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Étapes thérapeutiques

Les femmes, la violence et le traitement des traumatismes

Sur cette page :

  • Les trois étapes du modèle de traitement des traumatismes
  • Première étape
  • Deuxième étape
  • Troisième étape

Les trois étapes du modèle de traitement des traumatismes

La plupart des thérapeutes professionnels conviennent que la démarche la plus efficace auprès de survivantes de traumatismes comporte les trois étapes suivantes :

  1. stabiliser et gérer les réactions ;
  2. explorer et faire le deuil des souvenirs traumatisants ;
  3. reprendre le contact avec le monde.

Les survivantes de violence doivent apprendre à gérer leurs réactions aux traumatismes avant d’en explorer les causes. Il s’agit là de la première et, souvent, de la plus longue étape de la thérapie. Certaines survivantes peuvent décider de mettre fin à la thérapie après cette étape.

Au cours de la deuxième étape, les survivantes commencent à explorer les souvenirs traumatisants de leur enfance. Même une fois passées à la seconde étape, elles doivent souvent recourir à certaines des compétences acquises pendant la première étape du traitement.

En fait, les survivantes doivent souvent revenir à la première étape au cours des étapes deux et trois. Cela est tout à fait naturel. Si vous essayez de franchir la deuxième étape avant d’avoir terminé la première, vous ne serez pas prête à composer avec les émotions que libérera la deuxième étape. Cela peut même vous faire du mal.

La troisième et dernière étape thérapeutique commence une fois que les souvenirs traumatisants ont été explorés. À cette étape, la thérapie porte sur les questions de la vie quotidienne, des relations et de la reprise de contact avec le monde.

Première étape

Cette étape est une période d’apprentissage sur les traumatismes et la thérapie. Vous apprendrez à adopter des stratégies plus efficaces pour gérer les effets des traumatismes sur votre vie (parfois appelés « symptômes »). L’acquisition de ces nouvelles connaissances et compétences devrait vous aider à vous sentir plus stable et plus apte à fonctionner au quotidien.

À cette étape, il n’est pas encore question d’examiner ni d’analyser les mauvais traitements que vous avez subis. Il est toutefois important que vous reconnaissiez avoir survécu à de la violence ou à de la négligence. De concert avec votre thérapeute, vous pourrez alors entreprendre un cheminement qui vous aidera à comprendre les répercussions du passé sur votre présent.

Les trois buts principaux de cette première étape sont d’assurer votre sécurité personnelle, de vous informer sur les traumatismes et leurs effets (psychoéducation) et de vous aider à gérer vos réactions aux traumatismes.

Assurer votre sécurité personnelle

Le thérapeute abordera en premier lieu toute question touchant à votre sécurité personnelle, notamment :

  • un logement sécuritaire (si vous vivez avec une personne qui est violente sur le plan psychologique, physique ou sexuel) ;
  • l’établissement de règles de sécurité au cours de la thérapie ;
  • l’évaluation des tendances suicidaires que vous pourriez avoir et, le cas échéant, des mesures pour vous protéger contre vous-même ;
  • la recommandation d’un examen médical pour vérifier si vous avez des problèmes médicaux, comme un trouble de la thyroïde, qui pourraient aggraver vos réactions physiques, et pour déterminer si vous avez besoin de médicaments contre la dépression, l’anxiété ou la fatigue ;
  • l’établissement d’un plan de traitement si vous avez des problèmes liés à l’alcool ou à d’autres drogues.

Psychoéducation

La première étape de la thérapie mettra l’accent sur la psychoéducation. Vous apprendrez les répercussions des traumatismes sur vos pensées, vos émotions et vos comportements. On abordera peut-être également les notions de flash-backs, de dissociation ou d’engourdissement émotif.

Gérer vos réactions aux traumatismes

Avec l’aide du thérapeute, vous commencerez par cerner les réactions les plus douloureuses ou incapacitantes pour vous. Vous pourrez ensuite déterminer ensemble l’impact de chacune de vos réactions, de la plus pénible à la moins pénible.

Le thérapeute devrait avoir recours à diverses méthodes pour vous aider à gérer vos réactions et vos mécanismes d’adaptation au stress traumatique. Ces stratégies vous aideront à vous sentir plus forte, plus apte à composer avec vos émotions et à prendre soin de vous-même. Vous ne pourrez peut-être pas vous débarrasser de toutes vos réactions négatives, mais vous saurez mieux les maîtriser grâce aux nouvelles stratégies acquises.

Vous devez comprendre que les mécanismes d’adaptation que vous avez adoptés pour faire face au stress traumatique (comme la consommation d’alcool ou d’autres drogues pour bloquer la douleur) sont des comportements typiques. Ces mécanismes peuvent vous aider temporairement à éviter les émotions ou pensées pénibles, mais ils vous empêchent de guérir.

Le thérapeute devrait vous expliquer le but des techniques et stratégies apprises au cours de la thérapie pour que vous puissiez parfaitement les comprendre et les mettre en pratique dans votre quotidien.

Deuxième étape

La deuxième étape thérapeutique, ou l’étape intermédiaire, consiste à explorer les traumatismes vécus et leurs effets sur votre vie passée et présente.

Explorer et faire le deuil de vos souvenirs traumatisants

L’exploration des expériences traumatisantes peut être difficile et nécessite des méthodes spéciales. Les méthodes les plus efficaces sont :

  • la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) ;
  • la désensibilisation des mouvements oculaires et retraitement (connue sous l’acronyme anglais EMDR pour eye movement desensitization reprocessing) ;
  • la psychothérapie corporelle et la psychothérapie sensorimotrice.

Ces méthodes sont décrites à la section 6, « Méthodes thérapeutiques ». Dans le cadre de la TCC et de l’EMDR, on demande aux survivantes de se remémorer vivement l’incident ou les incidents dans tous leurs détails, entre autres en faisant appel aux sens (vue, odorat, toucher et ouïe).

Bien des survivantes évitent instinctivement les souvenirs, les pensées et les émotions associés aux mauvais traitements subis, mais cette attitude ne fait que prolonger les réactions néfastes et empêche les survivantes de surmonter les difficultés causées par ces expériences traumatisantes.

En confrontant leurs expériences pénibles plutôt qu’en les évitant, les survivantes peuvent les analyser et réduire progressivement la douleur et l’anxiété qui y sont associées. Bien des femmes ont des réactions et des émotions plus intenses au moment d’affronter leurs souvenirs. Toutefois cet état ne devrait pas durer indéfiniment. Si cela se produit, il faut alors revenir à la première étape de la thérapie pour vous stabiliser et vous permettre de gérer vos réactions.

Troisième étape

La troisième et dernière étape de la thérapie aborde les autres difficultés éprouvées dans votre vie et vous aide à reprendre contact pleinement avec autrui.

Reprendre le contact avec le monde

Cette étape aide la survivante qui fonctionne déjà bien à composer avec certaines questions de la vie quotidienne qui continuent à lui causer des difficultés.

Par exemple, vous vous sentez bien, mais vous avez de la difficulté à renouer des liens avec des amis ou membres de votre famille, à trouver un travail stimulant, à reprendre des activités auxquelles vous preniez autrefois plaisir ou à maintenir des relations saines.

Comme à l’étape précédente, les survivantes continueront à changer la perspective de leur vie. Elles continueront à mieux comprendre leur passé et à lui donner un nouveau sens tout en envisageant leur avenir avec optimisme, espoir, spiritualité et créativité.

Bien que les clientes aient déjà fait face à leurs traumatismes, elles peuvent continuer à en ressentir les effets lorsqu’elles se retrouvent dans de nouvelles situations. Cela est normal et assez courant.

Les femmes : la violence et le traitement

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