Obtenir de l’aide

9.2 : Prévention de la rechute – problèmes liés à l’utilisation d’une substance

Guide à l’intention des familles sur les troubles concomitants – Partie III: Traitement

Dans : Guide à l’intention des familles sur les troubles concomitants (© 2008)

Aperçu : Prévention de la rechute

La rechute est un élément prévu du traitement des problèmes liés à l’utilisation d’une substance et du processus de rétablissement. En général, des signes avant-coureurs apparaissent bien avant la rechute. Il est possible de reconnaître ces signes et d’agir pour éviter la rechute.

S’il y a rechute, cela ne signifie pas que le traitement a échoué, que le client n’a pas la force de caractère requise ou que l’aidant a commis une erreur. La personne aux prises avec un problème lié à l’utilisation d’une substance doit développer et mettre en pratique diverses aptitudes pour éviter la rechute. Il faut considérer la rechute comme une occasion pour la personne de réfléchir aux moyens de faire face à des situations semblables à l’avenir. Toutefois, si une personne fait constamment une rechute, cela peut signifier qu’elle est aux prises avec un trouble plus grave qui n’a pas été diagnostiqué, comme l’état de stress post-traumatique.

Il arrive à tout le monde d’avoir de fortes envies et d’être dans un état de besoin intense. Il faut apprendre à y faire face pour éviter une rechute.

Facteurs de risque
Certaines personnes peuvent se trouver dans une situation ou éprouver des sentiments qui accroissent leur risque de rechute. Une personne dont la vie est stressante et exigeante peut considérer que l’utilisation d’une substance est le seul moyen d’éprouver du plaisir ou d’échapper au stress. Les facteurs suivants peuvent accroître le risque de rechute :

  • un état émotif négatif comme la colère, l’anxiété, la dépression, la frustration ou l’ennui ;
  • les conflits qui suscitent des émotions négatives ;
  • la pression sociale qu’exercent des personnes qui utilisent une substance.

Les activités agréables comme les anniversaires de naissance ou de mariage ou les réunions peuvent accroître les risques de rechute si on sert de l’alcool lors de ces célébrations. Chez certaines personnes, les sentiments intenses, même s’il s’agit d’un sentiment de bonheur, suscitent un malaise. Cela peut les amener à utiliser une substance pour tenter d’atténuer l’intensité des émotions qu’elles ressentent. D’autres personnes utilisent une substance pour tenter d’intensifier les émotions positives.

Prévenir la reprise de l’utilisation d’une substance

Une personne qui est en mesure de composer avec les situations à risque élevé est moins susceptible de rechuter. En outre, une personne qui reconnaît que l’utilisation d’une substance peut avoir des conséquences négatives, même si elle peut susciter du plaisir pendant quelque temps, est moins susceptible de rechuter qu’une personne qui y voit uniquement du plaisir.

Lorsqu’une personne fait une rechute, sa réaction à cet « écart » peut déterminer en partie si elle recommencera à utiliser une substance en grande quantité. Les personnes qui estiment qu’elles n’ont aucun contrôle sur leur utilisation d’une substance sont plus susceptibles de recommencer à en utiliser. Celles qui considèrent la rechute comme un événement unique au cours duquel elles n’ont pas réagi efficacement et comme une occasion de trouver des moyens plus efficaces de faire face à des situations semblables sont moins susceptibles de recommencer à utiliser une substance. 

Stratégies de prévention de la rechute pour les problèmes liés à l’utilisation d’une substance

Les stratégies suivantes peuvent aider votre parent à éviter une rechute :

  • Apprendre à reconnaître le retour ou l’aggravation des symptômes du problème de santé mentale (comme un comportement maniaque, l’aggravation d’une dépression, l’autodestruction) qui, dans le passé, ont souvent été associés à la reprise de l’utilisation d’une substance.
  • Repérer les situations avec lesquelles la personne peut avoir de la difficulté à composer (p. ex., pour un grand nombre de personnes, il est risqué de se trouver aux endroits où elles ont utilisé une substance dans le passé, comme un bar, et en présence des personnes avec lesquelles elles prenaient de l’alcool ou d’autres drogues).
  • Élaborer des stratégies permettant de faire face à ces situations à risque élevé. Par exemple, une personne pourra refuser de boire lors d’une activité sociale si elle se rend à un endroit où on offre des boissons sans alcool intéressantes ou sort avec des amis qui appuient sa décision de ne pas boire et qui ne boivent pas de façon excessive.
  • Retirer tout ce qui pourrait amener à utiliser une substance (p. ex., une personne qui a un problème lié à l’alcool peut retirer de la maison, au moins pendant un certain temps, toutes les bouteilles d’alcool, ses verres préférés, les tire-bouchons et les ouvre-bouteilles).
  • Mettre en pratique des techniques permettant de faire face à des situations stressantes (p. ex., la méditation, la maîtrise de la colère, la pensée positive, se retirer de la situation).
  • Se livrer à des activités qui donnent davantage l’impression que sa vie est équilibrée, comme la relaxation, la gestion du stress, la gestion du temps, s’occuper d’un animal de compagnie, l’exercice physique et le yoga.
  • Élaborer un « plan en cas de rechute » qui indique les mesures à prendre pour composer avec les situations à risque élevé ou les éviter.

Soyez prêt à faire face à la rechute. Essayez de comprendre ce qui a déclenché la rechute. Considérez la rechute comme une occasion de se préparer à faire face à des situations semblables à l’avenir et non comme une erreur.

À mesure qu’on découvre et qu’on utilise de nouveaux moyens d’éviter la rechute et de composer avec le stress, on apprend à maîtriser la situation, ce qui diminue le risque de rechute.

 

Page suivante >>>

Guide à l’intention des familles sur les troubles

Liens apparentés