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Chapitre 4 - Vivre avec la méthadone

Traitement de maintien à la méthadone : Manuel du client

Dans ce chapitre :

Doses à emporter chez soi

Durant les deux premiers mois du traitement, vous devrez vous rendre à la clinique ou à la pharmacie tous les jours pour prendre votre dose sous observation. Le contact quotidien durant cette période initiale permettra au personnel d’observer les progrès du traitement. Le personnel déterminera si la dose est trop faible ou trop forte, si vous ressentez des effets secondaires et si vous prenez d’autres drogues. Après deux mois, vous pourrez commencer à emporter vos doses chez vous.

Les doses à emporter chez soi sont un privilège qui vous est accordé si vous faites des progrès et si vous êtes prêt à assumer la responsabilité de l’utilisation et de l’entreposage sécuritaires des doses. Certains fournisseurs n’accordent ce privilège qu’aux personnes qui ont un résultat négatif à l’analyse d’urine.

On vous demandera probablement de signer un document indiquant que vous assumez la responsabilité de l’entreposage sécuritaire de vos doses et que vous comprenez que ces doses sont pour vous uniquement. Ce privilège pourra être retiré si vous ne respectez pas les conditions de l’entente ou si votre analyse d’urine est positive.

Avant de pouvoir emporter les doses chez vous, vous devrez accepter de ramener tous les flacons, pleins ou vides, à la clinique ou à la pharmacie, à tout moment, si on vous le demande. Vous devrez également accepter de faire une analyse d’urine, si on vous le demande. Si vous donnez ou vendez des doses, vous risquez des poursuites criminelles et on pourra suspendre vos privilèges.

Vous devez venir chercher vos doses à la clinique ou à la pharmacie. Le service de livraison à domicile n’existe pas.

Certaines cliniques ou pharmacies exigent que vous retourniez tous vos flacons vides.

Sécurité et entreposage

Votre dose de maintien de méthadone peut être nocive ou même mortelle pour toute personne qui n’a pas développé une tolérance à la drogue. Un jeune enfant risque de prendre votre dose pour du jus, la boire et en mourir. Ne transférez jamais votre dose dans un contenant dont le contenu peut porter à confusion. Cela a causé certaines tragédies par le passé. Vous êtes responsable de l’entreposage sécuritaire de vos doses et on vous tiendra responsable au cas où une autre personne les boit.

Les doses à emporter chez soi sont en général entreposées dans des flacons à l’épreuve des enfants, mais nous vous conseillons vivement de les garder dans une boîte fermée à clé, comme celles qui servent à garder vos hameçons ou votre argent.

Nous vous recommandons de garder vos doses au réfrigérateur. Cependant, certains clients trouvent que le jus utilisé pour les diluer se garde bien à la température ambiante.

Horaire

La période de temps qui s'écoule avant que vous puissiez emporter vos doses chez vous et le nombre de doses qui vous sont remises à la fois dépendent du fournisseur. Il voudra savoir si vous avez utilisé des drogues illicites et connaître la sécurité et la stabilité de votre foyer. Posez des questions pour savoir quand et dans quelles conditions vous pourrez ramener des doses chez vous.

Doses perdues ou volées

Les doses qui sont perdues ou volées ne peuvent pas être remplacées ; il faut le signaler à la police pour qu’elle puisse alerter le public et prévenir tout danger. La perte ou le vol de doses peut entraîner le retrait de vos privilèges et vous devrez vous rendre à la clinique ou à la pharmacie tous les jours pour les prendre. C’est à vous d’assurer leur entreposage sécuritaire.

Lorsque vous ne pouvez pas vous rendre à la clinique ou à la pharmacie

Il est très important que vous preniez votre dose, même si vous ne pouvez pas vous rendre à la clinique ou à la pharmacie. Il n’est pas nécessaire d’interrompre votre traitement dans les cas suivants :

  • voyage
  • maladie
  • accident
  • hospitalisation
  • arrestation

En général, vous ne manquerez pas de prendre votre dose si vous suivez les directives ci-dessous :

  • Certaines cliniques vous remettront une pièce d’identité avec photo si vous suivez un traitement à la méthadone. Gardez-la sur vous en tout temps pour qu’on sache que vous suivez ce traitement.
  • Gardez le numéro de téléphone de votre clinique, pharmacie ou médecin dans votre portefeuille. En cas d’hospitalisation ou d’arrestation, on s’assurera que vous recevez la bonne dose en communiquant avec votre médecin ou votre pharmacien.
  • Discutez avec votre médecin de la possibilité de porter un bracelet Medic Alert pour indiquer que vous êtes traité à la méthadone. Portez toujours ce bracelet. En cas d’accident, il vous permettra d’obtenir les bons médicaments.

Voyage à l’intérieur du Canada ou à l’étranger

Les voyages demandent un peu d’organisation et de planification. Cependant, si vous voulez voyager, vous pouvez choisir des destinations lointaines sans vous passer de votre méthadone. Vous pourrez obtenir une « dose d’invité » dans une autre pharmacie, dans une autre ville ou dans une autre province, et même dans un autre pays. Lorsque vous planifiez un voyage, parlez-en avec votre médecin longtemps à l’avance pour qu’il vous aide à obtenir des doses d’invité.

Si vous avez le droit d’emporter des doses chez vous, et si vous souhaitez faire un voyage à l’étranger, vous devrez peut-être franchir des frontières en les portant sur vous. C’est courant et les douaniers ne causent pas de difficulté. Vous devriez cependant savoir que l’introduction de méthadone dans certains pays est illégale, même si la loi n’est pas appliquée. Si vous vous rendez, par exemple, aux États-Unis, et si vous souhaitez emmener des doses avec vous, c’est possible. Les douanes américaines vous expliqueront même que c’est possible, mais officiellement, c’est illégal.

Lorsque vous passez la frontière, il est toujours prudent de traiter les douaniers avec politesse et de ne pas attirer l’attention sur votre personne. N’essayez pas de dissimuler votre méthadone ; si les douaniers la trouvent cachée, ils ne seront pas contents. S’ils vous le demandent, montrez-leur votre méthadone. Il s’agit d’une drogue prescrite légalement. Ce sont vos médicaments.

Voici quelques directives des douanes américaines concernant le fait de franchir la frontière en possession de méthadone :

  • Assurez-vous que la pharmacie a bien indiqué votre nom et la posologie (directives) sur les flacons contenant vos doses.
  • Amenez avec vous seulement les doses dont vous avez besoin pour votre usage personnel pendant votre séjour aux États-Unis.
  • Emportez une lettre de votre médecin ou de votre clinique expliquant votre traitement et votre dose. Assurez-vous que la lettre contient un numéro de téléphone qui permet de confirmer le contenu de la lettre.

La méthadone est une drogue que l’on peut prescrire dans de nombreux pays du monde entier. Le site Web INDRO (http://indro-online.de/travel.htm) contient des renseignements sur les règlements concernant les voyages en possession de méthadone, dans plus de 150 pays. Le site inclut, dans le cas de certains pays, le nom des dispensateurs de méthadone et celui des responsables des douanes. Assurez-vous que les renseignements sont à jour. Si vous n’avez pas accès à Internet, votre pharmacien vous aidera à trouver le statut légal et la disponibilité de la méthadone dans le pays où vous souhaitez vous rendre.

Maladie

La méthadone ne peut être administrée que par du personnel médical qualifié. Même si vous avez le droit d’en emporter chez vous, on ne peut pas vous la livrer à domicile. Si vous êtes trop malade pour vous rendre à la pharmacie pour aller chercher votre dose, prévenez votre pharmacien. Dans des circonstances exceptionnelles, votre pharmacien pourra peut-être vous livrer votre dose et vous observer pendant que vous la prenez.

Hôpital

En cas d’admission à l’hôpital, qu’il s’agisse d’une visite prévue ou d’une urgence, il est extrêmement important que le personnel sache que vous êtes traité à la méthadone. C’est essentiel non seulement pour qu’on puisse vous administrer votre dose, mais également parce qu’il existe d’autres drogues qui peuvent être dangereuses si elles sont combinées à la méthadone. Encouragez le personnel de l’hôpital à discuter avec votre médecin de votre dose et de vos soins.

« On m’a emmenée à l’urgence et quand je leur ai dit que je prenais de la méthadone, je me suis dit, mon Dieu, j’aurai un mal fou à en obtenir. Mais tout s’est passé si rapidement. On m’a donné ma dose juste quand j’en avais besoin. Il faut que vous contactiez votre docteur, bien sûr, et ça peut aussi dépendre de l’hôpital où vous allez. Mais moi, je n’ai eu aucun problème. » — Jackie, 36 ans, sous méthadone depuis cinq ans.

Arrestation / Incarcération

Si vous êtes incarcéré dans une prison fédérale ou provinciale en Ontario, vous devriez pouvoir poursuivre votre traitement en prison. Les gouvernements provincial et fédéral s’efforcent d’offrir un traitement à la méthadone à toutes les personnes qui en suivaient un immédiatement ou peu avant leur arrestation ou leur incarcération. Si vous avez des problèmes à recevoir un traitement, contactez votre médecin ou la clinique qui vous prescrit de la méthadone et demandez-lui de défendre vos intérêts. Les médecins qui soignent les prisonniers en Ontario peuvent soit prescrire de la méthadone, soit prendre les dispositions nécessaires pour qu’elle soit offerte. À l’heure actuelle, vous pouvez continuer votre traitement à la méthadone pendant que vous êtes en prison, mais vous ne pouvez pas le commencer en prison.

Effets secondaires

Constipation

Comme tout autre opioïde, la méthadone constipe. Le meilleur moyen de traiter cet effet secondaire désagréable est de manger des aliments riches en fibres. Achetez des céréales au son, du pain complet, du riz brun, des fruits et des légumes frais. Les haricots en conserve sont riches en fibres. Les prunes et le jus de pruneaux sont un remède miracle bien connu. Buvez beaucoup d’eau.

Méfiez-vous des aliments qui sont riches en gras comme le fromage et les pâtisseries. Ils sont difficiles à digérer et ralentissent votre système.

Si vous n’êtes pas habitué à suivre un régime riche en fibres, allez-y doucement au début. Ces aliments peuvent causer une sensation de gonflement et donner des gaz. Petit à petit, votre corps apprendra à transformer ces aliments, sans vous causer trop d’embarras.

Évitez de traiter la constipation avec des laxatifs. Ces médicaments ralentissent l’absorption des substances nutritives par votre organisme. Ils ne doivent être utilisés que de temps à autre. Si le régime riche en fibres ne suffit pas ou si vous ne supportez plus d’avaler du son, les pharmacies vous proposent des suppléments. Ces suppléments contiennent du psyllium, les graines d’une plante ressemblant au bananier. Il faut boire beaucoup d’eau avec ces suppléments, qui ne sont pas dangereux et qui devraient vous soulager.

Enfin, les exercices sont bénéfiques. Choisissez de préférence des exercices vigoureux comme la course ou la danse. Cependant, même une promenade après un repas ou un jeu de Frisbee au parc peuvent convenir. Il faut simplement rester actif.

Transpiration excessive

Ce symptôme persistant peut être difficile à contrôler. Parfois, si vous prenez une forte dose, le fait de la réduire peut supprimer la transpiration, bien que certaines personnes continuent d’avoir ces effets secondaires même lorsque la dose est faible. Si vous avez besoin de prendre une dose plus élevée ou si la diminution de votre dose n’est pas bénéfique, vous devrez peut-être apprendre à vivre avec ce problème. Portez alors des vêtements plus légers, en fibres naturelles, et utilisez des produits antisudorifiques et du talc.

Modification des pulsions sexuelles

Certaines personnes qui prennent de la méthadone déclarent qu’elles ont peu d’appétit sexuel et qu’elles sont incapables d’avoir un orgasme. D’autres déclarent que depuis qu’elles ont arrêté de prendre d’autres opioïdes et qu’elles ont commencé à se sentir mieux, leur vie sexuelle s’est améliorée. Il s’agit d’expériences individuelles. Parfois, vous prenez un autre médicament qui affecte vos pulsions sexuelles. Si vous avez des problèmes de nature sexuelle, votre médecin pourra vous offrir de bons conseils.

Méthadone et emploi

Une fois votre dose stabilisée, votre consommation de méthadone ne devrait pas affecter votre choix de travail ou votre rendement au travail. Dans la plupart des cas, il n’est pas nécessaire de dire que vous prenez de la méthadone et votre employeur n’a pas le droit de le savoir. Si vous voulez exercer un emploi qui exige que vous conduisiez un véhicule automobile, votre médecin doit être disposé à « recommander » qu’on vous accorde un permis. Le cas des clients traités à la méthadone qui soumettent une demande de permis commercial sont examinés un par un. Ils doivent prouver qu’ils sont stables et leur analyse d’urine doit être négative.

VIH, hépatite C et méthadone

La méthadone peut être extrêmement bénéfique pour les usagers d’opioïdes qui sont séropositifs pour le VIH ou l’hépatite C (HC). Comme la méthadone vous permet de mener une existence « normale », vous pouvez plus facilement prendre soin de vous, manger plus sainement et prendre vos médicaments au bon moment. La méthadone vous aide à vous sentir bien et vous permet de vivre votre vie comme vous l’entendez.

Assurez-vous de discuter de tout médicament sur ordonnance que vous prenez avec le médecin qui vous prescrit la méthadone. Certains de ces médicaments risquent d’interférer avec la méthadone et il faudra donc adapter votre dose.

Comment résoudre les problèmes liés au traitement ?

Si votre traitement ne vous satisfait pas, vous devriez tout d’abord en discuter. Si, par exemple, vous trouvez que votre dose ne vous convient pas, parlez-en à votre médecin et expliquez-lui ce que vous ressentez. C’est peut-être tout ce qu’il faudra pour résoudre votre problème.

Si vous pensez que vos discussions avec le médecin ou l’intervenant n’ont pas permis de régler votre problème, vous souhaiterez peut-être changer de fournisseur. Si vous vivez dans la région de Toronto, il existe plusieurs médecins et cliniques. Vous trouverez sans doute un médecin ou une clinique dont la méthode de traitement correspond à vos besoins. Si vous vivez dans une petite collectivité, votre tâche sera peut-être plus compliquée. Il n’y a peut-être qu’un seul médecin autorisé à prescrire de la méthadone où vous habitez.

En dernier lieu, si vous trouvez que vos problèmes avec votre fournisseur de services continuent d’être graves et persistants, vous pouvez porter plainte devant l’Ordre des médecins et chirurgiens de l’Ontario, en composant le 416 967-2600.

La plupart des professionnels que vous rencontrerez durant le traitement vous soigneront avec respect et vous encourageront. Traitez-les bien et neuf fois sur dix, ils vous le rendront bien.

« Parlez à votre médecin et expliquez-lui vos symptômes. Soyez ouvert et honnête avec lui. Il est important de nouer des liens fondés sur la confiance. » — Beth, 39 ans, sous méthadone depuis quatre ans.

« Je ne suis pas d’accord de devoir attendre aussi longtemps chez mon médecin. Je dois normalement l’attendre entre 15 et 45 minutes. Si c’était seulement de temps à autre, ça ne serait pas grave, mais je dois le voir souvent. Après, j’arrive en retard au travail. Si un toxicomane comme moi peut arriver à l’heure, je ne vois pas pourquoi ce serait impossible pour un médecin professionnel. » — Chris, 49 ans, sous méthadone depuis 17 ans.

« J’adore le personnel. Ce n’est pas facile de travailler avec des toxicomanes en colère et méfiants. Ils se sont battus pour moi quand je croyais que ma vie n’en valait plus la peine. » — Sharon, 46 ans, sous méthadone depuis quatre ans.

« Traitez toujours le personnel avec respect, n’importe les circonstances ou votre humeur. Soyez ferme mais pas agressif. Ne gémissez pas. Ne vous plaignez pas d’un employé auprès d’un autre. Si vous ne vous comportez pas comme un client modèle, vous aurez droit à votre dose mais à rien d’autre. » — Janet, 46 ans, sous méthadone depuis quatre ans.

« Je suis toujours étonnée : même après mes explosions de colère contre le personnel de la clinique, tout le monde est toujours sympathique avec moi et agit comme si rien ne s’était passé. J’apprécie vraiment, mais vraiment leur attitude, car je me sens déjà mal d’avoir été malpolie. » — Bonnee, 43 ans, sous méthadone depuis deux ans.

« Les cliniques varient. J’en ai consulté plusieurs. Dans l’une d’entre elles, les médecins, le pharmacien, etc., exploitaient les gens et ne savaient pas ce qu’ils faisaient. Dans une autre, tout le monde était froid. La clinique où je vais maintenant est fantastique. Tout le monde, y compris mon intervenant, est extraordinaire. » — Spacey, 30 ans, sous méthadone depuis six ans.

Changement de dispensateur de méthadone

Si vous déménagez dans un autre quartier ou une autre ville, ou si vous décidez de changer de médecin ou de clinique, vous pouvez changer de dispensateur de méthadone. Vous avez simplement besoin d’indiquer où vous voulez aller, vous assurer qu’on vous accepte et demander qu’on transfère votre dossier. Vous devrez signer un formulaire. Renseignez-vous sur la durée du processus.

Arrêt involontaire du traitement

Tous les fournisseurs de traitement à la méthadone ont des règlements. Certains sont plus stricts que d’autres dans leur façon d’agir lorsqu’un client ne respecte pas les règles. Selon les règles adoptées par votre fournisseur de services, il arrêtera peut-être le traitement dans les circonstances suivantes :

  • comportement menaçant, violent ou perturbateur envers le personnel, d’autres clients ou les autres ;
  • vente ou distribution de vos doses de méthadone ;
  • client qui ne vient pas chercher sa dose de méthadone pendant plus de trois jours de suite ou qui oublie souvent de venir la chercher (sans motif valable) ;
  • acte illégal commis dans les locaux comme le vol à l’étalage ou la vente de drogues ;
  • utilisation d’autres drogues ;
  • absence aux séances de thérapie de groupe.

Certains fournisseurs diminuent graduellement votre dose avant d’arrêter le traitement. D’autres vous aideront à trouver un autre programme. Certains accepteront peut-être de vous reprendre plus tard. En cas de comportement violent ou criminel, le fournisseur peut mettre fin abruptement au traitement. La façon de procéder à l’arrêt involontaire du traitement est laissée à la discrétion de la clinique ou de la pharmacie.

Traitement de maintien à la méthadone : Manuel du client

Méthadone — Mythes et réalités

  1. Méthadone et autres options
  2. Tout ce que vous voulez savoir sur la méthadone
  3. Traitement à la méthadone
  4. Vivre avec la méthadone
  5. Méthadone et autres drogues
  6. Counseling et autres services
  7. Femmes, famille et méthadone
  8. La méthadone, un regard vers l’avenir

Ressources


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