2.2 : Troubles liés à une substance
Guide à l’intention des familles sur les troubles concomitants – Partie I : Que sont les troubles concomitants ?
Dans : Guide à l’intention des familles sur les troubles concomitants (© 2008)
Aperçu : Problèmes liés à l’utilisation d’une substance

Il n’y a pas de critère précis indiquant à quel moment l’utilisation d’une substance cause un problème si grave qu’il nécessite
un traitement. Toutefois, le DSM-IV classe les troubles liés à une substance dans la catégorie des troubles de santé mentale.
Un grand nombre de cliniciens utilisent les critères du DSM servant à diagnostiquer l’abus d’une substance et la dépendance à une substance pour repérer les troubles concomitants et évaluer les personnes aux prises avec ces troubles.
Abus d’une substance
Les personnes qui abusent régulièrement d’une substance peuvent éprouver de graves problèmes, et ce pendant longtemps, sans
avoir de dépendance.Ces problèmes peuvent être :
- l’incapacité de s’acquitter de ses responsabilités (p. ex., absentéisme, obtenir de mauvais résultats à l’école ou ne pas
accomplir ses tâches à la maison);
- une consommation dangereuse (p. ex., utiliser une substance dans des situations dangereuses comme la conduite d’un véhicule)
;
- des problèmes juridiques (p. ex., se faire arrêter pour inconduite après avoir utilisé une substance) ;
- des problèmes sociaux et familiaux (p. ex., se disputer avec sa famille au sujet de l’intoxication).
Si un ou plusieurs de ces problèmes affectent considérablement la vie de la personne, cette dernière pourrait être considérée
comme ayant un trouble lié à l’abus d’une substance.
Les personnes qui ont une dépendance à une substance sont aux prises avec de graves problèmes physiques, mentaux et comportementaux
qui peuvent affecter considérablement leur vie. Voici des signes d’une dépendance à une substance :
- accoutumance : le besoin de consommer la substance en quantités de plus en plus grandes pour ressentir les effets souhaités
tels que l’intoxication ;
- sevrage : éprouver des symptômes désagréables si on cesse d’utiliser la substance ; continuer d’utiliser une substance ou
utiliser une substance semblable pour éviter ou atténuer les symptômes de sevrage ;
- désir de réduire la consommation ou d’y mettre fin : tentatives infructueuses de réduire la consommation ou d’y mettre fin
;
- temps : consacrer beaucoup de temps à se procurer et à utiliser une substance ou à se remettre de ses effets ;
- abandon des activités habituelles : cesser de travailler ou de se livrer à des activités sociales ou récréatives ou y consacrer
moins de temps et s’isoler de sa famille et de ses amis afin d’utiliser la substance ou de passer plus de temps en compagnie
de personnes qui en prennent ;
- maintien de l’utilisation : continuer d’utiliser la substance malgré ses effets négatifs.
Si au moins trois de ces problèmes persistent pendant 12 mois, la personne concernée pourrait être diagnostiquée comme ayant
une dépendance à une substance.
Il n’est pas nécessaire qu’une personne montre des signes d’accoutumance ou de sevrage pour avoir une dépendance. Par exemple,
les personnes qui ont une dépendance à la marijuana en consomment de façon compulsive mais ne présentent aucun signe d’accoutumance
ou de sevrage. Une personne fait une utilisation compulsive d’une substance lorsqu’elle continue de l’utiliser malgré les
conséquences négatives qu’elle subit et malgré le fait qu’elle veut y mettre fin ou a tenté de le faire. Un grand nombre de
personnes qui ont une dépendance éprouvent un état de besoin intense qui fait qu’elles ont une forte envie d’utiliser une
substance.
Addiction
Il y a plusieurs définitions de ce terme. Certaines définitions techniques sont semblables à celle de la dépendance (voir ci-dessus). La plupart des gens utilisent ce terme de façon plus générale pour désigner des comportements compulsifs comme l’utilisation
problématique d’une substance. Les utilisateurs maintiennent ces comportements malgré les effets négatifs intenses qui y sont
associés.
Si nous utilisons cette définition, l’addiction peut être considérée comme faisant partie d’un continuum. L’abus d’une substance
est une forme moins grave d’addiction que la dépendance. L’usage du tabac, le jeu problématique et les comportements sexuels
compulsifs sont d’autres formes d’addiction.