvent en effet perturber ses émotions, sa mémoire, sa conscience et sa perception d’elle-même. Un traumatisme peut avoir
un effet sur ses relations et son attachement aux autres. Il peut altérer le fonctionnement de son cerveau et de son corps.
Seule la femme qui vit l’expérience peut déterminer si celle-ci est traumatisante ou non. Un « événement traumatisant » (incident
qui cause un traumatisme) peut être si pénible que la femme n’est pas capable de composer avec la situation. Cette dernière
peut avoir le sentiment de « devenir folle ». Bon nombre de femmes victimes de violence ressentent de la détresse, de la peur
et de l’impuissance.
Les événements traumatisants prennent des formes variées et les personnes qui en font l’objet y réagissent de différentes
façons. Il existe toutefois certaines réactions courantes en fonction des facteurs suivants :
- l’âge de la personne au moment de l’incident de violence ;
- la relation qu’a la survivante de violence avec son agresseur ;
- l’aspect unique ou répétitif de la violence.
Des événements pénibles ou qui mettent la vie en danger, comme des accidents de voiture, des catastrophes naturelles, la guerre
et la violence sexuelle ou physique peuvent entraîner un stress post-traumatique. Le stress post-traumatique peut se produire
quand une personne ressent les effets d’un traumatisme longtemps après que l’événement en question s’est produit. Ces effets
négatifs peuvent parfois durer des années.
Le stress post-traumatique est une réaction normale à une grande souffrance.
Les femmes qui éprouvent un stress post-traumatique peuvent minimiser la gravité de la violence dont elles ont fait l’objet
de façon à pouvoir composer avec ses effets sur leur vie.
Différents types de stress post-traumatique — simple ou complexe
Le stress post-traumatique simple se distingue du stress post-traumatique complexe en ce sens qu’il résulte d’un incident unique, comme un viol ou un grave
accident de voiture.
Le stress post-traumatique complexe se développe habituellement si la violence :
- se produit sur une longue période ;
- se produit de façon répétée ;
- est infligée par des proches ;
- se produit pendant l’enfance, surtout s’il y a négligence émotive ou que l’attachement à la famille est faible.
Le stress post-traumatique complexe peut aussi survenir à l’âge adulte, lorsque la violence se produit sur une longue période
(p. ex., lorsqu’une femme est battue par son partenaire pendant un certain nombre d’années).
Les personnes qui ont vécu de graves situations de violence éprouvent souvent les deux types de stress, mais pas toujours.
Les femmes réagissent à un événement traumatisant de différentes façons. Elles peuvent :
- vivre des émotions intenses sans se rendre compte de ce qui les provoque ;
- se souvenir de l’événement traumatisant mais ne rien ressentir ;
- se sentir soudainement sur le qui-vive et affolées ;
- se sentir constamment sur leurs gardes et irritables sans savoir pourquoi ;
- ressentir un engourdissement et un vide émotifs.
Réactions de stress post-traumatique simple
Les réactions de stress post-traumatique simple se manifestent habituellement après un seul événement traumatisant. La personne
peut :
- avoir des cauchemars ou des flash-backs à propos de l’événement en question (un flash-back est un moment soudain et pénible où l’on revit de façon très vive l’événement
traumatisant) ;
- éviter les choses qui lui rappellent l’événement ;
- se sentir engourdie au plan émotif ;
- s’éloigner de sa famille et de ses amis ;
- ne plus s’intéresser aux activités de la vie quotidienne ;
- être toujours sur ses gardes ou en état d’alerte.
Réactions de stress post-traumatique complexe
Les réactions de stress post-traumatique complexe peuvent comprendre, entre autres :
- un sentiment de désespoir ;
- le sentiment que la vie n’a aucune valeur ou que sa propre vie ne vaut rien ;
- la dépression ;
- un sentiment inexpliqué de honte ou de culpabilité ;
- une difficulté à faire confiance aux autres ou à se rapprocher des autres ;
- une prédisposition à des crises émotives et à de l’impulsivité ;
- une difficulté à rester calme et à se détendre ;
- des problèmes de sommeil chroniques ;
- le sentiment de ne pas avoir droit à ses propres sentiments, opinions ou désirs ;
- le sentiment de ne pas avoir droit au succès ni au bonheur.
Pour composer avec ces sentiments, bien des femmes :
- développent un trouble de l’alimentation ;
- se livrent à des abus d’alcool ou d’autres drogues ;
- se mutilent en s’infligeant des coupures ou des brûlures ;
- s’éloignent des autres car elles se sentent plus en sécurité lorsqu’elles sont seules ;
- essaient de plaire aux autres pour éviter qu’ils se mettent en colère, soient déçus ou blessés.
Ces mécanismes d’adaptation renforcent souvent le sentiment d’isolation et de dépression chez les femmes et peuvent aggraver
leur anxiété et leurs problèmes de sommeil.
Ces comportements peuvent les aider à composer avec des sentiments pénibles pendant un certain temps. Mais à la longue, ils
perdent de leur efficacité. Les femmes entreprennent généralement une thérapie lorsqu’elles ne se sentent plus capables de
composer avec leurs problèmes dans leurs relations ou dans leur quotidien. Elles peuvent, par exemple, avoir de la difficulté
à dormir ou se sentir dépassées par leur travail ou leur rôle de parent.
Toxicomanie, dépression, troubles de l’alimentation et autres problèmes
Il n’est pas rare que les personnes qui ont vécu un traumatisme aient aussi d’autres problèmes, comme une toxicomanie, une
dépression ou un trouble de l’alimentation. Ces problèmes constituent souvent une réaction au traumatisme. Le traitement des
traumatismes peut atténuer ces problèmes. Un groupe de soutien pourrait également vous aider.
Bien des femmes ayant survécu à de la violence ou à de la négligence subies pendant leur enfance ont grandi dans des foyers
où elles étaient critiquées, laissées pour compte et blâmées pour les mauvais traitements qu’on leur infligeait.
Par conséquent, bon nombre d’entre elles continuent à se culpabiliser à l’âge adulte. Il se peut qu’elles ne fassent pas confiance
aux autres et qu’elles pensent que les autres ne les traiteront pas avec respect ou ne comprendront pas leurs sentiments.
Le but de la thérapie est de vous aider à guérir par l’écoute, le respect, l’empathie et l’attention. Les survivantes apprennent
à faire preuve d’empathie envers elles-mêmes en étant traitées avec respect et en apprenant ce que sont les réactions normales
au traumatisme. Le fait de comprendre qu’un grand nombre de vos comportements sont des réactions normales à des expériences
pénibles vous aidera à réduire la honte et la responsabilité que vous éprouvez par rapport à ces expériences.