Chapitre 3 - Traitement à la méthadone
Traitement de maintien à la méthadone : Manuel du client
Dans ce chapitre :

Selon votre lieu de résidence en Ontario, vous pouvez choisir parmi les différents dispensateurs de méthadone — ou peut-être
qu’aucun n’existe dans votre communauté. Si vous n’avez pas déjà communiqué avec un médecin ou une clinique qui prescrit de
la méthadone, vous pouvez savoir si le traitement est disponible dans votre région de plusieurs façons :
- Consultez votre médecin de famille. Dites-lui que vous êtes prêt à suivre un traitement à la méthadone. Pour vous offrir un
traitement de maintien à la méthadone (TMM), votre médecin doit suivre un cours de formation l’autorisant à prescrire de la
méthadone. Si votre médecin n’a pas obtenu cette autorisation ou ne souhaite pas l’obtenir, demandez-lui de vous recommander
un médecin autorisé ou une clinique de traitement à la méthadone.
- Si vous n’avez pas de médecin de famille ou si vous ne voulez pas le consulter, vous pouvez vous adresser à un service d’orientation.
Plusieurs collectivités ontariennes offrent des services d’évaluation et d’orientation pour le traitement de la toxicomanie.
Pour connaître le numéro du service le plus proche de chez vous, adressez-vous à Drogue et alcool — Répertoire de traitement
de ConnexOntario, au 1 800 565-8603. Ce service est offert 24 heures sur 24. Lorsque vous appelez le service d’orientation
local, vous pourrez soit obtenir des services d’évaluation et d’orientation au téléphone, soit prendre rendez-vous avec un
intervenant, qui pourra vous aider à choisir le traitement qui vous convient.
- Tous les médecins de la province qui ont le droit de prescrire de la méthadone sont inscrits dans le registre de la méthadone
de l’Ordre des médecins et chirurgiens de l’Ontario. Si vous avez du mal à trouver un médecin qualifié dans votre collectivité,
composez le numéro du registre de la méthadone (416 967-2600). Dites que vous voulez suivre un traitement à la méthadone et
demandez le numéro de téléphone d’un médecin dans la collectivité qui accepte des patients. Souvenez-vous : il y a un nombre
limité de médecins autorisés à prescrire de la méthadone en Ontario. Si vous vivez dans une plus petite localité ou dans une
région isolée, vous devrez peut-être vous déplacer ou déménager pour suivre un traitement.
Avant de pouvoir prendre de la méthadone, il faut déterminer si le traitement vous convient. Pour prendre une telle décision,
votre médecin et peut-être une infirmière, un intervenant ou un responsable de la prise en charge devra apprendre à vous connaître.
Ce processus s’appelle l’« évaluation ». Il permet aux fournisseurs de traitement d’obtenir les renseignements dont ils ont
besoin pour débuter le traitement.
Le processus d’évaluation varie quelque peu selon votre clinique ou votre médecin. Cependant, en général, on évaluera « toute
votre personne ». L’évaluation inclut toujours un examen physique par un médecin et une pour déterminer si vous avez une dépendance
aux opioïdes. L’évaluation peut également inclure une radio de la poitrine pour s’assurer que vous ne souffrez pas de tuberculose
et, avec votre permission, une analyse de sang pour dépister la présence de VIH ou d’hépatite. On vous posera probablement
des questions sur votre consommation de drogues, votre santé physique et mentale, votre foyer, votre famille et votre travail.
On vous posera peut-être des questions sur votre casier judiciaire.
Souvenez-vous que personne ne vous juge. Votre médecin et toute autre personne qui vous poseront des questions ne s’intéressent
qu’à vous donner le traitement que vous recherchez. Essayez de répondre à leurs questions aussi honnêtement que possible.
L’évaluation vous permet également de connaître les personnes qui vous donneront des soins. N’hésitez pas à leur poser des
questions. Demandez-leur des renseignements sur les tests qu’elles vous font subir. Posez des questions sur les autres services
disponibles, à part le traitement à la méthadone. Rassemblez les renseignements dont vous aurez besoin pour prendre des décisions
concernant votre traitement.
L’évaluation permet de choisir le traitement approprié et sert aussi de « fiche médicale » : elle indique votre état au début
du traitement à la méthadone. Selon le dispensateur, vous recevrez peut-être une nouvelle évaluation à différentes étapes
du traitement. Ces nouvelles évaluations vous permettront, à vous et à votre médecin, de connaître vos progrès.
Chaque fournisseur exige des renseignements différents. L’évaluation dure au moins une heure et parfois presque toute la journée.
Plus vite l’évaluation se fera, plus vite on déterminera si vous pouvez suivre un traitement à la méthadone. La période d’attente
avant la décision du fournisseur et le début du traitement varie. Parfois, cela peut prendre une semaine, et parfois plusieurs
mois, en particulier dans les petites villes. Si vous voulez commencer le traitement dès que possible, demandez quelle sera
la durée du processus.
« Mon docteur s’est comporté envers moi de façon exemplaire. Les autres membres du personnel ont fait preuve d’une ouverture
d’esprit exceptionnelle. » — Basil, 42 ans, sous méthadone depuis trois ans.
Vous avez passé les tests et répondu à toutes les questions, et vous avez été accepté au traitement à la méthadone… mais il
y a encore deux autres étapes.
- Avant de recevoir votre première dose de méthadone, vous devez signer un formulaire de consentement qui permet d’inscrire
votre nom dans la base de données du registre de la méthadone de l’Ordre des médecins et chirurgiens de l’Ontario. Ces renseignements
servent uniquement à empêcher que les clients ne se fassent soigner à la méthadone par plus d’un médecin. Seul un médecin
autorisé à prescrire de la méthadone peut vérifier que vous suivez ou non un traitement à la méthadone. Personne d’autre,
qu’il s’agisse de votre employeur, de la police, des responsables du bien-être social ou des sociétés d’aide à l’enfance,
n’a accès à ces renseignements.
- De nombreux fournisseurs demandent à leurs clients de signer un contrat appelé souvent « entente de traitement ». Cette entente
déclare que vous consentez au traitement et énonce les règles et les attentes du fournisseur.
L’entente de traitement définit les politiques concernant les analyses d’urine, l’utilisation de drogues, les pièces d’identité
avec photo, les doses à emporter chez soi, les menaces, le comportement violent ou criminel et les conséquences du non-respect
des règlements. L’entente explique que si vous arrivez à la clinique ou à la pharmacie « défoncé » ou ivre, on vous demandera
d’attendre ou de revenir plus tard avant de vous donner votre dose. (C’est une mesure de précaution, car la méthadone, mélangée
à d’autres drogues, peut être mortelle.)
L’entente devrait également préciser vos droits, y compris le droit à la confidentialité des renseignements.
Pour des raisons de sécurité, votre première dose de méthadone sera de 15 à 30 mg par jour, une dose faible ou modérée. Les
effets de la méthadone varient selon la tolérance personnelle et peuvent dépendre des autres drogues qui se trouvent dans
votre corps.
Au début de votre traitement, vous aurez peut-être des symptômes de sevrage au cours des premiers jours. Tant que votre dose
ne sera pas stabilisée, vous ressentirez peut-être une certaine somnolence ou vous aurez peut-être envie de prendre de la
drogue. Cet état dure généralement entre deux et six semaines. Durant cette phase de stabilisation, vous ne devriez pas prendre
le volant ou faire fonctionner des machines lourdes. Voir ici pour les renseignements importants pour éviter une surdose de méthadone en début de traitement.
La méthadone est une drogue à action lente : pour ressentir les pleins effets d’un rajustement de la dose, il faut parfois
attendre plusieurs jours. Une fois la dose stabilisée, si vous manquez une dose, les effets du sevrage apparaîtront plus lentement
qu’avec les opioïdes à effet rapide comme l’héroïne.
Certains clients hésitent parfois à augmenter leur dose en début de traitement. Cette décision peut provoquer un état de manque
constant et la consommation continue de drogue. La première mesure du traitement est à trouver une dose qui vous permette
d’arrêter de prendre d’autres opioïdes. Une fois cet objectif atteint, vous pouvez réduire votre dose de méthadone, si vous
le souhaitez.
Dans la plupart des cas, la méthadone donne de meilleurs résultats lorsqu’elle est prise une fois par jour, à la même heure,
tous les jours. Cela permet de stabiliser le niveau de méthadone dans le corps ; vous vous sentirez ainsi dans un état « normal
».
Chose rare, certaines personnes métabolisent la méthadone plus rapidement et ressentent des symptômes de sevrage bien avant
l’heure de leur prochaine dose. En général, une augmentation de la dose quotidienne permettra de résoudre ce problème. Cependant,
dans certains cas, il faudra prescrire une « dose fractionnée » : deux demi-doses prises à 12 heures d’intervalle au lieu
d’une dose par jour. Si vous pensez que vous « brûlez » votre dose de méthadone trop rapidement et avez besoin d’une dose
fractionnée, demandez à votre médecin de tester les niveaux de méthadone dans votre sang durant la journée.
La méthadone est une drogue sûre lorsqu’on l’utilise correctement. Cependant, c’est une drogue puissante qui peut être mortelle.
Les surdoses sont rares, mais surviennent en général au cours des huit premiers jours du traitement. D’habitude, ces décès
sont le résultat d’une combinaison de méthadone et d’autres opioïdes, d’alcool ou de dépresseurs comme le Valium. Il faut
donner du temps au traitement à la méthadone pour qu’il porte fruit. Ne prenez pas d’autres drogues ; votre vie pourrait en
dépendre.
La consommation d’autres drogues durant les premières phases de votre traitement interfère également avec l’ajustement de
votre dose. Les symptômes que vous ressentez au début du traitement permettent à votre docteur de savoir quand rajuster votre
dose. Il faut entre deux et six semaines pour trouver la bonne dose. Persistez, car la situation s’améliore à la longue.
Si vous continuez à prendre de la drogue, prévenez votre médecin ou votre pharmacien. Votre vie peut en dépendre. Dites-leur
également comment vous vous sentez, si vous êtes en état de manque ou si vous êtes somnolent. Ces renseignements leur permettront
de corriger votre dose.
D’habitude, une dose stable de méthadone est de 60 à 100 mg par jour, et sera rajustée selon vos circonstances personnelles.
Ne comparez jamais votre dose à celle d’une autre personne. Celle qui vous a été recommandée est peut-être trop puissante
ou trop faible pour les autres. Chaque personne a son propre métabolisme et son propre niveau de tolérance à la drogue. Vous
savez que vous prenez la bonne dose lorsque vous atteignez un équilibre et que les symptômes de sevrage, l’état de manque
et les effets secondaires sont minimes. Une fois votre dose bien rajustée, vous devriez avoir plus d’énergie, avoir les idées
plus claires et être capable de vous acquitter de vos responsabilités et de poursuivre vos intérêts.
« Au cours des premières semaines du traitement, j’avais l’impression que chacun de mes nerfs était à fleur de peau. Je ne
pouvais ni conduire ma voiture ni prendre de décisions. Je devais faire preuve de patience même pour une simple conversation.
J’ai beaucoup plus d’énergie maintenant que je ne l’aurais cru possible. Je coupe le gazon, j’ai nettoyé le grenier et hier,
je me suis trouvée un emploi à temps partiel. » — Jill, 40 ans, sous méthadone depuis quatre semaines.
Les coûts fluctuent en fonction de la clinique ou de la pharmacie. Le coût de la dose quotidienne peut aller de 4 $ à 15 $.
Si vous touchez des prestations d’aide sociale en Ontario (Ontario au travail) ou des prestations d’invalidité (Programme
ontarien de soutien aux personnes handicapées), vous avez droit à une carte de médicaments de l’Ontario qui couvrira une partie
du coût de la méthadone, sinon le coût total. Si vous ne touchez pas de prestations d’aide sociale ou d’invalidité, mais si
votre revenu est faible, vous êtes peut-être admissible au Programme de médicaments de l’Ontario grâce au Programme de médicaments
Trillium. Parlez à votre intervenant pour obtenir de plus amples renseignements sur les possibilités d’aide financière.
De nombreux employeurs offrent des régimes d’assurance qui couvrent le coût des médicaments sur ordonnance, y compris la méthadone.
Si vous êtes couvert par un régime d’assurance grâce à votre travail, sachez que personne ne dira à votre patron ni à toute
autre personne que la compagnie d’assurance paye le coût de votre traitement à la méthadone. Certaines compagnies d’assurance
payent directement la pharmacie. D’autres exigent que ce soit vous qui le fassiez, elles vous demanderont ensuite de présenter
une demande de remboursement, puis elles vous enverront un chèque. N’importe la méthode adoptée, personne à votre lieu de
travail ne saura jamais que vous avez présenté une demande. Il s’agit de vos affaires privées et personnelles. Ces renseignements
sont confidentiels.
Le coût du traitement à la méthadone peut être plus élevé que prévu. Certaines personnes devront se déplacer de loin pour
obtenir leur dose et les frais de transport aller-retour pour se rendre à la clinique ou à la pharmacie risquent d’être dispendieux.
Il faut que vous pensiez à ces frais.
Comme tout athlète olympique, vous pouvez vous attendre à ce qu’on s’intéresse beaucoup à vos échantillons d’urine. En tant
que personne traitée à la méthadone, on vous demandera régulièrement un échantillon d’urine et on testera la présence de drogues
comme les opioïdes, la cocaïne, la marijuana, les amphétamines, les benzodiazépines et les barbituriques. Certaines cliniques
voudront vous « observer » lorsque vous donnerez votre échantillon d’urine. On veut simplement s’assurer que l’échantillon
d’urine est bien le vôtre.
Votre première analyse d’urine fera partie du processus d’évaluation. Cet échantillon permettra d’identifier votre dépendance
aux opioïdes.
Une fois le traitement à la méthadone commencé, on vous demandera probablement de faire une analyse d’urine au moins une fois
par semaine pendant les huit premières semaines. Après quoi, si vos analyses sont négatives (aucune trace de drogue), la fréquence
de ces tests pourra être réduite. Après environ une année de tests négatifs, on vous demandera peut-être de faire une analyse
une ou deux fois par mois. La plupart du temps, ces analyses se feront au hasard. La fréquence des analyses d’urine variera
selon votre fournisseur de services.
En plus de permettre de détecter la consommation d’autres drogues, les analyses d’urine permettront de savoir si vous avez
pris votre dose de méthadone. Il s’agit d’une mesure de précaution qui permet de veiller à ce que ce soit vraiment vous qui
prenez votre dose de méthadone. N’oubliez jamais que ce qui est une dose de maintien pour vous peut être une surdose pour
quelqu’un d’autre. Vous développez une tolérance à la drogue, car vous en prenez tous les jours.
Les fournisseurs examinent les résultats des analyses d’urine pour identifier les signes d’une lutte constante contre la drogue
ou les progrès réalisés dans le cadre du traitement. Pour certains clients, les résultats négatifs confirment qu’ils sont
bien capables de se désaccoutumer et renforcent leur détermination.
Les analyses d’urine positives préviennent les fournisseurs que vous prenez de la drogue et leur permettent d’assurer votre
sécurité ou de vous offrir plus de soutien émotionnel. Certains fournisseurs s’attendent à ce que leurs clients ne prennent
pas du tout de drogue ; d’autres sont plus tolérants. Les analyses d’urine positives risquent de retarder l’horaire des doses
à emporter chez soi ou d’interférer avec cet horaire. On vous demandera probablement de faire des analyses d’urine plus souvent.
Si votre analyse d’urine est positive et que vous n’avez pas consommé de drogue, vous pouvez demander qu’on fasse une nouvelle
analyse. Il arrive que les laboratoires commettent des erreurs. C’est rare, mais votre analyse d’urine peut montrer la présence
d’opioïdes après que vous ayez mangé un bagel aux graines de pavot. Vous êtes responsable de vous assurer que vos analyses
sont négatives. Ne mangez donc que des bagels aux graines de sésame.
« Certains disent, « je préfère aller mendier dans la rue plutôt que de me faire observer, le pantalon baissé, en train de
faire pipi dans un flacon ». On devrait trouver un autre moyen. C’est dur surtout lorsqu’on n’a rien fait de mal. C’est difficile
à accepter. C’est même révoltant. » — Jackie, 36 ans, sous méthadone depuis cinq ans.
De plus en plus de pharmacies communautaires, surtout certaines grandes chaînes, offrent maintenant de la méthadone à leurs
clients. Bien que les médecins doivent être autorisés à prescrire de la méthadone, n’importe quelle pharmacie peut en dispenser,
si elle le désire.
Il est pratique de prendre sa méthadone à la pharmacie locale. Vous n’aurez cependant pas droit aux services de soutien et
aux services supplémentaires offerts dans les cliniques de traitement à la méthadone. Votre pharmacien ne s’intéresse peut-être
pas beaucoup à vous et à votre traitement et se contente simplement de vous conseiller sur la meilleure façon de prendre votre
dose. Par contre, si la clinique de traitement à la méthadone est située à plusieurs kilomètres, vous trouverez probablement
plus pratique de chercher votre dose à la pharmacie du coin.
S’il n’existe pas de clinique de traitement à la méthadone dans votre région, la pharmacie communautaire est le seul moyen
de suivre un traitement de maintien à la méthadone sans avoir à déménager ou à se déplacer. Vous devrez quand même faire des
analyses d’urine, mais votre médecin pourra prendre les dispositions nécessaires pour que ces tests puissent se faire au laboratoire
local.
Dans les villes où il existe des cliniques de traitement à la méthadone, certains clients préféreront peut-être aller chercher
leur dose à la pharmacie pour réduire le contact avec d’autres clients suivant le même traitement.
Lorsque vous allez chercher votre dose à la pharmacie locale, vous devrez attendre comme tout le monde. Vous serez peut-être
la seule personne qui vienne chercher une dose de méthadone. Si vous craignez que vos voisins ne vous voient ou qu’ils apprennent
la raison de votre présence, sachez que le pharmacien est un professionnel qui sera discret. De nombreuses pharmacies offrent
une zone de consultation privée où vous pouvez chercher votre dose loin du regard des autres clients. Vous pouvez également
prendre des dispositions pour venir chercher votre dose en dehors des heures de pointe.
Si vous voulez aller chercher votre dose à la pharmacie locale, appelez votre pharmacien ou passez le voir et demandez-lui
s’il garde en stock des doses de méthadone ou s’il pourrait en commander pour vous. Certaines pharmacies hésitent à garder
des doses de méthadone en stock, de peur d’attirer des criminels. C’est à vous et aux autres personnes suivant un traitement
à la méthadone de prouver que ces craintes sont fausses. Les pharmaciens communautaires qui vendent de la méthadone offrent
un service essentiel. Exprimez-leur votre gratitude.
Si vous avez du mal à trouver une pharmacie qui vend de la méthadone dans votre collectivité, parlez-en au personnel de la
pharmacie où vous achetez vos médicaments : il pourra vous aider.
Comprendre vos droits en matière de confidentialité du traitement peut vous permettre de vous détendre et de parler ouvertement
à votre médecin ou à votre intervenant. Il faut que vous réalisiez que l’on ne dira à personne que vous suivez un traitement
ni ce que vous direz au personnel du programme traitement, sauf dans les circonstances suivantes :
- Les membres d’une équipe de traitement partagent souvent les renseignements sur un client et en discutent entre eux ; par
exemple, votre médecin et votre intervenant.
- Lorsque vous donnez votre consentement par écrit. Par exemple, si vous souhaitez changer de médecin ou de clinique et demandez
que l’on transfère votre dossier.
- Si vos paroles ou votre comportement laissent croire à votre médecin ou à votre intervenant que vous présentez un danger pour
les autres ou pour vous-même, la loi exige qu’il en informe les autorités pour assurer la sécurité et protéger la vie des
personnes concernées. Tout incident de violence faite aux enfants ou de négligence envers les enfants, réelle ou soupçonnée,
doit être signalé à la police ou aux organismes de protection de l’enfance.
- Si vous allez être jugé devant les tribunaux et si on exige que vos dossiers de traitement soient soumis comme preuves.
Si votre traitement est une condition imposée par les tribunaux, une condition de probation ou de libération conditionnelle
ou vous permet de conserver la garde de votre enfant, on vous demandera peut-être de signer un formulaire de renonciation
à vos droits de confidentialité.
Tous les tests concernant le VIH et toute autre maladie transmissible sont confidentiels. Si vos tests sont positifs, ces
renseignements seront toutefois partagés avec les responsables de la santé publique et il faudra informer vos partenaires
sexuels et ceux avec lesquels vous partagez une seringue qu’ils ont été exposés à la maladie. Vous pourrez poser des questions
à ce sujet lorsqu’on vous fera les analyses.
Discutez des exceptions à la confidentialité avec votre médecin ou votre intervenant au début du traitement. Cela est très
important lorsque vous avez des enfants. Il est possible qu’on supprime votre droit à la confidentialité si on pense que les
enfants courent « un risque ». Ce terme peut être interprété de plusieurs façons. Certains fournisseurs considèrent que toute
preuve d’utilisation de drogues illicites présente un danger pour les enfants. Vous vous sentirez beaucoup plus à l’aise si
vous connaissez l’interprétation de votre fournisseur de traitement.
Comme nous l’avons mentionné auparavant, tous les clients suivant un traitement à la méthadone sont inscrits dans le registre
de la méthadone de l’Ordre des médecins et chirurgiens de l’Ontario (OMC). Ces renseignements ne sont donnés qu’au médecin
qui prescrit la méthadone, dans le but de veiller à ce que personne ne se fasse soigner par plus d’un médecin. Les seuls renseignements
recueillis sont le nom, la date de naissance, le sexe, le numéro de la carte Santé, la ville de résidence au début du traitement
et le nom du fournisseur de services (nom du médecin ou de la clinique affiliée). Si vous changez de fournisseur ou si vous
abandonnez le traitement, on vous demandera de signer un formulaire permettant à l’OMC de modifier vos renseignements dans
sa base de données.
La méthadone est un médicament très sûr, mais on peut accidentellement en prendre une surdose pendant les deux premières semaines
du traitement. Les questions et réponses ci-après vous aideront à franchir cette période en toute sécurité. Partagez cette
information avec un ami ou un membre de la famille.
Pourquoi mon médecin ne peut-il pas augmenter ma dose plus rapidement ?
Lorsque vous entreprenez un traitement à la méthadone, il est normal de vouloir recevoir la bonne dose le plus tôt possible.
Toutefois, votre médecin doit augmenter la dose graduellement sur une période de plusieurs semaines pour que votre corps puisse
s’adapter à la méthadone qui, contrairement à d’autres stupéfiants, prend plusieurs jours à atteindre un taux constant dans
la circulation sanguine. Une dose qui semble insuffisante le lundi peut devenir dangereuse au point de vous conduire à l’hôpital
le jeudi.
Que puis-je prendre pour soulager les symptômes de sevrage et m’aider à dormir jusqu’à ce que la méthadone commence à faire
de l’effet ?
Prenez uniquement les médicaments prescrits par le médecin qui vous administre votre traitement à la méthadone. Tout médicament
prescrit par un autre professionnel de la santé doit être approuvé par votre médecin traitant pour éviter les interactions
médicamenteuses. Les substances qui ont un effet calmant et entraînent un état de somnolence peuvent être dangereuses. Cela
inclut l’alcool, les opioïdes, les benzodiazépines (Ativan, Valium, Rivotril, etc.), les antihistaminiques comme Gravol ou
Benadryl, et certains antidépresseurs et tranquillisants. Certains antibiotiques peuvent aussi être nocifs car ils bloquent
le métabolisme de la méthadone. Il est donc très important de faire vérifier tous vos médicaments par le médecin autorisé
à vous administrer la méthadone.
La méthadone entraîne-t-elle un état de somnolence ?
Non. Vous ne devriez pas ressentir d’euphorie ni de somnolence lorsque vous prenez de la méthadone; vous devriez vous sentir
dans votre état normal. La méthadone pénètre tellement lentement dans l’organisme que si vous avez envie de vous assoupir
pendant la journée et que vous vous allongez pour faire un somme, vous pourriez ne pas vous réveiller. Soyez donc vigilant
et prenez les précautions suivantes :
- Prenez votre dose de méthadone le matin.
- Consultez votre médecin deux fois par semaine pendant les deux premières semaines.
- Parlez de votre traitement à un ami proche ou à un membre de la famille. Si cette personne constate que vous êtes somnolent,
elle doit appeler votre médecin traitant ou une ambulance.
Quels sont les symptômes associés à une trop forte dose ?
- Vous vous sentez somnolent et vous vous endormez plusieurs fois dans la journée.
- Vous êtes distrait.
- Vous avez de la difficulté à vous réveiller.
- Vous éprouvez des difficultés à parler, à marcher ou vous semblez ivre.
Si vous éprouvez ces symptômes, appelez immédiatement votre médecin ou rendez-vous à l’urgence, car vous pourriez être en
état de surdose.
Un des patients de la clinique de méthadone m’a offert une petite dose de méthadone. Cela ne peut pas me faire de mal, car
je sais que j’ai besoin de 80 mg !
Surtout, ne prenez pas de dose supplémentaire de méthadone. Cette dose est peut-être indiquée pour votre ami, mais elle pourrait
être mortelle dans votre cas. Vous avez pris une fois une dose de 80 mg et vous vous êtes senti bien. Par contre, si vous
aviez pris 80 mg quotidiennement pendant trois ou quatre jours, vous auriez pu perdre la vie. N’oubliez pas que la dose prend
parfois cinq jours avant d’atteindre une certaine concentration dans le sang.
* Tiré de Methadone Maintenance Guidelines, novembre 2005, copyright 2005, et reproduit avec la permission de l’Ordre des
médecins et chirurgiens de l’Ontario.

Traitement de maintien à la méthadone : Manuel du client
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