Un modèle de traitement des traumatismes
Les femmes, la violence et le traitement des traumatismes
Sur cette page :

Dans bien des cas, le traitement classique des traumatismes :
- n’établit pas de lien entre le traumatisme et la violence ou la négligence subies pendant l’enfance ;
- ne tient pas compte des conditions de vie des femmes ;
- ne considèrent pas les mécanismes d’adaptation des femmes comme des réactions normales à des événements anormaux.
Par conséquent, bon nombre de femmes vivant un stress post-traumatique ne reçoivent pas l’aide dont elles ont besoin.
Les personnes ayant survécu à de mauvais traitements bénéficient davantage d’une thérapie qui vise à leur faire comprendre
les effets de la violence ou de la négligence sur leurs pensées, sentiments, comportements et relations, surtout si les mauvais
traitements se sont produits pendant leur enfance.
Un modèle efficace de traitement des traumatismes devrait également établir des liens entre le traumatisme et les injustices sociales dans la vie des femmes, telles que le
sexisme, le racisme et la pauvreté.
Forger une relation fondée sur la collaboration
Dans ce modèle, la thérapie doit se faire dans une relation de collaboration. Cela signifie que la cliente n’est pas considérée comme une personne ayant besoin d’être traitée pour une maladie, mais
plutôt comme une partenaire assumant sa part de responsabilité dans son processus de guérison.
Considérer les problèmes comme des mécanismes d’adaptation
Un modèle de traitement des traumatismes tente de déceler si les problèmes sont le résultat de mauvais traitements ou de négligence.
Selon ce modèle :
- les mécanismes d’adaptation des femmes sont des réactions normales à des expériences pénibles ;
- leurs problèmes émotifs sont considérés comme étant souvent le résultat d’un contexte de violence et de stress constant plutôt
que comme des symptômes d’une maladie.
Reconnaître les inégalités sociales
Un modèle efficace de traitement des traumatismes devrait également reconnaître que les problèmes d’une femme peuvent être
exacerbés par les conditions sociales dans lesquelles elle vit. Certains intervenants en santé mentale ne saisissent pas bien
les facteurs sociaux et psychologiques qui influencent les choix et les réactions des femmes. Dans bien des cas par exemple,
ils ne tiennent pas compte du fait que les problèmes qu’éprouve une femme peuvent être causés ou aggravés en partie par le
racisme, le sexisme, l’homophobie et la pauvreté. Ces conditions font partie du quotidien de nombreuses femmes et peuvent
intensifier leurs sentiments d’impuissance et de vulnérabilité.
Reconnaître la gravité du traumatisme
Les thérapeutes doivent également reconnaître que :
- la souffrance due aux mauvais traitements est intense et dure souvent pendant des années après que les mauvais traitements
ont cessé ;
- les survivantes se sentent souvent honteuses et minimisent la souffrance que leur ont causée ces expériences pénibles.
Vous vous sentirez peut-être plus à l’aise et plus en confiance si vous savez à quoi vous attendre de la thérapie. En comprenant
comment fonctionne la thérapie, vous serez également en mesure d’évaluer l’efficacité des soins prodigués et de changer de
thérapeute si nécessaire.
Pour mieux vous aider, le thérapeute devra se renseigner le plus possible sur votre vie. Il vous posera des questions telles
que :
- Depuis combien de temps ressentez-vous ces émotions ?
- Que faites-vous quand vous ressentez ces émotions ?
- Avez-vous déjà pris des médicaments ou suivi une thérapie et, si oui, lesquels ?
La thérapie vous aidera à renouer avec des émotions que vous avez bloquées depuis des années. Vous allez donc entrer en contact
avec certaines émotions qui seront douloureuses et avec d’autres qui seront agréables. Pour guérir, vous aurez peut-être besoin
de vous sentir plus mal avant de commencer à vous sentir mieux. C’est un processus qui peut prendre des années.
Les femmes réagissent différemment aux souvenirs des mauvais traitements qui leur ont été infligés (p. ex., cauchemars, perturbations
du sommeil, dissociation, dépression, humiliation, colère, haine de soi). Une thérapie efficace vous aide à vous remémorer vos expériences et à composer
avec vos émotions au moyen de nouvelles stratégies d’adaptation et ressources. Vous devez confronter votre douleur, mais vous
disposez de nouvelles ressources internes (p. ex., imagerie mentale positive, autoréconfort) et externes (p. ex., soutien
des amis ou de la famille, un logement où vous vous sentez en sécurité).
Les personnes qui suivent une thérapie sont souvent impatientes de « se sentir mieux ». Une trop grande hâte, en entreprenant
par exemple l’exploration de vos expériences douloureuses avant d’être prête, peut toutefois vous déstabiliser. Votre thérapeute
doit vous expliquer les répercussions possibles d’une trop grande hâte. Vous devez travailler de concert avec lui pour établir
le rythme de la thérapie.