Méthadone — mythes et réalités
Traitement de maintien à la méthadone : Manuel du client

Mythe : La méthadone vous donnera une sensation de « rush » (euphorie).
Réalité : Si vous pensez que la méthadone vous donnera un « rush », vous serez déçu. Au début du traitement, vous vous sentirez peut-être
étourdi ou somnolent pendant quelques jours. Cependant, vous développerez rapidement une tolérance à ces effets. Attendez-vous
à avoir des sensations « normales » lorsque vous serez traité à la méthadone.
Mythe : La méthadone vous rendra malade.
Réalité : Vous risquez de ne pas vous sentir bien seulement au début de votre traitement, car la dose ne permettra peut-être pas d’éliminer
tous les symptômes de sevrage. Dans la plupart des cas, si vous ne vous sentez pas bien, cette sensation sera légère. On rajustera
votre dose et vous devriez vous sentir mieux en quelques jours.
Lorsque vous suivez un traitement à la méthadone, vous pouvez attraper un rhume ou une autre maladie comme tout le monde.
Cependant, vous êtes moins vulnérable aux maladies que les utilisateurs de drogues illicites. Les personnes traitées à la
méthadone risquent moins d’utiliser des seringues et ont plus de chances de bien s’alimenter et de prendre soin d’elles-mêmes.
Lorsque vous suivrez un traitement à la méthadone, vous ne vous réveillerez pas chaque matin en vous sentant mal. Au contraire,
la méthadone vous aidera à vous rétablir.
Mythe : La consommation de méthadone sur une longue période risque d’endommager le foie et la thyroïde et de causer une perte de
mémoire.
Réalité : L’utilisation à long terme de la méthadone est sécuritaire. Elle n’endommagera pas vos organes internes et si vous prenez
une dose appropriée, elle n’affectera pas votre capacité de réfléchir. Si vous souffrez d’une maladie comme l’hépatite ou
la cirrhose du foie, le traitement de maintien à la méthadone peut améliorer votre accès aux soins médicaux et vous aider
à gérer votre maladie.
Mythe : La méthadone pourrit vos dents et vos os.
Réalité : Il s’agit d’un mythe très répandu. Il est faux mais il mérite qu’on en parle davantage.
Un des effets secondaires de la méthadone, comme de nombreux autres médicaments, est une sécheresse de la bouche. Résultat,
vos dents sont plus vulnérables à la formation de plaque dentaire, une des principales causes de maladie des gencives et de
caries. Pour protéger vos dents, suivez les conseils d’hygiène dentaire habituels : brossez vos dents, utilisez de la soie
dentaire tous les jours, utilisez un rince-bouche, allez chez le dentiste au moins deux fois par an et réduisez votre consommation
de sucre. Boire beaucoup d’eau vous permettra également de réduire cette sensation de bouche sèche.
Si vous êtes traité à la méthadone et si vous avez l’impression que vos os pourrissent, c’est probablement parce que la dose
que vous prenez n’est pas assez forte. Les douleurs des os, qui font penser à la « pourriture » des os, sont l’un des symptômes
du sevrage à la méthadone. Une fois votre dose rajustée, vous ne devriez plus avoir de douleurs ou d’autres symptômes de sevrage.
Mythe : La méthadone vous fait prendre du poids.
Réalité : Tout le monde ne prend pas du poids lors du traitement à la méthadone. Cependant, c’est le cas de certaines personnes. Ceci
est dû en général au fait que la méthadone améliore votre santé et augmente votre appétit ; vous mangez donc davantage. Si
vous prenez de la drogue depuis longtemps, votre poids peut être insuffisant et vous avez besoin de prendre quelques kilos.
Même si le breuvage à la méthadone ne fait pas « grossir » comme les sucreries et les aliments très gras, la méthadone peut
ralentir votre métabolisme, retenir l’eau et donc vous faire prendre du poids. Vous pouvez contrôler cette prise de poids
en choisissant des aliments sains riches en fibres alimentaires comme les grains entiers, les fruits et les légumes, et en
faisant des exercices régulièrement. Si vous nourrissez votre corps, vous ne prendrez pas de poids et, plus important, vous
vous sentirez bien.
Mythe : Il est facile d’arrêter de prendre de la méthadone / Il est difficile d’arrêter de prendre de la méthadone.
Réalité : Comment ces deux déclarations pourraient-elles être toutes deux un mythe ? Bien sûr, il n’est pas facile de s’arrêter de
prendre de la méthadone, mais cela n’a pas besoin d’être difficile non plus. Les symptômes du sevrage de la méthadone sont
plus lents à se faire sentir que ceux du sevrage de l’héroïne ; cependant, le sevrage de la méthadone est plus long. Lorsque
vous serez prêt à arrêter de prendre de la méthadone, votre médecin diminuera graduellement votre dose. Normalement, c’est
vous qui déterminerez le rythme. (Pour de plus amples renseignements sur l’arrêt du traitement à la méthadone, consultez le chapitre 8.)
Mythe : Les personnes qui suivent un traitement à la méthadone sont toujours des toxicomanes, même si elles ne prennent pas d’autres
drogues.
Réalité : Les personnes qui prennent de la méthadone pour traiter la dépendance aux opioïdes ne sont pas plus des toxicomanes que celles
qui prennent de l’insuline pour soigner leur diabète. La méthadone est un médicament. Le traitement à la méthadone vous permet
de vivre une vie normale, de travailler, de suivre des études ou de vous occuper de vos enfants.
Mythe : La méthadone est un remède pour la dépendance aux opioïdes.
Réalité : La méthadone n’est pas un remède, mais bien un outil qui vous aide à réparer les dégâts causés par la dépendance, et à vous
bâtir une nouvelle vie. Comme tout outil, vous devez vous en servir. Comme un ouvrier utilise un marteau pour construire une
nouvelle maison ou un artiste un pinceau pour peindre un tableau, vous pouvez utiliser la méthadone pour éviter les drogues.
La méthadone facilitera votre tâche, mais votre tâche ne sera pas facile.
« J’aurais dû commencer le traitement à la méthadone il y a dix ans, mais je me suis laissé influencer par l’ignorance des
autres et par tout ce que les gens racontaient — que la méthadone ne guérit pas la dépendance, qu’elle vous donne un « rush
», etc., etc. J’ai gâché dix ans de ma vie à essayer différentes thérapies d’abstinence totale. Dans mon cas, ça a marché
seulement un an et demi et puis j’ai rechuté. Ma vie est devenue encore plus misérable et amère à cause de l’échec du programme.
La méthadone a été ma bouée de sauvetage… » — Marco, sous méthadone depuis 15 mois.
« Les stéréotypes sur la méthadone empêchent de nombreuses personnes de faire le premier pas. Les gens ont besoin de la méthadone,
mais en ont peur. La communauté médicale devrait bien connaître le programme ; elle devrait l’appuyer. Mon médecin de famille
s’est excusée auprès de moi ; elle m’a dit : « Je suis désolée de vous avoir recommandé de suivre le programme de maintien
à la méthadone, car je n’ai fait que changer votre drogue ». Un médecin qui ose déclarer ça ! C’est vraiment triste, car avons-nous
un autre choix ? Le sevrage brutal ? Ça peut marcher pendant quelque temps… Il faut que les gens sachent que la méthadone
est ok, qu’elle marche. » — Beth, 39 ans, sous méthadone depuis quatre ans.

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