7.8 : Approches en matière de traitement
Guide à l’intention des familles sur les troubles concomitants – Partie III: Traitement
Dans : Guide à l’intention des familles sur les troubles concomitants (© 2008)
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Le traitement des troubles concomitants comprend les traitements psychosociaux (dont il est question dans le présent chapitre)
et la médication (dont on discute au chapitre 8). L’un ou l’autre ou ces deux traitements peuvent être administrés aux clients.
La thérapie individuelle permet au thérapeute de se concentrer exclusivement sur le client sans être distrait par la présence d’autres personnes.
Elle est particulièrement utile pour établir une relation de travail étroite, examiner la motivation et les objectifs du client
et déterminer les objectifs personnels d’intervention.
La thérapie de groupe (groupes dirigés par des professionnels) encourage les clients à se soutenir les uns les autres et leur fournit des modèles
de comportement positif au début du traitement. En général, il y a au plus dix personnes et deux thérapeutes par groupe. Le
groupe permet de créer une atmosphère où les clients se sentent à l’aise et sont libres de discuter de questions telles que
les relations familiales, les effets secondaires des médicaments et la rechute.
On entend par psychoéducation le fait de fournir des renseignements sur la santé mentale et l’utilisation d’une substance.
Les personnes qui comprennent leurs problèmes sont mieux en mesure de faire des choix éclairés. Lorsqu’ils ont les connaissances
nécessaires, les clients et leur famille peuvent plus facilement composer avec leurs problèmes, trouver des moyens d’éviter
les problèmes à l’avenir et élaborer un plan favorisant le rétablissement.
Tous les clients ayant des troubles concomitants devraient participer à un programme de psychoéducation au début de leur traitement.
Certaines personnes peuvent avoir de la difficulté à assimiler les renseignements qu’elles reçoivent au début de leur traitement
ou à s’en souvenir plus tard. À mesure qu’elles se rétablissent, le programme de psychoéducation peut leur être plus utile.
Il se peut que ce programme soit le seul traitement nécessaire si les problèmes ne sont pas très graves.
Lors des séances de psychoéducation, on discute notamment des questions suivantes :
- les causes des problèmes de santé mentale et liés à l’utilisation d’une substance ;
- comment traiter les problèmes ;
- comment gérer (si possible) les problèmes soi-même ;
- comment éviter que les problèmes ne réapparaissent.
Psychothérapie
La psychothérapie, également appelée thérapie par la parole, aide les gens à faire face à leurs problèmes en examinant leurs
façons de penser, d’agir et d’interagir avec d’autres personnes.
Certains types de psychothérapie conviennent mieux à certains problèmes. La psychothérapie peut être de courte ou de longue
durée.
La thérapie de courte durée a une structure et un but précis. Le thérapeute joue un rôle actif et dirige le processus. En
général, la thérapie compte entre dix et 20 séances.
D’habitude, dans le cadre d’une thérapie de longue durée, le thérapeute joue un rôle moins actif. De plus, le processus est
moins structuré. Le traitement se poursuit généralement pendant au moins un an. Il vise à aider le client à régler des questions
psychologiques majeures.
Pour que la thérapie soit couronnée de succès, il faut que le client se sente soutenu par le thérapeute, qu’il soit à l’aise
avec lui et qu’il lui fasse confiance. Le thérapeute peut être un médecin, un travailleur social, un psychologue ou un autre
professionnel. Il peut travailler dans un hôpital, une clinique ou un cabinet privé. Il y a plusieurs types de psychothérapie.
La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) repose sur la théorie selon laquelle les pensées influencent considérablement
les comportements. Le thérapeute aide le client à déterminer les pensées et les comportements qui n’apportent rien d’utile
et à développer des aptitudes et des habitudes plus saines. Le client et le thérapeute fixent des objectifs et élaborent
des stratégies. Entre les séances, le client doit s’exercer à utiliser les compétences dont il a discuté avec le thérapeute.
La formation aux aptitudes sociales fait appel à des techniques comme le jeu de rôles, l’imitation de rôles, l’accompagnement,
le travail à la maison et la rétroaction pour aider le client à apprendre (ou à réapprendre) les aptitudes et les compétences
interpersonnelles dont il a besoin.
La thérapie comportementale dialectique (TCD) est un type de thérapie cognitivo-comportementale utilisé pour traiter un large
éventail de problèmes comportementaux. Lors des séances de TCD, le client examine l’influence de ses antécédents et de ses
expériences sur la façon dont il contrôle ses émotions. La TCD s’inspire des techniques cognitivo-comportementales de l’Occident
et de la philosophie Zen de l’Orient.
Elle apprend au client à :
- prendre davantage conscience de ses pensées et de ses gestes ;
- supporter la détresse ;
- composer avec ses émotions ;
- mieux communiquer ;
- améliorer ses relations.
La prévention structurée de la rechute (PSR) fait appel à une approche cognitivo-comportementale pour aider les personnes
ayant des problèmes moyennement graves ou très graves à mieux contrôler leur consommation d’alcool et d’autres drogues.
La thérapie psychodynamique, également appelée thérapie par la compréhension de soi, repose sur la théorie selon laquelle
les processus inconscients (questions dont on ignore peut-être l’existence) influencent les comportements. Cette approche
aide le client à se pencher sur les questions non réglées découlant de problèmes antérieurs sur le plan des relations.
La thérapie interpersonnelle aide le client à mieux communiquer et interagir avec d’autres personnes ainsi qu’à :
- réfléchir à la façon dont il interagit avec autrui ;
- repérer les problèmes dans ses relations ;
- déterminer les changements qu’il pourrait apporter.
Un groupe de thérapie interpersonnelle met l’accent sur les interactions entre les membres d’un groupe.
L’entretien motivationnel (EM) motive le client à changer. Cette méthode a été mise au point pour venir en aide aux personnes
ayant des problèmes liés à la consommation d’alcool et d’autres drogues. On s’en sert maintenant auprès des personnes ayant
des problèmes comme la boulimie, l’hypertension, le diabète et les troubles concomitants.
Un groupe d’entraide formé de pairs réunit des personnes ayant des problèmes semblables. Les membres du groupe peuvent parler
des défis qu’ils doivent relever dans un milieu sûr où ils sont soutenus. Il peut être bénéfique pour les personnes chez qui
on a diagnostiqué récemment des troubles concomitants de prendre connaissance des expériences vécues par d’autres personnes.
En général, les personnes qui font partie d’un tel groupe nouent des liens étroits entre elles.
Il y a des groupes d’entraide formés de pairs pour les clients et les familles. Double Trouble et Dual Recovery Anonymous sont deux groupes qui s’adressent aux clients. La Family Association for Mental Health Everywhere (FAME) a mis sur pied des groupes pour les familles. Bien que ces groupes soient connus sous le nom de groupes d’entraide, ils offrent en fait ce qu’on appelle un soutien mutuel.
Conseils pour évaluer les groupes d’entraide formés de pairs
La pluspart des organismes d’entraide / de soutien mutuel s’adressant aux familles s’occupent des questions de santé mentale
(p. ex., la Mood Disorders Association of Ontario ou la Société de schizophrénie de l’Ontario) ou des questions liées à l’utilisation d’une substance (p. ex., Al-Anon). Toutefois, beaucoup de familles dont un parent est aux prises avec des troubles concomitants estiment qu’il leur est très
bénéfique de faire partie d’un ou de plusieurs groupes mis sur pied par ces organismes.
Si vous décidez de vous joindre à un groupe, nous vous suggérons de l’évaluer afin de déterminer s’il répond à vos besoins
et convient à votre situation.
Questions à poser au sujet d’un groupe d’entraide
- Le groupe accepte-t-il de nouveaux membres ?
- Les membres du groupe se respectent-ils ?
- Le groupe convient-il à ma situation, à mes préoccupations et à mes besoins ?
- Y a-t-il des conditions à remplir pour faire partie de ce groupe (p. ex., payer des droits d’adhésion) ?
- Le groupe respecte-t-il et inclut-il les familles qui ont des origines raciales et des croyances religieuses différentes,
qui sont issues d’autres couches économiques et qui proviennent de divers milieux culturels ?
- Le groupe offre-t-il à la fois des séances d’information et des services de soutien ?
- Le groupe est-il permanent ou temporaire ?
- Le groupe a-t-il une attitude positive en ce qui concerne l’aide fournie aux familles par des professionnels ?
- Qui anime le groupe et comment le processus de groupe est-il géré ?
Si le groupe s’adresse aux familles dont un parent a des problèmes de santé mentale :
- Puis-je parler des problèmes de mon parent qui sont liés à l’utilisation d’une substance ?
Le groupe est-il disposé à envisager la réduction des méfaits comme un traitement possible dans le cas d’un problème lié à
l’utilisation d’une substance ? Si le groupe s’adresse aux familles dont un parent a des problèmes liés à l’utilisation d’une
substance :
- Puis-je parler des problèmes de santé mentale de mon parent ?
- Le groupe est-il en faveur de l’administration de médicaments pour traiter les problèmes de santé mentale ?
Les membres de la famille peuvent eux aussi suivre une thérapie.
La thérapie familiale permet aux membres de la famille d’obtenir des conseils et de l’aide, et de se renseigner sur :
- les troubles concomitants ;
- la façon d’aider le client et de l’appuyer dans son traitement ;
- la façon de prendre soin d’eux-mêmes.
En général, le thérapeute travaille avec une famille à la fois. Toutefois, la thérapie familiale est parfois dispensée sous
forme de séances de groupe réunissant des familles qui vivent une situation semblable. Les membres du groupe peuvent parler
de leurs sentiments et de leurs expériences avec des familles qui les comprennent et les appuient.
Les interventions familiales tirent parti du réseau de soutien naturel du client. Elles peuvent mener à la création d’un milieu
de vie ou d’un milieu familial qui encourage une utilisation réduite de la substance et le respect du programme de traitement
du problème de santé mentale.
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