4.3 : Changements dans les relations
Guide à l’intention des familles sur les troubles concomitants – Partie II : Incidence sur les familles
Dans : Guide à l’intention des familles sur les troubles concomitants (© 2008)
Aperçu : Effets des troubles concomitants sur la vie familiale

Sur cette page :

Il arrive souvent que des personnes aux prises avec des troubles concomitants estiment que les membres de leur famille s’immiscent
dans leur vie privée. Le ressentiment qu’elles éprouvent parce qu’elles se sentent surprotégées peut susciter de la colère
et de la révolte, et peut les amener à mal se conduire. Ces comportements peuvent accroître le risque que les problèmes de
santé mentale ne s’aggravent ou que la personne ne se mette dans une situation dangereuse. Le cycle des préoccupations de
la famille et des réactions de l’être cher se répète alors. Cela fait perdre du temps à tout le monde, devient épuisant sur
le plan physique et affectif, et nuit à la qualité de vie.
Dans bien des cas, le père et la mère d’enfants aux prises avec un trouble de santé mentale éprouvent un sentiment de vide
et de la tristesse en voyant à quel point leur enfant a changé. Les membres de la famille devront peut-être modifier leurs
attentes à l’égard de l’être cher concernant ses études, sa carrière, le mariage et les enfants, ce qui peut causer une douleur
émotionnelle, un sentiment de perte, de la peine, de la tristesse et de la colère. La peine est semblable à celle qu’on ressent
lorsqu’un être cher meurt ou souffre d’une maladie chronique.
La famille avait déjà tant d’autres problèmes. Je me souviens que j’étais triste et frustré et j’éprouvais un sentiment de
vide au sujet de ma fille et de ce qu’elle aurait pu devenir.
Les frères et sœurs peuvent craindre d’avoir eux aussi des problèmes de santé mentale, des problèmes liés à une substance
ou ces deux types de problèmes. Il se peut qu’ils s’inquiètent du stress et de la pression que subissent leurs parents et
qu’ils décident de compenser ce que leurs parents ont perdu chez l’autre enfant. C’est un lourd fardeau. Parallèlement, les
enfants n’apprécient peut-être pas que leurs parents passent tant de temps avec leur frère ou leur sœur malade. Cela peut
les mettre en colère au point où ils se conduisent mal ou prennent leur distance par rapport à leur famille et leurs amis.
Je me souviens qu’on me taquinait quand j’étais petite parce que j’étais si sérieuse, si sombre. Les gens me disaient que
je me comportais comme une femme dans la cinquantaine, une femme beaucoup plus âgée que moi. Il m’était impossible de leur
expliquer ma situation. J’allais à l’école après avoir passé une nuit blanche. La police était venue chez moi parce que ma
sœur avait eu un épisode psychotique. Personne n’a pensé à faire à manger, car elle venait de faire une surdose. Mes parents
l’ont accompagnée à l’urgence. Et moi, je devais aller à l’école comme d’habitude et satisfaire à toutes les attentes qu’on
avait envers moi. Mais je ne disais rien à personne. Je faisais comme si de rien n’était. Je ne pouvais parler à personne,
parce que personne n’aurait compris la situation…
Les enfants peuvent eux aussi subir la colère, l’hostilité ou la violence verbale ou physique de leur frère ou sœur. Ces comportements
peuvent susciter le choc, le désarroi, la peur et un sentiment d’abandon et de rejet. Parfois, les enfants ont l’impression
d’avoir perdu leur meilleur ami. Ils peuvent se sentir coupables d’avoir une meilleure vie que leur frère ou sœur.
Aider les enfants à s’adapter
Les parents peuvent aider leurs autres enfants en :
- les rassurant et en leur disant que les comportements tels que l’agressivité sont des symptômes de la maladie et qu’ils ne
doivent pas se sentir visés ;
- leur faisant part de leurs sentiments et en les encourageant à parler de ce qu’ils ressentent et des effets des problèmes
de leur frère ou sœur sur eux ;
- leur expliquant que les comportements, les symptômes et le diagnostic de leur frère ou sœur créent souvent un malaise, de
la gêne et de la honte parmi les membres de la famille ;
- parlant des préjugés, si cela est approprié, des raisons pour lesquelles les gens ont des préjugés et des moyens d’y faire
face (on trouvera plus de renseignements sur les préjugés au chapitre 6) ;
- les aidant à se renseigner sur les problèmes de santé mentale et liés à l’utilisation d’une substance, et sur l’interaction
entre ces problèmes ;
- passant du temps avec eux, en leur parlant et en se livrant à des activités agréables avec eux ;
- les aidant à nouer de nouveaux liens avec leur frère ou sœur et en créant des occasions uniques de passer du temps avec lui
ou elle.
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