Obtenir de l’aide

2.6ii : Types de substances : Opiacés

Guide à l’intention des familles sur les troubles concomitants – Partie I : Que sont les troubles concomitants ?

Dans : Guide à l’intention des familles sur les troubles concomitants (© 2008)

Aperçu : Problèmes liés à l’utilisation d’une substance

Les opiacés comprennent l’héroïne, la codéine et la morphine. Ils peuvent être prescrits par un médecin aux personnes qui souffrent de douleurs intenses. Lorsque leur adminis­tration est supervisée par un médecin, ces puissants analgésiques sont sans danger à court terme.

Les opiacés soulagent la douleur. Toutefois, pris en quantité excessive, ils peuvent causer une intoxication, ce qui les rend très addictifs. L’utilisation d’opiacés est problématique lorsque la personne qui en prend n’a pas de raison médicale de le faire ou en prend davantage que la dose nécessaire pour maîtriser la douleur. Les personnes dépendantes des opiacés peuvent tolérer une grande quantité de ces drogues (elles doivent en prendre de plus en plus pour éprouver la même sensation) et seront en manque si elles cessent brusquement d’en prendre.

Dans bien des cas, les opiacés sont achetés de façon illégale. Certaines personnes font semblant d’avoir un trouble de santé ou exagère la gravité de ce trouble afin que leur médecin leur donne une ordonnance dont elles n’ont pas besoin, ou elles obtiennent plusieurs ordonnances auprès de médecins différents. Dans d’autres cas, ces drogues aboutissent dans les mains de trafiquants de drogues.

Héroïne

L’héroïne est une drogue dangereuse et illégale qui peut être très addictive.

Quels sont les effets de l’héroïne ?

Comme c’est le cas pour toute drogue, les effets de l’héroïne dépendent d’un grand nombre de facteurs, dont les suivants :

  • votre âge ;
  • la quantité que vous prenez ;
  • à quelle fréquence vous en prenez ;
  • depuis combien de temps vous en prenez ;
  • la façon dont vous en prenez ;
  • si vous prenez de l’alcool ou d’autres drogues (drogues illégales, médicaments sur ordonnance ou en vente libre, plantes médicinales) ;
  • si vous avez des antécédents de trouble médical ou psychiatrique.

Lorsqu’elle est injectée dans une veine, l’héroïne produit une montée d’euphorie ou un « rush » dans les sept ou huit secondes suivantes. Cet effet peut durer entre 45 secondes et quelques minutes. Lorsque la drogue est reniflée ou fumée, son effet initial n’est pas aussi intense. L’euphorie est suivie d’une période de sédation et de calme qui peut durer jusqu’à une heure. Lorsque l’héroïne est injectée sous la peau ou dans un muscle, l’effet se fait sentir plus lentement, dans un délai de cinq à huit minutes.

Les personnes qui prennent de l’héroïne pour la première fois ont souvent des nausées ou se mettent à vomir. Les effets souhaités comprennent la disparition de la douleur physique et émotionnelle et un sentiment de bien-être. Les autres effets comprennent un ralentissement de la respiration, un rétrécissement des pupilles, des démangeaisons et des sueurs. Les personnes qui prennent de l’héroïne régulièrement deviennent cons­tipées et perdent leurs désirs sexuels et leur libido. Chez les femmes, le cycle menstruel devient irrégulier ou s’interrompt.

L’héroïne modifie l’humeur et le comportement. Les personnes qui en sont dépendantes peuvent être dociles et accommodantes après en avoir pris, puis irritables et agressives pendant le sevrage.

Combien de temps les effets durent-ils ?

Peu importe la façon dont la drogue est consommée, les effets de l’héroïne durent généralement de trois à cinq heures, selon la dose.

Les personnes qui ont une dépendance à l’héroïne doivent en prendre toutes les six à 12 heures pour éviter les symptômes de sevrage. Les symptômes initiaux sont intenses et comprennent le nez qui coule, des éternuements, la diarrhée, des vomissements, de l’agitation, un désir constant de prendre la drogue, la chaire de poule et des mouvements involontaires des jambes. Ils sont les plus intenses quelques jours après le début du sevrage et, en général, disparaissent en cinq à dix jours. D’autres symptômes comme l’insomnie, l’anxiété et l’état de besoin intense peuvent persister un certain temps. Le sevrage ne met pas la vie en danger, mais peut être extrêmement désagréable.

L’héroïne est-elle dangereuse ?

Oui. La surdose est le danger le plus immédiat. L’héroïne atténue le fonctionnement de la partie du cerveau qui contrôle la respiration. Lors d’une surdose, la respiration ralentit et peut même s’arrêter. Lorsqu’une personne fait une surdose, elle perd connaissance et ne peut être réveillée, sa peau devient froide et bleuit. Une surdose d’héroïne peut être traitée à la salle d’urgence d’un hôpital à l’aide de médicaments tels que la nalo­xone, qui bloque les effets dépresseurs de la drogue.

Les facteurs suivants accroissent les risques de surdose :

  • la concentration inconnue de la drogue, qui fait qu’il est difficile de déterminer la dose exacte et de se protéger contre une surdose (l’ironie de la chose, c’est qu’un grand nombre de surdoses sont attribuables à une meilleure qualité de la drogue vendue dans la rue) ;
  • l’injection, parce que la drogue atteint plus rapidement le cerveau et que la dose est administrée d’un coup ;
  • le fait de mélanger l’héroïne avec d’autres drogues ayant un effet sédatif comme l’alcool, les benzodiazépines et la méthadone.

Parmi les autres dangers associés à l’héroïne, citons les suivants :

  • Les conséquences de l’injection : Un usager qui s’injecte de la drogue court un risque élevé non seulement de surdose, mais aussi d’infection bactérienne, de septicémie, d’abcès, d’endocardite (une infection de la paroi du cœur) et d’affaissement des veines. De plus, le partage des seringues accroît considérablement le risque de contracter ou de propager le VIH et l’hépatite B ou C.
  • La composition inconnue de la drogue : L’héroïne est souvent mélangée avec des additifs qui peuvent être toxiques, comme la strychnine, ou qui ne se dissolvent pas et qui risquent d’obstruer les vaisseaux sanguins, comme la craie.
  • Le mélange de l’héroïne avec d’autres drogues : Le fait de prendre de l’héroïne en même temps qu’une autre drogue comme la cocaïne (speedballs) crée des interactions imprévisibles et parfois mortelles dans l’organisme.
  • Dépendance : Le besoin constant de se procurer de l’héroïne et l’usage répété de cette drogue peuvent mener à des actes criminels, à d’autres comportements à risque élevé, à la perturbation de la vie familiale, à la perte d’emploi et à des troubles de santé.
  • Grossesse : Les femmes qui prennent de l’héroïne régulièrement sautent souvent leurs règles. Certaines pensent à tort qu’elles sont stériles et deviennent enceintes. L’usage répété de l’héroïne pendant la grossesse est très risqué pour le bébé.

L’héroïne est-elle addictive ?

Oui. L’usage régulier de l’héroïne, que la drogue soit injectée, inhalée ou fumée, peut entraîner une dépendance physique et psychologique dans un délai de deux à trois semaines.

Les personnes qui font l’essai de l’héroïne n’en deviennent pas toutes dépendantes. Certaines n’en prennent qu’à l’occasion, par exemple la fin de semaine, sans accroître la dose. Toutefois, si on en consomme régulièrement, on s’accoutume aux effets de la drogue et il faut en prendre de plus en plus pour ressentir les effets souhaités. L’usage constant de l’héroïne en quantité de plus en plus grande crée inévitablement une dépendance.

Lorsqu’il y a dépendance, il est extrêmement difficile de mettre fin à l’utilisation. Un grand nombre de personnes qui consomment de l’héroïne depuis longtemps disent que la drogue ne leur procure plus de plaisir. Elles continuent d’en prendre pour éviter les symptômes de sevrage et pour maîtriser les fortes envies qu’elles éprouvent, qui sont souvent décrites comme un état de « besoin ». Cet état peut durer longtemps après que la consommation a pris fin, de sorte qu’il est difficile d’éviter la rechute (recommencer à prendre de la drogue).

Page suivante >>>

Guide à l’intention des familles sur les troubles

Liens apparentés